après
eat the night, deuxième film de mon double programme "archipellisation culturelle française".
cette fois-ci donc, un film sans un centime d'argent public, qui n'a pas eu droit à une ligne dans telerama - et pour cause il n'a pas été montré à la presse.
il va également flopper sa race à son échelle mais finira quand même pas être vu par 2 ou 3 millions de personnes quand ça passera à la télé.
et comme l'autre, bien représentatif de son courant.
c'est donc un remake (d'un film... russe !!!), avec cette culture du pitch qui a envahi la comédie française : un riche pdg est accablé par son fils fetard qui fait n'importe quoi, et embauche un réalisateur pour monter une mise en scène pour faire croire au mec qu'il a atterri sous louis xiv. donc un peu de
pourris gatés , un reverse
visiteurs, un peu
the village /
antebellum, dans l'absolu je vois pourquoi on pense que c'est une bonne idée mais un bon pitch ne fait pas une bonne histoire, et il n'y a pas grand chose à en fait à part dérouler tout ça selon un savoir-faire programmatique certain mais dénué de surprises d’intérêt ou d'âme.
il y a ce showbiz parallèle, des gens pas prestigieux qui n'ont pas de contrats avec des marques de luxe et d'articles dans la presse mais qui gagnent très bien leur vie avec ces trucs. kad merad - j'imagine que clavier a refusé - qui enchaine toujours autant mais en ne faisant plus une entrée, qui joue à peine, acte de présence fantomatique. cornillac, ce n'est sûrement pas ce qu'il esperait il y a 15 ans mais il a accepté son sort et donne tout dans un numéo comique pas hilarant et pas maitrisé mais qui a le mérite d'essayer quelque chose. lionel abelansky en quasi figu, ça lui fait un cachet et son agent a négocié un "avec la participation de". et les transfuges de classe : christian hecq, seule lueur d'espoir dans ces 2 france qui ne se parlent plus et ne se comprennent plus, il n'en a pas besoin financièrement, ça n'est pas chic mais il le fait et de bonne grâce, il est dynamique et fonctionne bien. un sociétaire de la comédie française dans cette merde ça m'a bizarrement réconforté. et isabelle carré, équivalante de sylvie testud dans
cocorico, les filles qui esperaient être isabelle huppert, qui auraient pu, puis finalement non et elles sont désormais des "cautions" dans ces trucs.
c'est aussi caractéristique dans la forme, téléfilmesque et pépère à un degré assez fou. sans aller jusqu'à comparer à jean-marie poiré, on peut aller dans les films recommandés par jerome lachasse pour voir que la comédie française, même nulle, eut une énergie particulière, une folie même parfois. là c'est vraiment planplan, ça pue le fric, une équipe où vraiment personne n'en a rien à foutre, des caméras posées on fait son petit numéro mollement cantine et fin de la journée. l'impression que c'est la même équipe qui passe d'un film à un autre tant la photo est la même et ce balek général est similaire. c'est sûrement reflechi - le public de ça est désormais sénior et il ne faut pas les brusquer, c'est strictement un téléfilm qui sort au cinéma pour justifier le gros budget mais dans l'absolu faut que ça se glisse dans les formats téléfilms - mais ça reste assez affolant ce que c'est formellement moche et mou.
et ça n'est par ailleurs spectaculairement pas drôle, (et 1h50 on nage en plein délire) mais genre vraiment pas drôle du tout, mais cette sortie poubelle me fait penser que même dans le monde parallèle où tout le monde gagne des sommes insensées en faisant ce truc ils s'en sont rendus compte.
le seul truc marrant c'était que c'était friqué mais pas de fou non plus, du coup plein de trucs coutaient absurdement chers et tout le monde était bien nourri, mais on sentait qu'ils étaient shorts sur certains aspects qui du coup font vraiment cheaps.
puis j'ai pensé à alexandre charlot et franck marnier, qui ont commencé aux guignols, se sont transformés en scénaristes vedettes qui ont vraiment du être des it guys à un moment, qui sont devenus réalisateurs comme suite logique, et qui désormais font ces merdes absolues, il avaient fait une série-poubelle pour amazon aussi. mine de rien ce partenariat créatif est touchant, ensemble dans la hype et dans la fange, bros for life.
voilà voilà.