aka Témoin gênant
Tom Miller, simple employé, se retrouve pris au piège une nuit dans la tour de son bureau, pourchassé par un tueur implacable. Alors qu’il fait tout pour échapper à une mort certaine, il découvre que sa société cache de lourds secrets qui pourraient mettre en danger des milliers de vies...Je ne m'explique pas le choix de ce film dans la carrière de Joe Johnston.
Le mec n'est évidemment pas un auteur mais une cohérence traverse tout de même sa filmographie, de ses débuts en tant qu'artiste dans le domaine des effets visuels pour Lucasfilm puis en tant que réalisateur des meilleurs Amblin-
like (
Chérie j'ai rétréci les gosses,
Jumanji) ou d'Amblin tout court (
Jurassic Park III) et de films au parfum rétro (
The Rocketeer,
October Sky,
Hidalgo,
The Wolfman,
Captain America), il affectionne clairement un cinéma d'aventures et d'évasion (et où les VFX jouent un rôle important).
Alors pourquoi ce thriller en huis-clos que l'on pourrait pitcher grossièrement comme "
Panic Room dans un cabinet juridique"? Et qui dure 1h10 sans générique?
J'aurais compris qu'il finisse dans la
director jail après
The Wolfman (reshooté, repoussé, pas rentré dans ses frais et descendu par la presse) mais il a rapidement enquillé avec un Marvel de la Phase I bien accueilli de la critique et du public en 2011 et l'année d'après, il tournait ce film dont le budget est sans doute inférieur à son tout premier long et qui restera dans les placards deux ans avant d'être finalement bazardé directement en DVD.
Hey, c'est tout à fait concevable qu'un cinéaste veuille se ressourcer en sortant de sa zone de confort avec un petit exercice de style mais passer de Spielberg et Marvel à Blumhouse, c'est chelou.
Le scénario est signé du tandem Adam Mason & Simon Boyes dont quasiment tous les autres films ont été réalisés par Mason lui-même et ceux qui ont été vus par suffisamment de gens ont une note qui peine à dépasser la moyenne sur Letterboxd. Est-ce que ce script-ci a été considéré suffisamment bon pour que Blum préfère confier la mise en scène à un meilleur réal?
Pour être honnête, la moyenne de celui-ci n'est pas beaucoup plus haute mais à vrai dire, je me demande pourquoi. Parce que j'ai trouvé ça pas mal du tout.
Il y a bien une ou deux facilités pour justifier certaines tournures du récit (le tueur le moins discret du monde, le coup de la vidéo qui poppe sur l'écran du portable de façon opportune) mais sincèrement, dans l'ensemble, c'est franchement carré, avec même quelques petits détails inventifs qui exploitent bien le lieu (tout ce qui touche au badge par exemple mais aussi des petits détails comme le coup des chasse d'eau) et un protagoniste plutôt intelligent. Ca raconte globalement rien, même si on peut voir cette histoire d'un jeune assistant juridique aux prises avec un tueur comme allégorie de la difficulté à rester intègre dans un milieu aussi vénal et potentiellement corrompu mais c'est surtout un divertissant jeu du chat et de la souris (genre le dernier acte de
Collatéral sur tout un film).
En ce qui concerne la mise en scène, ça aurait pu être un poil plus nerveux et incarné, un peu plus racé, plutôt que ce 1.85 et cette photo lisse, mais c'est solide de bout en bout, assurant la tension. Le mec n'est évidemment pas Fincher mais même loin de son univers de prédilection, il connaît son métier.
Mais il n'a inexplicablement rien fait depuis, à part tourner 32 jours de
reshoots sur
Le Casse-noisette et les quatre royaumes (2018), un Disney signé Lasse Hallström (qui n'était pas disponible pour les
reshoots mais qui est revenu superviser la post-prod avant de décider avec Johnston d'être crédités à deux). Pas sûr de rattraper celui-là...