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À 18h30, je sors du métro Charles de Gaulle-Étoile sur les Champs-Élysées et, en me dirigeant vers la rue Troyon où se trouve le Club de l'Étoile, je constate la présence de flics absolument partout mais aussi de beaucoup de badauds qui regardent vers l'Arc de Triomphe.
Un peu plus tard, quand The Xcapist arrive avec son fils, il m'apprend que la station Charles de Gaulle-Étoile est carrément en cours d'évacuation. Impossible de trouver une info sur ce qui se passe.
Peu importe, l'événement le plus important ce soir-là, c'était la projection imminente précédée de l'enregistrement du podcast.
Il y avait 25 personnes au final, presque moitié moins que pour la séance de The Rock au même endroit il y a près de trois ans (mais deux spectateurs de cette séance étaient là hier). J'ai, comme d'ha, commencé par ma question préférée : combien de personnes voyaient le film pour la première fois? 4 ou 5 mains se sont levées. Puis combien de personnes ne l'avaient pas vu depuis très longtemps et presque toutes les autres mains se sont levées.
Quand je pensais que le podcast aurait lieu après le film, j'avais prévu une introduction préparant le public à appréhender le film de la meilleure manière possible, évoquant comme Michael Bay lui-même le décrit comme une comédie, mais en ayant l'opportunité de discuter pendant une quarantaine de minutes de l'œuvre et du cinéaste, en prenant soin de ne rien spoiler bien évidemment, je pense que je me suis encore mieux acquitté de cette tâche.
Le projectionniste avait prévenu les spectateurs que, ayant reçu la bobine la veille seulement, il n'avait pas eu le temps de la vérifier et quand je lui ai demandé en privé quel était l'indicateur du niveau de qualité, il m'a dit qu'il y avait tellement de stickers sur la boîte que l'information était indisponible. Ca allait donc être full surprise.
Il lance le film et le glorieux logo Gaumont Buena Vista International de notre jeunesse apparaît...mais sans le son. Naïvement, je laisse couler, me disant que cela ne concerne peut-être que le logo du distributeur. Mais les logos des maisons de production - Touchstone, 1492 et Bruckheimer - sont également muets. Le premier plan confirme qu'il y a un problème. Je cours dans la cabine pour prévenir le projectionniste qui lui-même sortait pour le constater.
Horrible sensation de dilatation du temps où chaque seconde paraît durer des heures et durant lesquelles le pauvre s'échine à répéter tout son processus pour vérifier ce qui merde, ce qui manque, retraçant chaque étape une à une...et ne trouvant pas la solution. Je suis déjà en train de m'imaginer le pire : l'annulation pure et simple de la séance, l'impossibilité de la reprogrammer de si tôt (vu comme les emplois du temps de la salle ET de l'organisateur du podcast sont surchargés). Vraiment la lose totale.
Et soudain, il résout l'énigme. Le son revient. Je demande s'il est possible de remettre le film au début. "Ah nan, c'est du 35mm, une fois que c'est lancé, on peut plus." J'étais DEG.
Je retourne dans la salle et Xcapist s'est levé pour dire que c'est beaucoup trop fort. Je retourne en avertir le projectionniste qui baisse le volume et c'est bon.
Il manquait donc le son sur les premières minutes du film : la voix off d'intro de Charlton Heston sur fond d'astéroïde percutant la Terre qui s'embrase, la pluie de micro-météores sur la navette Atlantis et le début de la scène du vieux Carl détectant "Dottie" avec son téléscope.
Relou.
Mais, pour compenser, la copie était NICKEL.
Et le public très réceptif, riant régulièrement et avec le film. Ca riait même à certaines blagues beauf (faut dire que certains spectateurs avaient le profil même si sur les 25 il y avait 7 meufs). Je sais pas si d'autres ont eu les larmes mais sur moi, ça marche toujours.
Ce qui m'a le plus surpris, c'est comme le film est passé comme une comète. Vraiment, un incroyable rythme, je ne l'avais jamais vécu comme ça.
Applaudissements à la fin, j'étais refait.
En sortant, le public traînait dans le hall pour discuter. Je n'ai pas pu parler à tout le monde mais de ce que j'ai recueilli, ceux qui ne l'avaient pas vu depuis longtemps étaient surpris de voir comme le film était encore efficace, comme les SFX tenaient encore bien la route, ceux qui ne l'avaient jamais vu ont kiffé. Un vrai plaisir.
Plus tôt dans la soirée, à 18h09, un Français né en 1978 prénommé Brahim B. s'est présenté devant un véhicule de la gendarmerie de la Garde Républicaine qui se trouvait sur le terre-plein central de l'Arc de Triomphe.
Il a alors déclaré à une gendarme qu'il ne s'en prenait pas aux femmes. Il s'est dirigé ensuite vers un gendarme assis sur le siège passager avant et a tenté de le poignarder à deux reprises. Le gendarme a réussi à l'esquiver et son collègue a fait usage de son arme de service à quatre reprises, le touchant à trois reprises. Deux impacts ont été relevés au niveau de l'abdomen de l'assaillant et un impact au niveau de la jambe.
Sur le suspect, les policiers ont retrouvé un couteau et une paire de ciseaux.
Hospitalisé avec un pronostic vital engagé à l'hôpital européen Georges Pompidou, l'assaillant est décédé à 20h45.
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