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MessagePosté: 29 Mai 2026, 16:27 
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La réalisatrice du remake d'un film d'horreur devient obsédée par l’actrice mystérieuse qui incarnait la "final girl" dans le film original...

Sans même avoir lu le synopsis, le film assume sa nature méta dès son titre, comme une collection de mots-clé du slasher. Néanmoins, le vaste programme de Jane Schoenbrun pousse la déconstruction beaucoup plus loin et ce qui commence par marcher dans les traces de la comédie façon Scream pour zoomers se mue petit à petit en un concept beaucoup plus étrange, "Portrait de la jeune fille en feu au sein d'une suite de Vendredi 13" comme le pitchait l'auteurice, explorant encore une fois la nature transformative de la pop culture en refusant toute évidence sur la question woke, la sexualité, le corps, la fiction et la réalité.

Dans I Saw the TV Glow déjà, une série fantastique servait de matrice à l'éveil des personnages et l'une des séquences les plus marquantes d'honnêteté voyait le héros en redécouvrir des années après les images, aujourd'hui ringardes à ses yeux. Le générique de Teenage Sex and Death at Camp Miasma retrace le parcours forcément reconnaissable d'une franchise horrifique (ouvertement calquée sur Vendredi 13 donc, jusque dans la typo) mais un amour sincère émane de la façon de filmer chaque lobby card, chaque produit dérivé pourtant ridicule. Dieu sait que je trouve le genre pauvre et la saga singée ici quasi-catastrophique et pourtant tout m'a parlé dans ce fétichisme.

Cela étant dit, Schoenbrun évite précisément de tomber dans la simple nostalgie. Au contraire, son film porte précisément sur la friction entre l'œuvre passée et le regard que l'on pose dessus aujourd'hui, confrontation incarnée dans la rencontre entre une jeune réalisatrice lesbienne polyamoureuse et une actrice presque sexagénaire. Dans un premier temps, on navigue dans une satire où tout le monde se fait recadrer, tant les producteurs de legacyquels emprunts de wokewashing que l'artiste queer prompte à placer ses pronoms et à dénoncer telle séquence d'un film des années 80 comme transphobe. En réalité, le film s'avère beaucoup plus intelligent dans sa relecture des classiques problématiques et s'il paraît name-dropper un peu lourdement Sunset Boulevard ou Psychose, notamment avec le personnage de Gillian Anderson qui tient autant de Gloria Swanson que de Norman Bates, c'est pour mieux remettre en question l'exploitation monstrueuse de la transidentité dans le cinéma d'horreur.

Un plan-séquence prolongé, situé quelque part entre le film dans le film et un autre stade, flou, de réalité, comme en témoigne sa chanson anachronique, opère une réappropriation d'une caractérisation discriminatoire en adoptant la subjectivité du personnage et c'est incroyablement cathartique. Soudain, le boogeyman au look délibérément risible sort de sa chrysalide sous nos yeux. In a Violent Nature could never.

Schoenbrun ne cancel rien. Iel relit. Iel accepte qu'une œuvre même contestable selon les mœurs actuelles peut avoir une signification autre, peut être le sujet d'une interprétation différente, qu'il ne faut pas nier l'importance qu'elle a pu avoir sur son public.

Si Scream s'attaquait aux codes du genre, Teenage Sex and Death at Camp Miasma s'attaque davantage à son fond, et plus exactement à son sous-texte psychosexuel. Le film n'est pas particulièrement subtil là-dessus : en regardant un des épisodes de la saga pour prendre des notes, la réalisatrice écrit en gros dans son carnet "DESIRE" et le tueur de la licence s'appelle...Little Death. Une fois de plus, par le truchement du film dans le film, Schoenbrun traite de la nécessité de transcender le corps, évoquant l'état dissociatifs comme le voyeurisme, inversant le rapport entre celui qui regarde et celui est regardé, celui qui est pénétré et celui qui pénètre, dans une mise en abyme vertigineuse qui achève de faire du film non pas une "déclaration d'amour au cinéma" (ou les slashers nuls) mais pour les kinks les plus inavouables, à assumer sans honte pour atteindre l'extase cathartique.

À chaud, je le trouvais moins abouti que son précédent mais il n'a cessé de me trotter en tête et c'est vraiment un incroyable métafilm dense et non-binaire de bout en bout

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MessagePosté: 30 Mai 2026, 08:29 
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Antichrist
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Inscription: 04 Juil 2005, 21:36
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Texte intéressant, même si perso, je ne comprends pas le délire autour de ce film, comme si le sens méta et l'identité de la réalisatrice prenaient le pas sur le film en lui même.

Enfin bref, 3/6.


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MessagePosté: 30 Mai 2026, 08:32 
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Karloff a écrit:
réalisatrice

Uh-oh


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MessagePosté: 30 Mai 2026, 08:38 
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Robot in Disguise
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Ne tapez pas son nom dans Google Images...

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Liam Engle: réalisateur et scénariste
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MessagePosté: 30 Mai 2026, 08:41 
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Antichrist
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Déjà-vu a écrit:
Karloff a écrit:
réalisatrice

Uh-oh


elle se présente comme ça désormais non ?


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MessagePosté: 20 Aoû 2026, 22:12 
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Inscription: 24 Juin 2007, 15:59
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Le film ne sortira visiblement en France que sur une seule journée, le 17 septembre - avant-première au Max Linder le 15.

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MessagePosté: 03 Oct 2026, 10:14 
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Inscription: 23 Juil 2011, 12:46
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Freak a tout dit. Vraiment adoré et gros kiff sur les scènes de meurtre du film. Et quel beau role pour Gillian Anderson.

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Castorp Zemmour : Pour moi, le futur de la gauche : elle finira pendue à des arbres par des islamistes


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MessagePosté: 12 Oct 2026, 17:08 
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Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
Mon premier sentiment sur le film a été une assez nette déception. Je ne retrouve pas vraiment la mélancolie poignante des deux premiers films de Jane Schoenbrun qui opte là pour une approche plus légère, en apparence moins personnelle. À l'image de son personnage principal de réalisatrice qui veut rentrer dans le rang avec le remake d'un vieux slasher, elle aussi semble quelque part tenter un film plus accessible, moins radical, avec un canevas plus classique (la vieille actrice isolée qu'il faut convaincre). Et puis quelques éléments trop littéraux comme ce rapport au wokisme étalé avec ironie dans les premières minutes comme pour évacuer l'éléphant dans la pièce. Tout semblait un peu trop grossier et en même temps une redite de son précédent, sans ce qui le rendait bouleversant. Et le film m'a semblé un peu mal construit, une première partie trop longue et trop minimaliste entre les deux filles et un dernier acte qui s'emballe et qui balance tout d'un coup. Le film aurait pu être plus court et plus efficace.

Mais force est de constater que le film est bien plus étrange, bien plus riche et complexe que tout ça et parvient à atteindre une richesse assez insoupçonnée qui m'a fait demander si j'avais pas besoin de le revoir immédiatement pour bien comprendre quel était son sujet. Mais au final j'ai trouvé magnifique cette espèce de trajet que fait le personnage principal (belle découverte que Hannah Einbinder) de l'intellect pur à la matérialité du corps liant le plaisir de voir, du frisson de l'horreur à l'orgasme. Comme si le cri d'effroi de la final girl était aussi un cri de jouissance. Mais ce n'est presque pas une surprise puisque le boogeyman s'appelle Little Death et annonce la couleur. Et c'est assez beau quand ça se produit car il y a là un regard sur le genre vraiment chouette, sans aucun cynisme mais au contraire dans la réalisation que ces choses qui nous ont formées l'ont fait pour une raison. Je retrouve alors la sensibilité d'I saw the TV glow dans ce dernier acte cathartique.

La première scène qui conscientise un peu son sujet (le point de vue du tueur ou le point de vue de la caméra) est excellente et le générique d'ouverture est absolument fabuleux, il résume de manière géniale toute une saga de slasher à base de VHS, d'articles et de merchandising (ça donne envie de faire pause sur chaque plan pour profiter des détails), le film est quand même gloablement très beau (bel hommage au matte painting) mais ça reste une légère déception et son film que j'aime le moins. Mais je n'exclus pas de le revoir tant il est riche et malgré tout passionnant.

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