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MessagePosté: 04 Juin 2026, 09:05 
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Vieux-Gontrand a écrit:
quand les plus conservateurs sont pacifistes (et paradoxalement proches non seulement du RN mais aussi de LFI sur les alliances internationales.
Je sais pas si etre Poutiniste et Xi Jipingiste sont des positions pacifistes.

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MessagePosté: 04 Juin 2026, 09:12 
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Oui le vrai mot est passivité ou ménagement.

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MessagePosté: 04 Juin 2026, 09:21 
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Ca va meme plus loin quand tu connais les liens du RN avec Moscou ou l'admiration de Mélenchon pour la Russie et la Chine, j'appelerais ça du soutien idéologique. Surtout quand ils sortent à la virgule près les discours de Moscou et du PCC, avec tous les mensonges et arrangements avec l'histoire.

Avant la seconde guerre, je ne pense pas que les politiques français sortaient les discours d'Hitler pour justifier leurs positions pacifistes.

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MessagePosté: 04 Juin 2026, 17:06 
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Abyssin a écrit:
Vieux-Gontrand a écrit:
quand les plus conservateurs sont pacifistes (et paradoxalement proches non seulement du RN mais aussi de LFI sur les alliances internationales.
Je sais pas si etre Poutiniste et Xi Jipingiste sont des positions pacifistes.
Plus ou moins qu'atlantiste ? Ou pro-israélien ?

Quant au "xijipingisme", le jour où Pékin parlera de reprendre le Vietnam et la Mongolie extérieure, et de s'approprier les Philippines et la Nouvelle-Calédonie, tout en reprenant la guerre avec l'Inde, on pourra parler d'un impérialisme chinois. Aujourd'hui, la Chine s'arme surtout face à un état de siège des bases américaines qui donnent aux US un contrôle de l'océan Pacifique étrangement proportionné (et la présence française n'est pas plus logique d'ailleurs, si à la limite son incongruité permettait une neutralité temporisatrice mais même pas).
Il n'y avait pas que les US qui combattaient le Japon. Et, non, ce ne sont pas les Soviétiques qui s'y sont mis à la toute fin pour la forme.
Vieux-Gontrand a écrit:
Oui le vrai mot est passivité ou ménagement.
Et anti-impérialisme américano-occidental. Ce qui est finalement l'autre facette d'une certaine suzeraineté mais bon, quand on n'a pas les moyens de ses ambitions, on espère que d'autres vont faire le sale boulot à la place.
Abyssin a écrit:
Ca va meme plus loin quand tu connais les liens du RN avec Moscou ou l'admiration de Mélenchon pour la Russie et la Chine, j'appelerais ça du soutien idéologique. Surtout quand ils sortent à la virgule près les discours de Moscou et du PCC, avec tous les mensonges et arrangements avec l'histoire.
Le RN, je ne suis même pas sûr que les liens avec la Russie dépassent de beaucoup l'ordre financier, Russie ayant un vrai intérêt à perturber le système électoral français.
Depuis qu'il ne peut même plus passer par une banque hongroise, ou par les Emirats Arabes Unis, le président du parti fait des voyages à Tel-Aviv.
La ligne idéologique du RN, depuis le FN, en dehors de "stop à l'immigration", il passe du poujadisme au reganisme à du national-socialisme souverainiste à on sait pas trop quoi, selon que ce soit Le Pen ou Bardella soutenu par Stérin, en tout cas, la petite entreprise doit surtout engranger de l'argent.
Et puis je ne suis pas sûr que nombres de cadres RN rêvent de vivre dans un modèle russe où les droits homosexuels semblent relatifs (mais bon, en vrai, aucune idée de la société idéale des cadres RN ouvertement homosexuels et de la répression en Russie -notamment à Moscou et Saint-Pétersbourg). Et même sans ça, ya une essence chauvine du RN pour qui le Russe ne doit être qu'un brute buveur de vodka, je doute que ça réfléchisse à un quelconque modèle russe applicable en France.

Mélenchon, ya par contre l'air d'y avoir une vraie fascination pour le totalitarisme, et puis vu que n'importe quel modèle se revendiquant du communisme encore en place semble avoir grâce à ses yeux, ceci explique peut-être cela.
Même si bon, je ne serais pas étonné que ce soit surtout pour se faire remarquer.
Et, à la limite, même si largement exagéré en France, le crédit social à la chinoise fait certainement baver le monde entier.

Reste en tout cas, dans un cas comme dans l'autre, que nous ne sommes certainement pas en position d'insulter l'avenir.
Quand on voit un Glucksmann qui pourrait être élu sur un malentendu, j'ai pas vraiment hâte de connaître les stratégies russes et chinoises en réponse à l'hubris d'un fils à papa.


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MessagePosté: 04 Juin 2026, 17:17 
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MessagePosté: 04 Juin 2026, 17:28 
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Bêtcépouhr Lahvi a écrit:

Quant au "xijipingisme", le jour où Pékin parlera de reprendre le Vietnam et la Mongolie extérieure, et de s'approprier les Philippines et la Nouvelle-Calédonie, tout en reprenant la guerre avec l'Inde, on pourra parler d'un impérialisme chinois. Aujourd'hui, la Chine s'arme surtout face à un état de siège des bases américaines qui donnent aux US un contrôle de l'océan Pacifique étrangement proportionné
Je t'invite vraiment à t'informer sur toutes les bisbilles territoriales qu'à la Chine depuis 3 ans. Ils ont meme réussi à se mettre Brunei à dos. Par contre, je comprends pas ton délire sur "l'état de siège" meme la propagande du PCC n'en parle pas.

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MessagePosté: 30 Sep 2026, 09:06 
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Purée le film dure 2h39.

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Tu le raccourciras avec une petite sieste.


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MessagePosté: 01 Oct 2026, 13:58 
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Robot in Disguise
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Je suis fasciné par comment revivre le passé et je n'arrête pas de penser à ça. Souvent mon esprit vagabonde au Moyen-Âge, ou à l'époque du Christ, en me demandant comment ça ferait d'être physiquement là, de voir le passé de mes yeux dans tout ce qu'il a de quotidien. C'est pour ça d'ailleurs que de tout le AI Slop qui tourne, mon préféré, et de loin, c'est les vieux tableaux convertis en photo prise au téléphone portable. Et tu vois Mozart ou Shakespeare comme si tu les avais pris en photo avec ton tél et ils te semblent alors tellement plus réels.

Bref, vous comprendrez ce qui m'a donc plus dans ce film c'est l'immersion. Dans le Giannoli (que je préfère quand même) ça passait par l'identification, l'empathie avec le personnage (animé d'intentions positives au début), on se mettait à sa place et on se demandait comment on pouvait continuer à adhérer avec lui tandis qu'il glissait de plus en plus dans la collaboration.

Ici le personnage du par ailleurs excellent Swann Arlaud n'est pas particulièrement aimable (d'ailleurs je trouve que ça manque d'un petit Save the Cat au début) mais on pénètre ce monde avec lui car on a l'impression de voir le réel comme rarement dans un film d'époque. Admirable captation brute, en pellicule (?), in your face, l'impression de voir moitié des homevideos branchouille de l'époque, moitié un Patrick Rotman tourné dans les coulisses de Vichy.

Ensuite les dialgoues qui favorisent l'immédiateté. Contrairement à THE ODYSSEY où le ton vaguement contemporain n'apportait rien de plus au film, ici le choix de l'anachronisme favorise la projection dans le passé. Ce cast d'inconnus, je n'oserai pas dire "parfaitement dirigés" mais laissés en roue libre, qui échangent avec spontanéité sur un registre managérial et concret, te donne l'impression de vivre et de bosser avec eux dans les rouages d'une bureaucratie tout ce qu'il y a de plus normal. La petite histoire, les nuts and bolts de la grande machine. Rafraîchissant et même fascinant. Et en effet on peut penser au Glazer par moments.

Le film a donc certaines des mêmes qualités que RIEN A FOUTRE: l'approche concrète du job, le flair pour le casting, la liberté laissée aux acteurs. Mais dans RIEN A FOUTRE j'avais été un peu déçu par la partie intime, sur la backstory d'Exarchopoulos, et j'avoue que dans celui-ci je m'investis beauuuucoup moins dans l'histoire d'amour. L'actrice belge qui joue l'épouse est superbe mais je ne comprends pas les ressorts de cette histoire d'amour, ça ne m'émeut pas et à certains moments je comprends pas ce que ça vient faire là. L'impression de voir deux films juxtaposés, je trouve que ça ne dialogue pas.

Et puis le tout traîne en longueur. Au bout d'une, deux, trois, quatre, cinq scènes de vie de bureau on a compris l'idée.

Concernant la position morale du film, je peux comprendre le malaise de FingersCrossed sur l'équivalence que le film semble faire entre la macronie et Pétain, et je trouve ça en effet un raccourci un peu facile. Mais disons que j'y trouve tellement mon compte dans l'identification et l'immédiateté que je choisis de voir le bon côté des choses.

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MessagePosté: 02 Oct 2026, 15:08 
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A l'heure où les studios français rivalisent de projets sur la Seconde Guerre Mondiale servant le roman national et que leur seul film sur la collaboration est l'artistiquement tiédasse et politiquement mou Les Rayons & les ombres, qu'il est stimulant de voir une œuvre repenser de façon pertinente son approche esthétique et narrative de l'époque et de la question, préférant le film aussi petit que son protagoniste à la fresque articulée autour d'un parcours balisé et lisse. Ici aussi, il est question au fond d'une sorte de rise & fall mais tout reste assez médiocre sans pour autant que le regard qu'Emmanuel Marre pose sur son aïeul soit dans la condamnation sans équivoque.

Dans le Giannoli, Luchaire est bien intentionné mais trop bon vivant et avide de pouvoir pour ne pas se laisser corrompre mais je ne m'identifie jamais à lui. Je ne me projette pas plus dans l'arrivisme opportuniste d'Henri Marre mais dès ces premières séquences dans une soirée où ça blablate comme aujourd'hui de sujets politiques en mode vaguement comptoir et qu'il essaie d'y trouver une place ou d'imposer son point de vue ou, par la suite, quand le personnage passe des entretiens professionnels durant lesquels il essaie de naviguer entre le vrai et le faux, entre ce qu'il veut et ce qu'on lui propose, entre l'assurance et la soumission, j'y décèle immédiatement du vécu et d'un coup, aidé par cette caméra portée (mais à l'image jamais vulgairement "naturaliste"), cette lumière parfois frontale de reportage (ou de photos de Terry Richardson, comme un coup de projecteur sur un moment), ce jeu naturel par des comédiens inconnus de dialogues royalement improvisés, j'y suis.

Et la démarche, dans un héritage de Peter Watkins avec parfois de la comédie à la The Office, n'a pas pour seule conséquence d'apporter une tangibilité à une période vieille de 80 ans ni uniquement de cingler la bureaucratie de la collaboration, elle illustre à quel point les problématiques n'ont pas changé. Le cinéaste n'est pas le premier à faire un rapprochement entre le focus sur le travail de la macronie et la France du Maréchal - je me souviens encore des vannes "Travail. Famille. Pâtes, riz." sur les réseaux face aux consignes du gouvernement durant le Covid - et le parallèle ici est remarquablement on point sans traiter quiconque de fasciste mais en montrant bien comme, in fine, c'est le capitalisme qui incarne une vaste entreprise de déshumanisation (la scène des dépenses hors budget pour la paille et les pots de chambre, bigre!).

A l'inverse, le film garde une dimension humaine avec la trajectoire de cet homme à la fois content loin des siens mais désireux de se prouver aux yeux de son épouse, de ne pas être un chômeur justement, de retrouver cette dignité, quitte à collaborer en s'estimant libre et patriote car hors de la zone occupée. C'est un portrait entier, jusque dans la dernière scène, superbe (Arlaud, top), qui entérine l'idée qu'on est ni dans le jugement ni dans le pardon mais dans l'étude de cas.

Maintenant, je mentirais si je disais que je n'avais pas trouvé le temps vraiment long durant la deuxième partie. A mi-film, j'ai commencé à regarder ma montre plusieurs fois, à trouver certaines scènes redondantes ou superflues ou tronquables.
Mais bon, c'est toujours mieux que les TROIS HEURES DIX-NEUF du Giannoli.

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MessagePosté: 03 Oct 2026, 22:40 
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Le film m'a apporté tout ce que j'espérais de lui et à ce titre je peux presque être déçu qu'il ne dépasse pas mes attentes: ce sera l'un de mes films de l'année mais j'osais croire au fond de moi à un des chefs d'oeuvre de la décennie.

Je n'exclus pas une revision salutaire (huhu) mais en l'état, je trouve le film déjà passionnant. Dans ce rapport immédiat (in media res) à l'Histoire, dans ce geste qui réactualise le passé pour notre présent, dans cette galerie de personnages qui à travers leur nuancier (de quasi nazi français à catho-social qui se convainc qu'il reste pour limiter la casse) expriment à merveille pourquoi un tel régime a pu advenir et fonctionner si vite, dans ce portrait fin et sensible mais sans concession non plus du personnage de Swann Arlaud, qui veut faire de ce changement de régime sa rédemption sociale et amoureuse (insaisissable personnage de sa femme).

On en a dit un mot (ou deux) Lohmann et moi. Le gus se fait rare en ces lieux donc profitez-en bande de veinards:

https://youtu.be/gvtZ-AmSt2E?si=0n3nIYsNirT_uzWS


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MessagePosté: 04 Oct 2026, 08:17 
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Certains aspects sont réussis (la densité des personnages secondaires, auquel conteibue le léger anachronisme du ton et des attitudes), d'autres moins.
C'est tout le postulat du film, mais en commençant in media res, en faisant de sa femme la gardienne qui assume seule le passé, et en ne donnant pas de futur au personnage de Marre, en ne le confrontant pas à l'épuration ou à l'exil, le film sépare de façon trop nette technocratie et idéologie vichyste (celle-ci est peu caractérisée, et même l'antisémtisme est extérieur et part du haut de la hiérarchie en allant exclusivement vers le bas).

Le film montre l'infrastructure coupée de ce qu'il y a au-dessus (ou en dessous) en même temps qu'une certaine forme d'innocence historique, quelque-chose de trop passif et trop ridicule pour être responsable, le personnage oscille entre la naïveté et la peur (la.fin avec la LVF et la milice).
Il y a une limite du point de vue historique dans le fait que tous les personnages soient "inspirés de", même à un haut niveau de hiérarchie, seul Pétain est incarné, et le nom de Bousquet est un deus ex machina, peut-être qu'en prenant le risque d'incarner un personnage réel le film aurait été moins moral ou psychologique et plus politique.
Là Vichy n'existe que comme paradoxe pivotant autour de lui : lorsqu'il monte dans la hiérarchie et l'exploite, Marre ne croit pas à l'idéologie, et lorsqu'il y croit et devient un acteur politique elle est déjà morte. C'est plutôt son extériorité sur l'histoire et sa défaite que le fait d'y adhérer qui lui sont reprochés.

Ce qui est intéressant c'est une forme de proximité thématique avec Rien à Foutre : le personnage sa sacrifie dans la forme de la réussite, et veut croire à une opposition entre le caractere aliénant de son travail, de son rôle de bon élément individuel dans un système, et de sa famille, où le gain matériel est simplement redistribué : par elle, le collectif devient le spectateur de la réussite d'un seul. Et Pétain fonctionne comme Ryanair : c'est le chef du chef, qui en révèle l' efficacité et le récompense en même temps qu'il en fait accepter le caractère local (et l'objet de la critique du système est avant tout l'échec de cette récompense, la promesse non tenue plutôt que le projet).

EDIT en lisant les Cahiers il apparait que Maux, le chef de Marre, modéré et peut-être crypto-gaulliste, a existé.

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Imre Kertész


Dernière édition par Vieux-Gontrand le 04 Oct 2026, 14:36, édité 3 fois.

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MessagePosté: 04 Oct 2026, 08:47 
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Film Freak a écrit:
c'est le capitalisme qui incarne une vaste entreprise de déshumanisation (la scène des dépenses hors budget pour la paille et les pots de chambre, bigre!).


Ce n'est pas mal vu, mais la scène a un autre sens je crois. C'est le subordonné (efficace mais jamais récompensé) qui montre une certaine valeur morale et est finalement lui-même purgé politiquement, de façon rétrospective. Il cesse d'être un rouage.

De manière plus complexe elle contribue à réduire la reponsabilité morale de Swann Arlaud, car il ne l'a pas informé ,sous-entend que la nature de la situation (sinon du régime) lui échappe, et celui-ci ne dispose que de traces, là où on lui demande d'assumer la radicalisation du régime. Il enquête au lieu de sévir. Et paradoxalement elle montre que la Shoah aurait été mise en oeuvre sur le terrain par les éléments de Vichy les moins radicaux, par simple zèle ou chèvrechoutisme, en provoquant un sursaut chez certains d'entre eux. Je ne suis pas sûr que cela soit entièrement réfléchi de la part du film, il s'agit avant tout de créer une opposition morale et politique entre Henri et ses subalternes, peut-être trop systématique (il serait ainsi placé à l'échelon en-dessous duquel il n'y aurait plus d'employés réellement collaborationistes ou fascistes par conviction).

Le personnage de la femme endosse seul le recul et la critique, mais la aussi avec un paradoxe : elle est apolitique, sa justesse psychologique et sa franchise privée suffisent. Elle n'y croit pas tout en ne voulant pas savoir non plus, et surtout en ne modifiant rien de ses intérêts (ce qui en fait le personnage le plus historiquement vraisemblable).

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