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Hop le palmarès, avec comme d'hab une sélection qui a évolué
Mon Festival de Locarno 2026
Etats-Unis (4) 3 - Dracula, pages tirées du journal d'une vierge de Guy Maddin Version très originale du mythe de Dracula, adaptation d'un ballet par le cinéaste fétichiste canadien Guy Maddin. Cela donne un faux film muet, des idées de mise en scène par milliers et des séquences marquantes - la danse de Mina et Dracula, la mise à mort de Lucy. Imparfait mais stimulant.
4 - Lucky de John Carroll Lynch Un beau film jarmuschien avec un acteur génial Harry Dean Stanton (l'éternel héros de Paris Texas), le regretté David Lynch en meilleur pote qui a perdu sa tortue Roosevelt et beaucoup de bons sentiments. Alors ça manque un peu d'énergie, mais l'humanité qui s'en dégage fait du bien.
5 - Drugstore Cowboy de Gus van Sant Quel beau film. Pour seulement son deuxième essai, Gus van Sant affirme la sensibilité de son regard en suivant un jeune desperado et sa bande qui font les 400 coups pour se fournir en drogue. Si la première partie est classique, c'est le tournant dramatique au 2/3 qui impressionne, comme le personnage de Matt Dillon abandonne la frime pour quelque chose de plus mélanco-dramatique. Fort.
Petit trivia : le chef op va devenir celui de Wes Anderson et je trouve qu'on reconnait sa patte.
3 - Magic Mike de Steven Soderbergh Beaucoup pensé à Richard Linklater et Sean Baker devant ce Soderbergh consacré au strip-tease masculin. On retrouve la fluidité de sa mise en scène, sa manière de filmer avec empathie des outsiders du système américain mais aussi son manque de radicalité dans ce qu'il montre - c'est ludique, ça divertit mais bon.
France (3) 4 - Cent mille milliards de Virgil Vernier Et si le film le plus convaincant sur la jeunesse désoeuvrée était celui de Virgil Vernier ? En tout cas, #centmillemilliards est plus fort et mélancolique qu'une fille facile ou Diamant brut. Si le film est court et aurait mérité de développer plus les persos secondaires, il dégage une poésie instantané et révèle un jeune acteur prometteur.
5 - Travolta et moi de Patricia Mazuy Le miracle. Teen-movie français à la mise en scène d'une modernité incroyable -le montage final ressemble à du Nolan-, #Travoltaetmoi mérite sa réputation culte. En 1 heure, le film raconte mieux le tourbillon adolescent que le pénible Amour ouf, en roulant des patins. Sidérant.
4 - M de Yolande Zaubermann Documentaire absolument terrifiant de Yolande Zauberman, qui recueille la parole d'enfants violés dans le monde clos des ultra-orthodoxes de Bnei Brak. Si la narration est parfois confuse, impossible de ne pas entrer en empathie avec #M, le maudit à la voix d'ange, Glaçant. Europe (7) 5 - Grizzly Man de Werner Herzog (Allemagne) Il est fort ce Werner Herzog. Portrait d'un gentil illuminé qui vit au contact des ours, Grizzly Man suscite d'abord l'amusement pour glisser ensuite vers quelque chose de plus profond et dramatique, aux confins de la folie. C'est surtout extrêmement émouvant, Herzog est si fort pour créer de l'empathie pour les gens différents.
PS : la scène de l'affrontement entre les deux ours est d'une violence..
3 - Last of England de Derek Jarman (Angleterre) Film expérimental de Derek Jarman, #ThelastofEngland colle des visions apocalyptiques à des délires sous héroïne pour un cocktail stimulant (et un peu assommant). La jeune Tilda Swinton a déjà quelque chose de troublant dans le regard.
2 - La Passion selon Béatrice de Fabrice de Weltz (Belgique) Du mal à comprendre le projet, élucubrations de Béatrice Dalle sur Pier Paolo Pasolini, en noir et blanc s'il vous plait, ce qui provoque l'effet que le film semble vouloir dénoncer : la transformation de Pasolini en attraction cinéphile. Bref, il vaut mieux découvrir les films de l'Italien - surtout L'Evangile selon Saint-Mathieu, son chef d'oeuvre.
2 - Dracula de Radu Jude (Roumanie) J'aime beaucoup le cinéma de Radu Jude, mais bon ce Dracula de près de 3 heures est difficilement regardable, d'une laideur volontairement repoussante. Par séquence, cela fonctionne - Radu Jude reste un grand dialoguiste - mais l'ensemble est trop décousu, trop outrancier, trop...
4 - Toxic de Saulė Bliuvaitė (Lituanie) Premier film impressionnant sur deux jeunes filles lituaniennes, entre le Harmony Korine de Gummo et le cinéma d'Ulrich Seidl, avec ingurgitation de ver solitaire pour devenir mannequin. Mais l'amitié sauvera les âmes perdues dans l'enfer d'être née femme dans ce monde-là.
4 - Simon le magicien d’Ildikó Enyedi (Hongrie) #Simonlemage a autant de charme que son héroïne Julie Delarme, sorte de préquel de #SilentFriend où l'on interroge une plante pour résoudre un crime. La réalisatrice Ildikó Enyedi a un vrai talent poétique et si l'ensemble est un peu confus, la vibe Kieslowski m'a séduit.
4 - Das Fraulein d’Andrea Staka (Suisse) Joli film sur la sororité entre 3 femmes de l'ex-Yougoslavie qui s'entraident à Zurich. Cela repose beaucoup sur les actrices, toutes formidables - Marija Škaričić a bcp de charme. #Fraulein avait été primé à Locarno en 2006 mais Andrea Štaka n'a fait qu'un seul film après...
Asie (4) 4 - On the Stream de Hong Sang-soo (Corée du Sud) Un long (1h50 !) film de Hong Sang-soo, encore inédit en France; sur un acteur has been qui vient donner des cours à des jeunes femmes dans une université. Le maitre a vieilli, vient de divorcer et a appris, peut-être au contact de Kim Min-hee, qu'il fallait écouter les aspirations des jeunes femmes. Et puis Kwon Hae-hyo...
5 - Jeunesse (les tourments) - Wang Bing (Chine) Deuxième volet de la trilogie Jeunesse, #LesTourments plonge dans l'enfer des ateliers de confection chinois. Même le soleil a disparu dans ce dédale de couloirs où l'on peut se faire fracasser le crâne si l'on réclame son dû. Par séquence, la mise en scène rappelle Béla Tarr.
3 - The Twilight de Mohamad Rasoulouf (Iran) Premier film de Rasoulof entre doc et fable, l'histoire d'un homme en prison qui épouse puis fait un enfant à une femme emprisonnée pour lui permettre de retrouver sa liberté. On retrouve la regard sans concession du réal sur la société iranienne sans la maitrise.
4 - For Kayako de Kohei Oguri (Japon) Mélodrame sur un jeune étudiant coréen qui tombe amoureux d'une orpheline japonaise après la seconde guerre mondale, For Kayako bande lentement mais sûrement son arc émotionnel pour tirer une flèche en plein coeur - les vingt dernières minutes sont magnifiques. Après c'est lent.
Amérique du Sud (2)
5 - Maternal de Maura Delpero (Argentine) Magnifique premier film de Maura Delpero sur l'instinct maternel à la première partie, peut-être un peu longue, quand la seconde déploie ses ailes émotionnelles avec des plans absolument sublimes de Pieta. Le dernier plan m'a mis les larmes aux yeux. Superbe vraiment.
4 - El Movimiento de Benjamín Naishtat (Argentine) Western expérimental de l'Argentin Benjamin Naishtat, #ElMoviemento raconte avec une vraie économie de moyens la séduction du verbe et la violence des hommes dans l'aridité de la pampa. Si le film prend son temps (mais ne dure qu'une heure), le réal sait créer une vraie tension.
Femmes : 6 Doc : 4
Léopard d’or : Travolta et moi de Patricia Mazuy Léopard d’argent : Jeunesse (les tourments) de Wang Bing Léopard de bronze : Grizzly Man de Werner Herzog Mise en scène : Maura Delpero (Maternal) Scénario : Gus van Sant (Drugstore Cowboy) Actrice : les deux jeunes actrices de Toxic de Saulė Bliuvaitė Acteur : Harry Dean Stanton dans Lucky de John Carroll Lynch et Kwon Hae-hyo dans By The Stream de Hong Sang-son
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