
néron à l'elysée, de szafran & domenach.
je poursuis avec la littérature macron-bashing porn.
l'angle de celui-ci m'intéressait, parce qu'il avait vocation à faire un peu le bilan, en liant la personnalité au fiasco général.
et c'était intéressant dans ce sens. des pages et des pages de bashing pour dire que sa personnalité, ses failles narcissiques ont totalement bouffé son intelligence et son sens de l'intéret général, vraiment du hater-pandering je me suis régalé. mais surtout, récapituler est intéressant. par exemple, en comparant les déclarations et programme de campagne 2017 et ce qu'il s'est passé ensuite - ce gouffre absolument vertigineux, qui pose nécessairement plein de questions : avait-il un soupçon de sincérité à l'époque ? le pouvoir l'a t'il totalement dévoré ? était-il juste trop jeune et sans formation politique / militante / intellectuelle et a t'il découvert ce qu'il pensait / voulait au fur et à mesure ?
ensuite, ça atteint ses limites rapidement aussi.
1/ c'est vraiment une oeuvre de journalistes politiques, c'est-dire obsédés par la polpol avec un intéret limité (nul) pour le fond des choses. donc ça va quand tout roule et qu'il est haut dans les sondages et c'est la cata quand la machine se deregle et qu'il baisse. à un moment on a l'impression que tout allait bien jusqu'à la dissolution. bref, l'analyse de fond n'est pas là : le vide concret du bilan, la nullité humaine organisée autour de lui, tout ça tout ça.
2/ on en revient à lire un peu toujours les mêmes choses, le visage blême de gabriel attal qui apprend la dissolution c'est bon là.
3/ le fait que les deux auteurs aient été les pom pom boys de manu (ce qu'ils assument, ils analysent leur deception) donne une teinte exagérément "on lêche on lache on lynche" au livre. là encore, le vrai récit et la vraie analyse de l'hystérie médiatique, la fascination absolue des journalistes pour lui et leur responsabilité dans tout ce naufrage est encore à faire.
4/ la dernière partie est étrangement indigente, manifestement vite écrite, à analyser les grandes affaires du monde dans un combat entre le bien et le mal, à louer son intelligence supérieure à tous les autres leaders de la planète (?), à passer avec une vitesse confondante sur le bilan diplomatique...
5/ on rigole toujours sur les pages à propos des "rumeurs" où on s'indigne des ignominies sur son homosexualité et la transidendité de brigitte mais pas à un mot sur la cocaïne.
c'était vite lu (200 pages, style journalistique basique) et ça nourrit le procès donc je prends, mais là encore : le chef d'oeuvre est à écrire.