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Très faible sélection, peut-être en raison des Français et des premiers films d'auteur que je voulais rencontrer à Cannes, hum....
Etats-Unis (1) 3 - Last Words de Jonathan Nossiter Film très original de Nossiter qui imagine un monde post-apocalyptique façon Ravage où un illuminé pense que le cinéma va le sauver. La 1ere heure est vraiment bien mais ensuite le récit s'enlise surtout que le film manque de rythme. Mais j'aime beaucoup Nick Nolte.
France (8) 2 - Fumer fait tousser de Quentin Dupieux Ah Quentin Dupieux, le vrai talent gâché du cinéma français. Des idées, une certaine maîtrise (le court avec Gardin est vraiment bien) mais une flemmardise certaine aussi, le sentiment que rien n'est totalement abouti, que l'on part en prod avec une V1.
4 - Conannn de Bertrand Mandico Sacré morceau ce #Conann, entre hommage esthétique à Druillet, allégorie du capitalisme comme acmé de la voracité humaine et cinéma queer XXL à la Fassbinder (le nom d'un perso est un indice). Je n'aime pas tout (c'est un peu long quand même), mais ce que j'aime, je l'adore.
2 - Les cinq diables de Léa Mysius Sur le papier, #les5diables devait être séduisant, film de genre hybride avec des thématiques contemporaines. Mais sur l'écran, rien ne fonctionne. Le discours sur le racisme est plaqué à un récit fantastique ni crédible ni cohérant, la romance lesbienne ne fonctionne pas. Déçu.
3 - Les Amours d’Anaïs de Charline Bourgeois-Taquet Film dont le charme doit beaucoup à celui de sa jeune héroïne - c'est le projet dirait l'autre - #lesamoursdanais perd de sa fraicheur et de son originalité quand survient la romance lesbienne. Parfois les plus belles passions sont celles qui ne sont pas consommées, dommage.
3 - Le Fil de Daniel Auteuil Pour #lesrayonsetlesombres , certaines plumes acérées ont parlé, à tort, de qualité française. La vraie celle dénoncée par Truffaut and Co, c'est #LeFil, film de procès centré sur les performances d'acteur où rien ne dépasse et reste dans des clous moraux.
4 - Marcello Mio de Christophe Honoré #Marcellomio a le charme des grands séducteurs italiens, une fluidité dans le montage et l'écriture, qui m'a immédiatement séduit. Bien sûr, l'exercice cinéphile est un peu vain, c'est objectivement trop long mais Chiara Mastroianni y est divine et sa douce mélancolie m'a saisi.
3 - La venue de l’avenir de Cédric Klapisch #Lavenuedelavenir est le film le plus ambitieux de Klapisch à ce jour. Imparfait bien sûr, mais avec une vraie maitrise narrative qui fait que ça coule tout seul. J'ai préféré le passé au présent, surpris en bien par Suzanne Lindon. Après il y a des scènes interdites (ayahuasca).
4 - Indomptables de Thomas Njigol Solide polar de Thomas Ngijol, qui, au-delà de son intrigue assez balisée - décrit le quotidien au Cameroun, détaillant les différentes classes sociales et montrant la difficulté de mettre en accord ses convictions et la vie comme elle vient
Europe (7) 3 - Fata Morgana de Werner Herzog (Allemagne) Documentaire envoûtant de Werner Herzog, à la production plus passionnante que le résultat final. J'aime beaucoup le premier segment, le plus aride et expérimental mais la suite est trop erratique pour me convaincre totalement (c'est pourtant ma came ce genre de film). Mais des images vont me rester, et puis Leonard Cohen...
5 - Tout sur ma mère de Pedro Almodovar (Espagne) Tout l'art d'Almodovar en 1 film, aussi bien sur la forme - maitrise des ellipses et des ruptures de ton - que sur le propos - Douglas Sirk au pays des travelos. La première demi-heure est sublime, la fin renversante. J'aime moins la partie théâtre mais c'est top.
4 - La Lettre de Manoel De Oliveira (Portugal) Le charme a tardé à agir. Pendant une heure, je trouvais le temps long, le jeu des acteurs si volontairement atone que l'engourdissement du cerveau guettait... Et puis, progressivement, peut-être après la déclaration d'amour, la beauté du film m'a saisi jusqu'à ce sublime double-final. Il faut s'accrocher mais c'est fort.
4 - The Stringer de Paweł Pawlikowski (Pologne) Première fiction de Pawlikowski, #TheStringer suit un jeune garçon qui filme le chaos, le provoque parfois, tombe amoureux d'une belle assistante et devient l'ami d'un politique local semi-mafieux. Le film tient sur le charme de Sergei Bodrov Jr et capte la Russie de l'époque, avec un côté Mage du Kremlin (Assayas a dû le voir).
3 - Occident de Cristian Mungiu (Roumanie) Premier film de Cristian Mungiu avec Oleg Mutu à la photo, #Occident est une tragi-comédie surprenante, qui lorgne du côté du cinéma italien de pieds nickelés. Le rythme faiblit après une première partie enlevée mais le héros est attachant.
4 - Héritage d’Anja Breien (Norvège) Il y a quelque chose de pourri au royaume de Norvège. Petit jeu de massacre sous la forme d'un drame bourgeois, #lheritage rappelle par sa cruauté Michael Haneke avec la pourriture qui remonte à la surface. Tous les hommes sont lâches surtout quand il y a de l'argent en jeu, nous dit Anja Breien dont je ne connais pas l'oeuvre.
3 - Detective de Jean-Luc Godard (Suisse) Faux polar de Godard avec Nathalie Baye et Johnny Hallyday (sublime séquence au briquet), une histoire de dettes, les seins d'Emmanuelle Seigner, de la boxe, des aphorismes, des fulgurances, du charme et, il faut bien l'admettre, un peu d'ennui.
Asie (2) 4 - ABC Africa d’Abbas Kiarostami (Iran) C'est beau un documentaire d'Abbas Kiarostami. Film de commande d'une association humanitaire en Ouganda, #ABCAfrica devient un hymne à la résilience et à la vie, avec des séquences assez incroyables - l'orage dans la nuit, l'ambiguïté de l'adoption, le regard des enfants.
4 - The Depths de Ryusuke Hamaguchi (Japon) Deuxième film (méconnu) du cinéaste nippon, très surprenant, sur un photographe qui s'éprend d'un prostitué à la gueule d'ange. Si le scénario n'est pas totalement abouti, la mise en scène est déjà très affirmée avec des plans qui rappellent Drive My Car. Une vraie curiosité donc, qui rappelle aussi le cinéma d'Edward Yang.
Amérique latine (1) 4 - L’oeil qui ment de Raoul Ruiz (Chili) En compétition à Cannes en 1992, #loeilquiment réunissait John Hurt, Daniel Prévost et... Didier Bourdon dans une farce surréaliste, cheap et poétique, comme si Peter Greenaway avait mangé un clown. J'adore Didier Bourdon, j'aimerais beaucoup lui parler du tournage sous champi. C'est tellement singulier que cela diffuse un vrai charme.
Afrique 4 - Adam de Maryiam Touzani (1) Belle réussite, cet #Adam de Maryam Touzani sur la sororité de deux femmes à Casablanca, une mère veuve et une jeune femme enceinte. Si le scénario est très classique, l'interprétation de Lubna Azabal et Nisrin Erradi et la beauté du dernier tiers emportent le morceau de Zlabia.
Palme d'or : Tout sur ma mère de Pedro Almodovar Grand prix : La Lettre de Manoel de Oliveira Prix du jury : Marcello Mio de Christophe Honoré et The Stringer de Pawel Pawlikowski Mise en scène : Conann de Bertrand Mandico Scénario : Héritage d'Anja Breien Actrices : Lubna Azabal et Nisrin Erradi pour Adam Acteur : Didier Bourdon pour L'oeil qui ment
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