Il fait anormalement chaud sur les plages des Landes et Marouane, 17 ans, passe sa dernière journée au camping avec une angoisse : le corps qu’il a enseveli la veille sur la plage va-t-il apparaitre au grand jour ? Marouane se demande par ailleurs s’il n’est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia.
J'ai eu un peu peur au début de retomber dans le schéma irritant dans le cinéma français de ces dernières années qui consiste à centrer tout son film sur un ado mec, passif et mutique, un truc qui m'a énervé à plusieurs reprises récemment (par exemple dans Chien de la casse ou Le règne animal). Un peu peur aussi que Demoustier veuille filmer ses corps adolescents sous le soleil à la Kechiche, avec la certitude que ça ne pourra jamais être aussi bien.
Finalement il passe plutôt bien entre ces gouttes je trouve, le film a son identité propre, idem pour son personnage principal que j'ai un peu par miracle réussit à aimer malgré sa lâcheté apparente. Je pense que la plus grosse qualité du film est de bien jongler entre drame, humour et parenthèses sentimentales qui sont dosées avec justesse et offrent des moments d'oubli bien senties au milieu du calvaire traumatique que l'on peut imaginer dans le cerveau du héros. Au final c'est souvent à l'excellent A l'abordage auquel j'ai pensé, que je trouve un peu supérieur au Demoustier, même si beaucoup plus léger.
A l'abordage, "un peu supérieur" au Demoustier ? Nan mais Mickey on joue pas dans la même cour là
Franchement, La Chaleur me semble non seulement sans intérêt mais en plus difficile à endurer sur une heure et demie tellement tout est raté: scénario, écriture des dialogues (d'une platitude inouïe), caractérisation des personnages, direction d'acteurs, mise en scène... Tout est un hommage immense et indirect au travail d'un Guillaume Brac ou bien sûr d'un Kechiche, parce qu'on voit que c'est pas si facile de donner dans ce naturalisme. Ici tous les ingrédients sont là en surface, mais rien ne fonctionne.
Je ne sais même pas par quoi commencer, alors je vais parler du protagoniste: c'est quoi cet ectoplasme mutique et sans aucun début de charme ? Mais avec lequel plusieurs filles flirtent bien sûr rien à voir avec Amine dans Mektoub qui avait un charme et une gentillesse apparents. Marouane n'est pas juste torturé ou ténébreux, il n'affiche juste rien si ce n'est toujours la même expression d'abattement, et ça ne fait pas un film. On a clairement envie de le secouer une bonne fois.
Je vais lister quelques trucs, petits ou non, qui sont juste totalement bidons, mais si j'avais le film sous les yeux je pourrais en relever plusieurs par scène:
- la scène de l'accident avec un gars costaud qui juste parce qu'il tire trop fort sur la sacoche bascule en arrière au point de franchir la balustrade - son cadavre avec la position bizarre du mollet à la perpendiculaire de la cuisse pour "faire mort" parce que c'est vrai qu'on a du mal à y croire à cette scène - la victime est fan de l'OM donc on parsème le récit d'objets de supporters mais comme tout ce que fait le film c'est pas fin, le type a littéralement une coque OM, une serviette OM, une casquette OM, etc - le personnage de Marouane à la fois totalement transparent et caractérisé comme timide mais qui semble quand même très intégré à tout un groupe de jeune qui régulièrement recherche sa compagnie - il n'y a aucun fil directeur ni même de motifs dans la mise en scène, par exemple le blockaus du lieu du crime est sans cesse filmé sous un nouvel angle ce qui n'a aucun sens pour le récit, ou alors ce plan qui se focalise soudain avec intensité sur la gendarme quand elle interroge Marouane alors que ses réactions à elles n'ont d'autre intérêt que platement professionnel (étrange actrice d'ailleurs). D'une manière générale la mise en scène peine à figurer la dualité sensualité/morbide qu'on devine être au centre du projet - la famille doit partir après le déjeuner puis le soir puis le lendemain alors qu'on sait bien que dans ces campings l'été, le samedi ça tourne et une autre famille détient l'emplacement... - les gendarmes s'intéressent spécifiquement à Marouane, pourquoi ? Il ne connaît quasiment pas la victime et il n'y a pas de témoin de leur discussion le soir du crime. Il y a une scène où un ado est interrogé de manière légère à l'extérieur et ensUite il désigne Marouane et celui-ci est contraint de suivre les gendarmes au poste... - les scènes de fête sonnent quasi toutes fausses, notamment celle sur la fin à la plage, on dirait un clip - la famille de Marouane est absolument pas crédible, leur caractérisation est à la fois floue et triviale, les parents sont de très très très mauvais acteurs - ce besoin bête et symptomatique de la balourdise du film de mettre en voix-off la conclusion alors qu'on avait compris que "la chose importante oubliée" c'est que Marouane allait enfin creuser l'abcès...
Bref, selon l'expression en vogue, "y a rien qui va".
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