Alan Abernathy est un adolescent trop remuant pour la petite bourgade de l'Ohio où il habite. Expulsé du lycée pour une innocente plaisanterie, il aimerait se racheter aux yeux de son père, marchand de jouets. Un jour où son père part en voyage d'affaires, il prend sur lui de renouveler un stock de jouets désuets. C'est ainsi qu'il obtient une douzaine de figurines d'action : un commando d'élite super-musclé et une tribu de monstres patauds, les Gorgonites. Comment pouvait-il se douter que ces charmants jouets étaient programmés pour s'entretuer et semer la panique ?Je garde un souvenir ému de l'espoir qu'était le DreamWorks des débuts, quand Spielberg partait chercher ses anciens protégés (Zemeckis, De Bont), des réals déchus (Scott), donnait leur chance à des nouveaux (Verbinski, Mendes) ou tout simplement à des bons gars (Crowe, Aardman, Woody), et que le studio se rêvait un havre pour les cinéastes, pour les auteurs même.
L'une des promesses les plus alléchantes était la
Gremlins reunion proposée par
Small Soldiers, le patron offrant à Dante, absent des salles depuis l'échec de
Panique à Florida Beach, l'opportunité de faire un blockbuster, une nouvelle subversion d'un genre et d'un univers enfantin, comme une perversion de
Toy Story.
J'avais été déçu à l'époque, je sais même si je l'ai revu en entier depuis, peut-être une fois en DVD loué, et quand ma femme en a entendu parler dans un podcast qu'elle suit comme d'un film de gauche, elle a voulu le voir et j'ai proposé de le montrer au fils, espérant le revoir à la hausse.
Ouais bah non hein.
Si le programme thématique est déroulé comme il faut, cinglant comme on vend la guerre, aux adultes comme aux enfants (l'intro quasi-verhoevenienne, le voisin qui regarde la télé en disant
"I think WWII is my favorite war"), et qu'il s'incarne dans ces jouets militaires belliqueux pour ne pas dire racistes, le film m'a paru franchement peu inspiré d'un pur point de vue narratif et comique.
Que les personnages humains soient de purs pantins plutôt fades serait excusable - après tout, Billy n'est pas un protagoniste particulièrement intéressant dans les
Gremlins - si les "stars" du film étaient plus engageantes. Or, que ce soit dans le design ou la caractérisation, je trouve tant les Gorgonites que les Commando globalement ratés, ni attachants ni vraiment drôles. L'animation est top, gardant des oripeaux de stop-motion, mais le réalisme les rend inexpressifs au possible.
Les seules qui m'amusent, ce sont les poupées Wendy bride-of-frankensteinisées, également l'une des rares scènes inventives dans un film dont l'action se réduit majoritairement à la même bataille pelouse/maison ad nauseam. Certes, ce sont des figurines mais le film paraît franchement tout petit. Dans le premier
Gremlins, ils envahissent la ville. Dans le second, on reste dans un immeuble, mais c'est une avalanches d'idées et de gags.
Ici, c'est quand même mou du genou (1h50) et assez limité.
Cette année-là, DreamWorks s'imposait avec les succès de
Deep Impact,
Saving Private Ryan,
Fourmiz et
Le Prince d'Egypte. Mais Dante allait redisparaître cinq ans...pour revenir signer un autre film taillé pour lui et non moins décevant. Et donc son dernier film de studio.