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Festival de Berlin
Etats-Unis (3) 4 - Vice d’Adam McKay Adam McKay ne ménage pas ses effets pour faire de Vice un film "fun" et facile à regarder, basé sur la parole et la personnalité de Dick Cheaney. Bien sûr on peut trouver ça un peu too much, à la limite de la parodie mais ce portrait au vitriol de l'ex-VP de Bush remet ce qui se passe aujourd'hui en perspective, en France comme au Moyen-Orient.
3 - Buffalo Bill de Robert Altman Un peu déçu par ce film de Robert Altman, qui me semble trop hésiter entre le film choral façon plus grand chapiteau du monde et le portrait d'un homme vaniteux et égocentrique qui représente parfaitement le cowboy américain pré-capitaliste. Paul Newman est bien sûr parfait dans le rôle titre.
4 - The Cruise de Bennett Miller Difficile de ne pas penser à Marty Supreme devant ce "portrait" de Timothy “Speed” Levitch, guide de croisière en bus à New York, puits d'érudition, semi-fou à la logorrhée parfois imbitable, souvent fascinante. Miller dresse aussi le portrait d'une ville, de ses immeubles et de ses glorieux disparus.
France (2) 2 - Le Grand chariot de Philippe Garrel Le début est séduisant, avec ce cadre étonnant d'une famille de marionnettistes, mais trop vite tout cela s'étiole au profit de sous-intrigues sentimentales pas toujours crédibles - mention spéciale au peintre... Bref, un Garrel très quelconque, sans doute son dernier film et donc avec une portée testamentaire.
2 - Langue étrangère de Claire Burger Pas aimé ce deuxième film en solo de Claire Burger sur une jeune fille un peu mytho qui tombe amoureuse de sa correspondante allemandes gaucho. Bcp de bla-bla, des scènes et des situations peu crédibles même si les deux jeunes actrices sont prometteuses.
Europe (7) 4 - La Grotte des rêves perdus de Werner Herzog (Allemagne) Plus pédagogique que je ne le pensais, #lagrottedesrevesperdus atteint un vertige métaphysique quand Herzog filme les peintures rupestres sur de la musique sacrée et s'interroge sur l'acte de représenter le monde, propre de l'homme. Cro-Magnon rêvait-il de chevaux mécaniques ?
4 - Fantômes de Christian Petzold (Allemagne) Un des premiers films de Christian Petzold, l'un de mes réals préférés. Tout son cinéma est déjà là : la narration avec deux pistes qui s'entrecroisent, l'opacité de la situation de départ, avec ici des allusions assez claires aux rêves de fiction de la jeune femme. Pas encore son meilleur, le rythme est un peu étiré mais déjà stimulant.
4 - The Outrun de Nora Fingscheidt (Allemagne) Le SUR-shə ROH-nən show.. Je l'adore, elle est ici parfaite dans le rôle un peu éculé de la jeune femme qui veut se sortir de ses errements et vaincre sa trauma. La mise en scène de Nora Fingscheidt est inspirée, les paysages des Orcades magnifiés et Saiorse Ronan.
4 - Love Lies Bleeding de Rose Glass (Angleterre) #LoveLiesBleeding. Thelma & Louise featuring Drive. Après Saint Maud, Rose Glass confirme son talent et la modernité de sa mise en scène avec cette série B pulp sexy et jouissive. Katy O'Brian est une révélation et quel plaisir de retrouver Ed Harris. Bien fun.
3 - Tu ne mentiras point de Tim Mielants (Belgique) Film à sujet (les Couvent de la Madeleine en Irlande), #Tunementiraspoint suit un homme dont la conscience s'éveille au contact d'une jeune fille et de ses souvenirs. C'est un peu linéaire et prévisible mais Cillian Murphy est bien sûr parfait dans le rôle principal et la photo de Frank van den Eeden rappelle le cinéma de Terence Davies.
5 - Le Choix de Luna de Jasmilla Zbanic (Bosnie) Film remarquable de Jasmila Žbanić, dont j'avais déjà beaucoup aimé La Voix d'Aïda, sur une jeune femme confrontée à la radicalisation religieuse de son amoureux. Un film tout en nuances - elle aussi est musulmane - qui montre combien ce qu'on nous impose comm vision de l'Islam est juste sa déclinaison rigoriste. Sublime actrice aussi, je conseille.
2 - Autour du désir de Marco Bellocchio (Italie) Film extrêmement ambigu de Bellocchio qui lie l'orgasme féminin au désir d'être possédé charnellement, avec un Male Gaze permanent - les femmes sont de purs objets de fantasme - et des dialogues bien poussiéreux. La première partie est très belle, la suite...
Asie (5)
4 - Festival d’Im Kwon-Taek (Corée du Sud) Beau film d'Im Kwon-taek, sur l'enterrement de la grand-mère d'un écrivain célèbre. S'il faut apprécier les ruptures de ton et comprendre qui est qui, #Festival développe de beaux personnages, notamment les deux petites-filles, celle du conte et la paria de la famille.
3 - Birdcage inn de Kim Ki-duk (Corée du Sud) Un Kim Ki-duk de jeunesse avec déjà son style, soit une super-sexualisation de l’intrigue, des femmes fortes (mais prostituées), des scènes d’un lyrisme fou, une narration décousue. Plutôt aimé, mais s'il fera mieux et plus maîtrisé.
3 - Pardé de Jafar Panahi (Iran) Film expérimental de Kambuzia Partovi et Jafar Panahi, Closed Curtain explore la psyché malade d'un cinéaste et d'un scénariste condamnés à rester derrière des rideaux fermés. Le récit prend un petit peu trop de temps à masquer ses intentions, même si je préfère cette première partie parano à la seconde plus affectée.
5 - Picnic de Shunji Iwai (Japon) Je connais mal l'oeuvre de Shunji Iwai. #Picnic m'a bouleversé. Pourtant je n'aime pas trop les fous au cinéma, mais là... le lyrisme de la mise en scène, la beauté de la bande-son, l'alchimie des deux interprètes Chiara et asano_tadanobu... Et cette fin... le World's Last Kiss.
4 - Jusqu’à l’aube de Shot Miyake (Japon) Un jour, le soupirant de ma fille de 9 ans lui a dit qu'elle était plus belle qu'un planétarium. Je ne pensais pas que Sho Miyake en ferait un film aussi délicat qu'un flocon de neige. #jusqualaube prend son temps, frôle la joliesse mais j'ai été ému justement par sa délicatesse.
Amérique latine (2)
4 - Lake Tahoe de Fernando Embecke (Mexique) Joli premier film de Fernando Eimbcke, sur un jeune homme qui plante sa voiture contre un poteau. Il fait des rencontres inattendues, son deuil aussi, avec beaucoup de poésie et de fondus au noir. La mise en scène est un peu "apprêtée" mais le scénario est très beau, comme pour Flies d'ailleurs.
5 - Notre histoire policière d’Alonso Ruizpalacios (Mexique) Un film très surprenant, entre la comédie romantique policière à l'eau de rose, une réflexion sur le travail d'un acteur et enfin une autopsie de la police mexicaine comme institution. Cela fait beaucoup mais la réalisation d'Alonso Ruizpalacios donne toujours du rythme au récit, si bien que le temps passe vite jusqu'au surprenant final. Beaucoup aimé.
Afrique (1) 2 - Black Tea d’Abderrahmane Sissako (Mali) #BlackTea avait tout pour me séduire : son cadre original tout d'abord, le quartier Little Africa de Canton, la beauté de son actrice Nina Mélo, l'histoire d'amour façon In The Mood for Love, sa mise en scène. Mais le thé s'avère trop fade et ceylan, c'est très lent.
Ours d’or : Picnic de Shunji Iwai Grand prix du jury : Le Choix de Luna de Jasmilla Zbanic Prix du jury : Notre histoire policière d’Alonso Ruizpalacios et Lake Tahoe de Fernando Embecke Scénario : Jusqu’à l’aube de Sho Miyake Mise en scène : Festival d’Im Kwon-Taek Actrice : Kristen Stewart et Kate O’Brien (Love lies Bleeding) Acteur : Christian Bale (Vice)
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