Karloff a écrit:
On va quand même laisser la justice passer non ? Toujours du mal avec ce ton de tribunal populaire. Je précise que je ne connais pas particulièrement Thomas Lilti, je l'ai interviewé deux fois, je l'ai croisé le double, on a échangé sur Facebook.
Mais je me souviens aussi que Mediapart a détruit la vie et la carrière d'un de mes amis en forçant le trait à outrance et que ce dernier a eu beau gagner devant les prud'hommes, sa réputation a été ternie à jamais pour des faits mineurs, grossis à loisir, en dehors de tout contradictoire.
Fort de son totem d'immunité depuis l'affaire Cahuzac, qui a tout de même démarré par des "écoutes illégales", Mediapart n'a que faire de la cible de ses articles ; il faut le vivre pour croire à la façon dont ils les traitent, surtout en matière judiciaire :
L'avocat ou le client reçoit une liste de questions très orientées, avec parfois des éléments de l'enquête auxquels ledit avocat ou client n'a même pas accès, et sollicitent une réponse sous 24 heures, faute de quoi, ils publient "Machin n'a pas répondu à nos questions".
Pour éviter cela, et que l'article soit vraiment un grand n'importe quoi, l'avocat appelle le journaliste en "off". Je ne raconterai qu'une anecdote à ce sujet :
" A : non ce n'est pas cela, la décision du xx/xx/XXXX ne dit absolument pas cela (NB : cela lui a déjà été expliqué deux ou trois fois)
J : Ben si, et d'ailleurs votre client (...)
A : non, comme je vous l'ai déjà dit (...) et ce n'est pas un délit
J : pouvez-vous m'envoyer ladite décision ?
A : non, impossible, secret professionnel
J : mais comment je peux vérifier ?
A : monsieur, mon confrère Me X a été condamné pour violation du secret professionnel pour exactement ce motif, la transmission à un tiers d'un arrêt de la chambre de l'instruction et ce, à la suite d'un de vos articles
J : non, mais là, ce n'est pas pareil"