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MessagePosté: 21 Mar 2025, 10:21 
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Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
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Très belle chronique familale se déroulant dans la région sublime du Trentin au nord de l'Italie juste à la fin de la seconde guerre mondiale. C'est un film très simple, très direct et limpide sur la famille de l'instituteur du village et des ses enfants (deux filles particulièrement). Comment ne pas penser à Une vie caché de Terrence Malick qui se déroulait dans un décor similaire et partageait pas mal de points communs avec ce film là. Et malheureusment je trouve que le film de Maura Delpero pâtit de la comparaison tant il m'a manqué un souffle poétique, charnelle, une attention à la matérialité du territoire. J'ai trouve le film très beau, très belle photographie à la fois totalement naturaliste mais aussi picturale (par le chef op de Zviaguintsiev) et la mise en scène est toujours dans le bon axe donnant à voir ce village perdu au milieu de l'immensité de cette région montagneuse. Mais il m'a manqué quelque-chose pour être totalement emporté. C'est trop La gloire de mon père et pas assez Une vie cachée (j'exagère).

J'aime beaucoup les personnages des filles et les meilleurs moments sont ces scènes où les enfants partagent le lit et partagent leurs confidences, c'est très beau, très doux et émouvant. Il y a un petit côté Les quatre filles du Dr March avec cette injustice entre elles qui ne sont pas promises au même avenir. Les actrices sont fabuleuses et le film est vraiment réussi dans son ambition, j'aime beaucoup la dernière partie où ça s'élève un peu, la dépression de l'aînée (même si je n'ai pas aimé ce suspens autour d'un potentiel suicide), sa brève fuite en Sicile, tout cela apporte un peu d'air au film, lui donne une autre dimension. Très beau film donc mais je crois que j'en attendais plus (sans tellement savoir pourquoi).

4/6

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 22 Mar 2025, 03:39 
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Antichrist
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Inscription: 04 Juil 2005, 21:36
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Perso j'ai adoré, ça m'a beaucoup rappelé des récits de ma famille.

5/6


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MessagePosté: 25 Mar 2025, 19:04 
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J'ai beaucoup aimé, on tient là un film certes qui ne trace pas de nouveau chemin pour le cinéma, n'est pas d'une originalité incroyable dans l'ensemble, mais qui tient d'un très beau classicisme tout à fait capable d'exprimer les multiples nuances de ce récit. Car c'est ce qui m'a frappé, le film est d'une grande subtilité dans la peinture de ses personnages. Une inflexion de voix, une phrase à double sens ou aux intentions cachées... Par exemple, quand la fille que le père ne veut pas envoyer étudier lâche un "nan mais tfaçon Papa ne peut enseigner qu'au primaire", c'est à la fois généreux pour préserver la vocation de sa petite soeur qui elle a été choisie, et un tacle à son père, frustré de ne pas être plus qu'un instituteur menant une vie de paysan. Il y a de nombreux moments où je me suis dit, "que c'est fin", et franchement c'est plus si fréquent une telle classe.

Et je parlais de peinture et ça correspond aussi à la mise en scène à l'intensité discrète, qui rompt régulièrement son rythme posé avec des images plus violentes, comme cette séparation des deux mariés, filmée en gros plan, aussitôt après le baiser la tête du mari est subitement tirée vers l'arrière et le plan révèle ensuite qu'il était déjà posé sur l'arrière d'une charrette. Le plan sur la fille en haut de la cascade est puissamment symbolique,
elle qu'on a montrée incapable d'allaiter, semble désormais ouvrir les vannes, de sa tristesse mais aussi, on le verra, de son futur désir de maternité.


J'aime que le film soit à la fois d'une tristesse insondable et rempli de sérénité, avec une attention particulière à la galerie d'enfants. La fin
est touchante à ce titre, même si c'est peut-être la première fois où je me suis dit que la main était un chouïa lourde (avec en plus ce générique berceuse).


Ca ne révolutionne rien, donc, mais c'est sans doute mon premier coup de coeur de cette année.


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MessagePosté: 28 Mar 2025, 16:31 
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Inscription: 30 Déc 2015, 16:00
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Je crois que je pourrai reprendre le texte de Baptiste en prenant son contre pied sur chacune des qualités qu'il a trouvé à ce lourd pensum. J'aime bien la référence à Une vie caché auquel Art Core le compare, parce que ça vient justement appuyer l'un des défauts principaux que je trouve au film. On est en 1942, il y a des déserteurs qui ont fuit l'armée italienne... mais dans la pratique le film se passerait en 1932 ou 1952 ce serait exactement la même chose. Le dater au milieu de la seconde guerre mondiale n'est qu'un prétexte scénaristique pour la présence d'individus exogènes, mais par ailleurs n'a aucune incidence sur le film. Tout le reste est à l'encan, un univers sous bulle, totalement imperméable à ce qui lui est extérieur. Pour ma part le film m'a fait penser à deux autres films, dès l'ouverture avec toute la famille endormie Y'aura t'il de la neige à Noël? (Vermiglio partage d'ailleurs grandement son dolorisme), mais surtout L'Âme sœur, bien plus d'ailleurs qu'à L'Arbre aux sabots que j'ai vu ici et là cité (à tort), le film d'Olmi traitant justement en profondeur des rapports de pouvoir et de servitude, alors qu'ici c'est un monde en vase clos où il ne semble pas y avoir une seule figure de pouvoir à l'horizon.

Pour en revenir au film de Fredi Murer, qui est géographiquement proche, celui-ci entend également se focaliser sur une seule famille au grès des saisons, et tout ce qui en fait sa richesse c'est le naturel qui s'en dégage, la monotonie des activités pastorales, la beauté des paysages captés à la volée, la douceur du temps qui s'écoule. Tout l'inverse de ce qu'est Vermiglio, un cinéma totalement fabriqué, en toc, aseptisé, pur produit pour festivalier, qui élude tout ce qui ferait le propre de la vie dans ces montagnes pour se concentrer sur sa vision saint-sulpicienne et lourdement compassée de l'existence. Le film n'est ainsi qu'une litanie doloriste de ce que serait la condition des femmes dans ces alpages, sans autres horizons, sans une seule note d'espoir, mais qui dans le même temps prend grand soin de protéger son spectateur de tout ce qui pourrait être abrasif. On est donc saoulé par la beauté exceptionnelle de la montagne enneigée dans des plans soigneusement composé à cet effet, avec une photo d'une qualité parfaite, un ensemble que je porte clairement au discrédit du film. De la même manière lorsque l'ainée des filles va accoucher, la caméra reste en-dehors de la grange à contempler les paysages, exemplaire mise à distance du spectateur qu'il ne faudrait pas choquer (et concrètement, puisque ça se voudrait subtil, le résultat en est l'exact inverse). Franchement à un moment j'aurai voulu pouvoir retourner l'écran pour que la neige tombe sur ses paysages comme dans une boule à neige, le niveau d'authenticité y est parfaitement comparable.


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MessagePosté: 28 Mar 2025, 19:09 
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Antichrist
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Meurs !

Et bien sûr le film est inspiré de la propre histoire de la famille de la réalisatrice.


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MessagePosté: 28 Mar 2025, 19:13 
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La mauvaise foi est totale, l'accouchement est bien montré, mais tu voulais voir le bébé en gros plan? Que ça se passe pendant la Seconde guerre mondiale est tout à fait nécessaire au film puisque la présence de soldats fournit le point de départ et d'arrivée au film, et les errements de la Poste dans ces années-là sont responsables du retard fatal des lettres. Pas une seule figure de pouvoir? L'instituteur en est une, au-dessus de lui il n'y a personne matériellement dans le village mais l'on sent bien le poids de la société de laquelle il se tient à l'écart, et dont il reproduit les injonctions et les schémas tout en étant condamné à n'écouter qu'un ou deux disques en guise d'élévation spirituelle.

Quant au reproche que c'est beau, ou que c'est tamisé, ça me paraît rater le fait que c'est être authentique puisque cela reproduit la lumière de ce type de village d'où la famille de Delpero est originaire. Et ça a un lien direct avec la chape au-dessus de la tête des personnages.


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MessagePosté: 28 Mar 2025, 21:12 
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Team Lohmann, même s'il y va à coups de piolet. Tout est trop doux, trop poli, trop bien repassé dans ce film - malgré l'âpreté des réalités évoquées.
Lohmann a écrit:
c'est un monde en vase clos où il ne semble pas y avoir une seule figure de pouvoir à l'horizon.
C'est que le contexte de la guerre joue bien un rôle alors: il manque effectivement la génération des pères et des fils, partis au front. Mais c'est sans doute le sujet du film : que font ceux qui restent quand la figure d'autorité traditionnelle s'absente. Que doivent faire les veuves: partir, continuer comme avant? A qui reviennent le lit et la chambre de l'aînée, quand elle les délaisse? Pourquoi respecter les interdits de l'Eglise, quand c'est la guerre et que Dieu n'est plus ici? Le scénario est plutôt fin, observant ce qui bouge à tel endroit, ce qui reste immobile à tel autre. Mais bon, le film épouse sagement le rythme de cette tectonique de traditions, qui bouge à la même vitesse que les montagnes du coin. On peut perdre patience.


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MessagePosté: 29 Mar 2025, 13:51 
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C’est bien moins son rythme que son dolorisme enluminé qui m’a rapidement fait perdre patience.


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MessagePosté: 29 Mar 2025, 18:58 
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Inscription: 20 Fév 2008, 19:19
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Localisation: Ile-de-France
Je comprends pas comment tu peux y voir du dolorisme dans la mesure où le personnage qui pourrait rentrer dans cette définition le fait de manière tellement exagérée, en se flagellant, que ça en devient grotesque. Il me semble que le film est bien plus dans la description d'une mécanique que dans un moralisme.


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