la soif de honte de nicolas bedos.
encore ma fascination pour le morbide, cette fois-ci avec 260 pages en compagnie de cet individu qui m'est atrocement antipathique depuis la première fois que j'ai vu sa gueule à la télévision, et qui n'a jamais déçu cette première impression.
mais il y avait deux choses : d'abord, comme avec sarkozy, je trouve ça intéressant de se plonger dans une intimité qui génère forcément l'empathie avec quelqu'un que l'on n'aime pas. ensuite, lé témoignage d'un mec cancelled.
le résultat était nul sur ces deux critères. d'abord, parce que d'empathie il n'y en a pas eu : il est aussi antipathique par écrit et au fond du trou qu'à l'oral au sommet de la vague. il y a l'auto-satisfaction dégueule de chaque ligne, son égo qui ensevelit l'auteur et le lecteur comme un tsunami, les deux pieds dans un minuscule milieu fondamentalement détestable. ensuite, le témoignage de mec cancelled n'est pas plus intéressant - sa pensée n'est pas mûre, il est encore trop dedans, et le but de tout cela n'est pas bien clair. il veut faire son auto-analyse crue (ça m'intéresse) tout en se dédouanant de quoi que ce soit d'illégal - c'est peut-être vrai mais c'est aussi très commode. le livre s'adresse officiellement à sa fille, mais il semble en vérité plus destiné au métier pour pouvoir retravailler. ainsi, il semble en colère mais chaque mot est pesé pour ne pas grever ses chances. il fait amende honorable en ne reconnaissant rien. l'analyse de sa situation semble surtout destinée à générer des mouvements de solidarité (à 6 chiffres hein) de ses amis dans le milieu. bref, rien ne semble vraiment sincère là-dedans - il y a même un certain nombre de passages qui semblent ouvertement bidonnés (comme une rencontre avec un "critique important désormais à la retraite" qui lui dit que son cinéma ne sera jamais reconnu parce que trop ambitieux formellement, pas assez de gauche, trop novateur... - ou une "amie journaliste" qui lui fait un speech de cinéma sur sa rédaction qui veut du sang pour vendre, peu importe que ce soit vrai ou pas coco !... puis des évocations de personnalités publiques désignés par une initiale, avec des anecdotes éloquentes, mais dont le portrait robot ne correspond absolument à personne).
mais s'il y a un intéret ça reste celui de plonger dans la tête de l'homme le plus égocentrique et entitled du monde, persuadé que l'absence de promotion de sa série amazon est la pire épreuve jamais imposée à un être humain, trouvant naturel de tourner un film par an à 20m de budget du haut de sa filmo très discutable, évoquant les centaines de femmes baisées et, à propos d'une bonne cinquantaine de personnes différentes "un(e) de mes plus proches amis", un festival de name dropping ("mon parrain jean-loup dabadie... ma marraine gisèle halimi... la famille de jean-paul (belmondo) m'informait de son décès...), de postures, célebrant ses multiples talents ("une jeune chanteuse en vogue me demandait de lui écrire des chansons, mais je n'avais pas le temps...") et son perfectionnisme et bla bla bla et bla bla bla. je savais bien que les 50 pages cumulées consacrée à sa meuf ont vocation à démontrer qu'il est désormais un homme amoureux et fidèle et loin de ce qu'on lui reproche, mais enfin qui s'en fout de lire 50 pages sur la compagne de nicolas bedos ?!
ça a totalement bidé, je ne le conseille à personne, ça poursuit le décalage monstrueux entre le statut et la longevité de son père et ce qu'il en reste artistiquement, et la même chose est vraie du fils - pourquoi exactement on connait ce mec ?! qui s'en fout ?!?