mouaiiiiiiis je suis moins convaincu. en vrai tu as un peu tout dit en disant que c’est un tribunal de luxe. pour le meilleur et pour le pire, et contre le cerveau du réalisateur en vrai.
pour le meilleur, parce qu’effectivement c’est un crime lambda, il n’y a pas de question de culpabilité, donc on plonge dans un procès et c’est toujours passionnant : découvrir la vie des gens, ce dont sont capables les êtres humains, toutes ces destins qui se croisent, le ceremonial qui est censé à aider comprendre la vie, la difficulté de la tâche… voilà, j’adore tout ça donc forcément c’est toujours un plaisir. et de luxe parce que soigneusement écrit, avec des bons acteurs…
pour le pire, parce que ça reste quand même petit pour un film de cinéma. c’est enrichi par ce que tu dis sur les jurés, mais en vrai tout ça n’est pas très riche ni profond ni très intéressant, voire même pirate franchement avec l’histoire d’amour, là. tu coupes tout ça, tu obtiens un film d’1 heure qui aurait donc toute sa place dans une série anthologie en mode tribunal de luxe sur arte ou netflix ou que sais-je. mais là ça dure 1h50, dont 50 minutes dont on se branle, et 1 heure sur une affaire intéressante pour les passionnés de justice mais enfin ça va difficilement au delà.
et contre le cerveau du réalisateur, donc. parce que ça aurait totalement assumé son parti pris d’exploitation quali, ça aurait fait le job. mais on est en france, la note d’intention devait faire 50 pages, l’interview dans le dossier de presse ressemble à un oral d’école d’art. donc y a la volonté de faire le portrait de la moselle avec la confrontation de populations avec les institutions - franchement ça ne dit rien de passionnant et surtout toutes ces scènes sont complètement ratées, y a jamais de vie, tout semble controuvé et artificiel. et puis il y a l’idée du point de vue du juré, ce qui est sympa. mais la question posée est surtout celle de la juste peine - qui est celle que tu te poses quand tu assistes à n’importe quel procès ou quoi, donc c’est sympa. sauf que le film a une position très bizarre sur ce sujet, comme en vrai dans tout son portrait du milieu judiciaire. c’est dur de savoir ce qu’il en pense et ce qu’il veut dire. la présidente du tribunal en mode maman c’est une observation ? une création de personnage ? un commentaire sur la féminisation massive du personnel judiciaire ? les jurés qui « décident » mais la juge qui guide, oriente et cadre fermement c’est une description de comment ça se passe ? un commentaire ? une critique ? une celebration ? la procureure en méchante et l’avocat de la défense en humaniste c’est un jeu narratif avec ce qui suit ? une observation ? un commentaire ? son point de vue ? et donc, toute cette question de la « juste peine », tout en disant relativement clairement que tout ça est nawak. le législateur indique une peine qui en vérité ne sert à rien et n’est suivie par personne. les jurés « décident » un truc qui va de 0 jours à la perpétuité, super. et la juge dit clairement qu’en vrai tout ça sera décidé par une juge d’application des peines dans son bureau avec une décision qui n’est pas publique. j’ai tendance à penser que tout ce système est grotesque. mais lui, c’est quoi ? juste une description ? l’illustration de la pensée judiciaire : "c’est comme ça et c’est pas autrement, si vous n’aimez pas ce système c’est que vous n’avez pas compris ou que vous êtes un ennemi de la pensée humaine" ? bref, s’il donne les clefs pour illustrer la complexité c’est trop léger et peu clair, s’il « observe » juste c’est peu profond… pas été convaincu du tout. mais qui gon a raison sur la belle incarnation du fait que la société juge, dans toute ses facettes et sa complexité.
et j’ai trouvé ça atrocement mal réalisé, visuellement dégeu, j’aime pas les plans, y a jamais de vie… je ne sais pas dans quelle mesure c’est du aux conditions de fabrications mais vraiment 3/10 pour le réalisateur.
(outre l’aspect frustrant qu’au final, on ne sait pas vraiment comment le chiffre se décide ?!).
|