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MessagePosté: 03 Juin 2026, 12:34 
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c’est l’histoire de l’arrière grand-père du réalisateur, collaborateur sans grande envergure dans l’administration de vichy. nécessairement une histoire familiale forte, tellement chargée, avec la honte qui s’estompe de génération en génération pour devenir quelque chose d’autre. ca se nourrit, en plus, d’un trésor : la correspondance de son arrière-grand-mère, écrite à son mari quand ils étaient séparés, lui à vichy et elle à paris. donc, évidemment tu as ça et tu es cinéaste tu en fais un film. évidemment. sujet en or.
 
et puis il y a le parti-pris fondamental. l’idée est donc de donner vie à ces lettres, combler les trous, imaginer l’homme à qui elles sont adressées. donc s’affranchit des codes de la reconstitution académique, visuellement et dans la mise en scène. il veut donner vie aux choses. c’est intéressant artistiquement, c’est un mouvement porteur (je suis bien persuadé que les formes actuelles sont les mêmes depuis 20 ans et qu’il va falloir pousser un peu pour inventer les suivantes, quitte à se planter), et c’est aussi fûté parce que ça pirate les contraintes budgétaires. c’est aussi casse-gueule, parce que les anachronismes c’est très compliqué, c’est un fil très fin et très fragile. mais beau pari.
 
et du coup…
 
du coup, les lettres sont belles, riches, profondes, émouvantes. elles sont aussi totalement plantées là, un peu randomly, dans le film. le dispositif pour les illustrer est toujours un peu le même, et traduit une forme d’embarras, à ne pas vraiment savoir qu’en faire. le contraste entre la finesse et la profondeur de leur écriture, et le patapouffisme de l’écriture de tout le reste est dévastateur. puis le pari n’est absolument pas tenu. le personnage que l’on voit à l’écran n’a pas particulièrement l’air d’être celui décrit. il y a des notions très intéressantes dramatiquement (comme ses échecs entrepreneuriaux, je suis fan de l’idée de faire des biopics sur des gens qui ont vaguement foiré) totalement absente à l’écran. a un moment donné, publier les lettres telles quelles auraient sûrement suffi. on se serait dit « il faudrait faire un film pour combler les trous ! » mais les trous ne sont point du tout comblés.
 
je n’avais pas vu rien à foutre et je ne savais strictement rien du monsieur, de sa manière de travailler, rien. j’avais capté et que ça parlait d’un mec à vichy, c’est absolument tout. j’ai pris mes places en voyant la une de libération « notre chef d’œuvre », je ne suis pas emmerdant.
 
je me suis dit pendant le film que je ne voyais absolument jamais des êtres humains prendre vie, je voyais des intermittents en train de faire des trucs. de swann arlaud aux figurants, je ne voyais que ça, des gens de 2026 mettre leur petit costume, faire ce qu’on leur a demandé, et voilà. y a même des fois, avec swann arlaud, où j’ai l’impression que c’est lui qu’on regarde ? ses réactions ? je ne voyais pas le personnage ? il y a des petits sourires où je me dis ‘mais jamais le personnage ne sourit dans cette situation… » ?
je me disais que y avait énormément de scènes extrêmement flottantes, que l’alchimie de scène ne prenait jamais vraiment. bêtement, qu’il n’y avait pas de vie, je ne crois pas une seconde qu’on a capté quelque chose, je ne vois que des choses mises en scène. embêtant, dans l’absolu et particulièrement vue l’ambition initiale du film.
il y avait la durée délirante du film. 2h30. impossible de ne pas penser que 3-4-5 semaines de montage en plus n’aurait pas été du luxe, mais ça allait à cannes – c’est autant une deadline qu’une validation du travail en cours. ça ne fait qu’illustrer l’énorme problème de scénario de ce ventre mou de l’espace, puisqu’entre 35 minutes et 1h45 il ne se passe quasiment rien, rien de particulier à dire ou à raconter, des choses bien comprises répétées 3 fois. et puis, l’impression d’un réalisateur infatué avec ses propres images, ses propres séquences, l’impression que *tout* est là, qu’aucun sacrifice n’a été fait, un mec so in love avec tout ce qu’il a tourné.
 
puis ce truc bizarre de scène avec des choix très forts et ostentatoires de lumières (et parfaitement hideux par ailleurs, mais bref) et d’autres éclairées très platement. a l’intérieur des scènes, des plans spéciaux un peu forts puis on enchaîne avec un champ contre-champ mega basique. l’impression qu’on a dit aux acteurs « ne parle pas en mode 1940, donne vie à ton personnage » et que certains ont essayé de trouver un juste milieu (la femme, par exemple) et d’autres parlent comme des intermittents prenant un verre en terrasse dans le 11ème arrondissement (la profusion des « on » à la place des « nous », volontaire ou non, j’avais envie de tout casser putain). et l’impression d’un montage perpétuellement en lutte avec ce qu’il avait comme matériau ou pas, finissant par prendre son parti des limites du tournage (le plan qui se recadre en milieu de dialogue), mais qui illustre un truc fondamental que j’ai compris après. le prix du scénario est proprement aberrant, et il a dit que c’était marrant vu qu’ils n’avaient pas trop de scénario ? du coup c’était largement improvisé autour de situations ? ce qui explique toutes ces impressions ? ce qui veut dire qu’il y avait une démarche artistique de recherche en direct de la vie – dans une filiation qui va de lellouche à kechiche en passant par malick et là c’était dans un film historique ? mais qu’il ne maitrise pas du tout l’exercice très compliqué que ça peut être et ça donnait des trucs half-assed en permanence ?
 
bon, et puis les anachronismes, donc. de la musique contemporaine (montage catastrophique sur des images noir et blanc, prototype de la scène c’était gentil d’essayer mais c’est manifestement raté et n’ajoute rien, c’est dommage j’aimais bien mais on va couper lors de la danse en soirée mondaine), bon. je trouve tout ça inabouti et raté, mais admettons.
mais il y a les anachronismes de fond, je dirais, ceux qui font que le mec est spécialiste en « management » (un truc qui disparait complètement du film, encore), qu’un mec à tête de macroniste décrit une réforme de l’assurance chômage de l’année dernière, que les réflexions sur l’école sont les mêmes que celles de gabriel attal, qu’ils font un petit débat sur les « travailleurs étrangers » et i see what you are doing there, que toutes les manifestations du patriotisme sont filmés comme une monstruosité (les mecs qui chantent la marseillaise, filmés comme dans un film d’horreur). et donc, la collaboration est un sujet douloureux et difficile, en france. on en a très peu parlé. pas de films dessus pendant fort longtemps. quand louis malle fait lacombe lucien, il se fait trash parce qu’il montre la banalité de la chose, issue de français ordinaires. il y a toujours le petit concept de « ce n’était pas la france, ce n’était pas la republique » pour s’en détacher. c’est toujours peu traité. et là, deux la même année, c’est cocasse. ça arrive en même temps de l’éloignement temporel. ce ne sont plus les pères ni les grands-pères qui sont concernés, ce sont les arrières grands-pères des cinéastes, qu’ils n’ont jamais connu. ça va. et puis, coïncidence ou non, ça va avec la grande banalisation des mots issus de la période dans le débat public : « fascisme », « génocide », ces mots bombes qu’on utilisait avec le plus grand soin, la plus grande retenue, et désormais jetés à la gueule tous les jours en jouissant de leur pouvoir sans aucun respect pour la responsabilité qui vient avec. et donc, là, la teneur « politique » de ce film qui consiste à dire que toutes les catégories de la droite, des macronistes au rn, et tous leurs fondements idéologiques sont, au fond, les héritiers de vichy. c’est débile, insultant, irresponsable (de fait si 70% des français sont des vichystes qui s’ignorent, vichy ça n’était pas si pire ?!), faux, anachronique, juvénile.
 
vraiment, c’est désormais loin, tout le monde est mort, mais si on peut continuer de regarder cette période avec un minimum de respect pour sa gravité et sa complexité, c’est cool, vraiment et pas juste pour se faire plaisir dans des petits combats de boue de lamentables polémiques lfi vs le reste du monde 2k26.
j'ai eu l'impression d'une légèreté, dans le traitement et la compréhension des faits, confinant au manque de respect dans le traitement de cette période complexe et douloureuse.
 
bref, j’ai trouvé ça quasi intégralement raté, à l’exception des très belles lettres y compris la splendide dernière, mais je vois aussi très bien qui va adorer, et pourquoi.


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 12:36 
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Robot in Disguise
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Pas lu l'avis car je veux pas me spoiler, mais je suis trèeees curieux de comprendre pourquoi ce portrait de collabo ne semble pas faire polémique alors que le Giannoli oui.

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MessagePosté: 03 Juin 2026, 13:21 
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Tout simplement parce que c'est juste réaliste. La collaboration vue comme non pas un acte idéologique (le mec n'est pas antisémite, n'a aucune parole qui s'apparenterait à un quelconque fascisme, il admire fortement Pétain et au début du vichysme c'est pas encore trop problématique) mais comme une possibilité d'ascenseur social surprise et inédie que l'on ne veut surtout pas rater quitte à tordre quelques convictions puis à carrément les enterrer.

Au contraire de Finger j'ai trouvé ça absolument brillant. Le genre de film qui dure trois heures mais qui pourrait en durer deux de plus tant je me glisse dans ces dialogues ultra naturels (en partie improvisés à partir d'un canevas) avec un immense plaisir et tant le film est passionnant dans sa description de ce qu'étaient véritablement les institutions du vichysme (un gouvernement complet et complexe monté à la va vite par de nombreux incompétents) dans son aspect le plus administratif (en cela le film m'a rappelé Les bienveillantes de Littel) et concret (vous le saviez vous que le vichysme avait crée un ministère contre le chômage ?). Bref j'adore tout, de ces choix musicaux osés, à ses scènes de nuit avec la lumière dans la gueule (où Marre met littéralement la lumière sur le personnage et ce qu'il incarne). Swan Arlaud est extraordinaire, pas détestable du tout au contraire, juste un peu pathétique. J'adore la dernière scène à la fois frustrante et glaçante par le carton qui suit. Difficile de pas le comparer à La zone d'intérêt qui n'en est pas si éloignée (le quotidien des bourreaux avec la souffrance hors champ, il y a d'ailleurs une scène de balade au bord d'une rivière qui est quasiment identique) mais c'est aussi totalement son propre animal, sa propre approche, inspiré je pense par le discours de Chapoutot sur le management. Bref un grand film, numéro 1 2026 et va être dur à déloger.

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MessagePosté: 03 Juin 2026, 13:33 
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Qui-Gon Jinn a écrit:
Pas lu l'avis car je veux pas me spoiler, mais je suis trèeees curieux de comprendre pourquoi ce portrait de collabo ne semble pas faire polémique alors que le Giannoli oui.


Parce qu'Emmanuel Marre est un meilleur cinéaste ?


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 13:39 
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Sir Flashball
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Fingers qui candidate chez Pascal Praud. :lol:

Très (très) envie de le voir, celui-ci.

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MessagePosté: 03 Juin 2026, 13:51 
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Qui-Gon Jinn a écrit:
Pas lu l'avis car je veux pas me spoiler, mais je suis trèeees curieux de comprendre pourquoi ce portrait de collabo ne semble pas faire polémique alors que le Giannoli oui.

Et moi je suis trèèèèès curieux de savoir si tu tiendras compte des arguments.

Castorp a écrit:
Fingers qui candidate chez Pascal Praud. :lol:

Beaux points Godwin "fascisme" et "génocide" effectivement


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 15:18 
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Antichrist
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C'est intéressant cette lecture politique, à laquelle je ne souscris que partiellement. Si le film de Gianolli a fait polémique, c'est qu'il s'intéressait à la figure d'un patron de presse de gauche qui sombre dans la Collaboration, alors que c'est assez minoritaire (le plus fort contingent des collabos était des militants d'extrême-droite). Mais des médias de droite et de gauche ont soutenu le film.

Pour Notre salut, on aurait l'impression, à lire Finger, que le film est en quelque sorte une réponse. Bien sûr la première partie, avec ses dialogues anachroniques évoque le macronisme (on va dire le verbiage managérial), mais ce n'est pas le coeur du film - le héros prend la posture de super collabo à la fois par opportuniste et pour être à la hauteur de l'amour de sa femme, enfin c'est ce qu'il espère. C'est un film sur la frustration sociale et ce qu'elle conduit à faire dans les périodes sombres. Art Core signe la Zone d'intérêt, j'ai pensé perso à Duch, le bourreau des khmers rouges.

sinon je vais faire en sorte que Paris Match soit partenaire donc bon... le côté ça ne plaira qu'à l'électorat LFI, c'est un fourvoiement.


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 16:09 
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Art Core a écrit:
, il admire fortement Pétain et au début du vichysme c'est pas encore trop problématique)


Oui mais non, Pétain était identifié politiquement avant mai 40 (contre le Front Populaire, ambassadeur en Espagne après la victoire de Franco, certes pour prévenir une alliance de l'Espagne avec Hitler, beau paradoxe. Il entre surtout au gouvernement après le putsch raté des ligues d'extrême-droite en 34, en Ministre de la Guerre immobiliste face à l'Allemagne et à l'Italie - c'est au contraire le Front Populaire qui a essayé de réarmer la France, notamment en nationalisant et regroupant les avionneurs et les constructeurs de blindés comme Schneider et le Creusot, avec d'ailleurs un soutien du PCF jusqu'au pacte Ribbentrop-Molotov*). Au contraire le fait que l'admiration préexiste à la défaite accentue le poids idéologique.

* on voit un peu le même clivage actuellement où les militaires les plus à gauche comme Michel Goya ou le Général Richoux se prononcent le plus pour la production d'arme et le soutien à l'Ukraine, ou même au Danemark face à Trump, quand les plus conservateurs sont pacifistes (et paradoxalement proches non seulement du RN mais aussi de LFI sur les alliances internationales. Et paradoxalement plus la situation internationale est grave et plus la position de la France est précaire, moins l'extrême-droite est souverainiste, alors comme maintenant).

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Imre Kertész


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 16:34 
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Oui merci pour les précisions en effet.

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MessagePosté: 03 Juin 2026, 16:38 
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Non ce que tu dis ce n'est pas faux, ce sont des ambiguïtés et des zones grises collectives et individuelles, mais que la fiction je crois exploite comme un thème et un motif quand elle pourrait les réduire.
Après c'est intéressant de lire même par parties les Mémoires de de Gaulle sur la période, ou les Communistes d'Aragon, les nouvelles de Drieu (mais avec des pincettes car ils défendent aussi leur position et donnent dans la prédiction du passé, même involontairement), Marc Bloch bien-sûr, Léon Werth même s'il écrit peu sur l'avant guerre. Paradoxalement ils sont malgré tout plus analytiques, accessibles, et moins dans la projection idéologique comparé à que ce qui est écrit après la guerre ou même avec le recul actuel (Aragon est très bon pour décrire la psychologie de ce à quoi il s'oppose).

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MessagePosté: 03 Juin 2026, 18:45 
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En fait les gens découvrent que le gouvernement gouvernait durant l'occupation.


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 19:32 
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Art Core a écrit:
(vous le saviez vous que le vichysme avait crée un ministère contre le chômage ?).

Non je ne savais pas, mais ça n'a rien d'un fun fact et ça ne m'étonne en rien vu que c'est un objectif d'à peu près tous les gouvernements (certes celui-ci serait bientôt préoccupé par le STO).
Pour être plus précis, Vichy a créé un Commissariat à la lutte contre le chômage, organisme dépendant du ministère du Travail.
Autres fun facts, tirés d'un livre de Cécile Desprairies sur l'héritage vichyste : la retraite par répartition, l'extension des allocations familiales, les comités d'entreprise, le salaire minimum, la médecine du travail, le carnet de santé de l'enfant et le carnet de vaccination, l'ancêtre de l'INSERM, l'Ordre des médecins, la police nationale, tout ça fut mis en place par Vichy.
Je note que les arrière-petits-fils de collabo recyclent leur histoire familiale, c'est merveilleux. Vous me direz, c'est souvent plus complexe que ça, et vous auriez raison comme dans la famille de Luchaire dont le père n'était précisément pas au collabo (mais le film n'a pas été fait par le petit-fils Luchaire), et que la remarque est stupide, mais il y a quelque chose qui me gêne un peu.


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MessagePosté: 03 Juin 2026, 19:48 
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Il y avait un Ministère du Travail dès 1906 (période de grêves, dans le Nord, mais aussi dans la viticulture dans le Midi), l'intitulé sert à la fois à court-circuiter la notion de travail, associée à la gauche, particulariser le sort du chômeur (on centre le problème sur l'individu qui en pâtit plutôt que la faiblesse de la structure sociale et économique) tout en étant très en ligne avec le principe du STO, qu'il contribue à justifier

En revanche une certaine technocratie et planification publique était présente à Vichy (dans son bouquin sur MATRA, Bruno Latour dit bien que Gérard Bardet, ingénieur sur le rôle social des transports en commun et leur impact sur l'économie et les territotres, assez visionnaire, était le cadre d'une commission de réflexion vichyste sur le travail et les professions : https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Bardet). L'Ecole d'Uriage est aussi une anticipation de l'ENA, avec un vocabulaire liant service de l'Etat et phraséologie quasiment néo-médiévale.
Et même : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_France_socialiste

Et que des conservateurs adeptes d'une vision de la société particuilèrement hiérarchisée où les classes sociales sont supposées être étanches soient sensibilisés à ces questions n'est pas neuf (surtout en période de crise), ou que gérer la pauvreté n'est pas gérer l'économie, Polanyi a écrit des trucs intéressant sur le système de Speenhamland dans l'Angleterre du XVIIIème : https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Speenhamland
Pas la peine de sortir que Pétain a tout inventé non plus

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Imre Kertész


Dernière édition par Vieux-Gontrand le 03 Juin 2026, 20:16, édité 2 fois.

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MessagePosté: 03 Juin 2026, 20:14 
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ET LES CONGES PAYES QUI A INVENTE LES CONGES PAYES PUTAIN DE BON DIEU ?


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