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Choc des idéologies : l’un se bat pour le peuple, l’autre prospère par le contrôle. Autrefois, ils ont ébranlé le passé. Des années plus tard, la peur silencieuse d’un enfant ravive le conflit, ramenant un ancien officier de police dans un combat bien plus grand qu’une simple vengeance personnelle.
Vijay (de son nom complet Joseph Vijay Chandrasekaran) est une superstar dans le Tamil Nadu (région du sud de l'Inde). Acteur emblématique, charismatique et adulé notamment par les femmes et les jeunes, chacun de ses films est un événement médiatique qui remplit les cinémas partout où des tamouls sont présents.
En 2025, Vijay a annoncé mettre un terme à sa carrière cinématographique pour se consacrer à la politique, souhaitant se présenter aux élections locales du Tamil Nabu et défier le pouvoir en place.
C'est dans ce contexte qu'est annoncé son dernier film, qui devait initialement sortir un peu avant les élections (en janvier 2026 donc), mais qui a été repoussé suite à des demandes de dernières minutes et autorisations non accordées du bureau de contrôle local. Il n'est finalement sorti qu'en juillet 2026, après les élections (qui ont malgré tout été remportées par le parti de Vijay d'ailleurs).
C'est donc à la fois un film hommage à la carrière de Vijay, un film politique abordant les thématiques chères à l'acteur, un film de propagande pour son parti, et enfin (et surtout ?) un film entièrement voué au culte de la personnalité de Vijay.
Sur la partie hommage donc, on y trouve des références à ses films les plus connus. Les principales chansons du film sont illustrées par des danses reprenant parmi ses danses les plus célèbres. On croise des caméos de réalisateurs de ses films passés avec qui il a aimé collaborer.
Sur la partie politique, un des aspects réussi du film, certains sujets encore sensibles en Inde sont abordés. Notamment la place des femmes et leur émancipation souhaitée, sa fille adoptive étant poussée à refuser le mariage précoce pour se consacrer d'abord à son indépendance. Sont abordés aussi la lutte contre la drogue, contre la corruption aussi bien des forces de l'ordre que des politiques. Dans une scène pédagogique, Vijay explique à des enfants les limites que les adultes ne devraient jamais franchir avec eux et les met en garde contre les attouchements et violences sexuelles. Et enfin sont dénoncés les violences entre religions et castes. Ces messages transpirent dans le film et font plaisir à voir dans un film à aussi gros enjeu.
Là où je commence à tiquer, c'est sur la propagande absolument pas cachée liée au parti de Vijay. Les initiales de son personnage sont celles de son parti (TVK), là où le nom de l'organisation des méchants paraphrase le nom du parti politique au pouvoir. L'appel au vote est matraqué tout le long du film. Pas de réel programme, plutôt une dénonciation des problèmes - c'est un début - mais pour les solutions on attendra de voir.
Et comme je le disais, culte de la personnalité à tous les étages. C'est courant dans les films de Vijay, mais ça devient gênant dans ce contexte ou politique et fiction s'emmêlent. Les chansons nous rappellent que son nom est synonyme de démocratie, qu'il est le héros du peuple et qu'il est la solution à tous les problèmes (non non j'exagère pas). Aucune faille, aucune remise en question, aucun moment de faiblesse, il est l'homme parfait et inébranlable.
S'ajoutent à cela quelques relents un peu racistes entre vision caricaturale de l'Afrique, affiliation des méchants aux britanniques sans qu'on ne comprenne trop pourquoi, et un détour obligé par les terroristes pakistanais. Bref le film ne s'adresse qu'à son électorat et souhaite le brosser dans le sens du poil.
D'un point de vue cinématographique, c'est très moyen. Des CGI (faits par IA ?) assez médiocres, des combats sans suspens, des plans surtout fonctionnels. Restent quelques beaux décors, des scènes impressionnantes avec de nombreux figurants, et une musique de qualité.
Bref, si vous n'êtes pas tamoul ou fan de Vijay, vous pouvez passer votre chemin.
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