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MessagePosté: 23 Juin 2014, 22:17 
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aka Ball of fire

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Huit savants travaillent sous la direction du professeur Potts depuis de longues années afin de publier une nouvelle encyclopédie. Potts étudie surtout l'argot et pour parfaire ses connaissances, fait appel à une chanteuse de cabaret, Linda, qui voit là une occasion revée d'échapper à la police qui la soupçonne de complicité avec un dangereux gangster. Mais son arrivée à la fondation va sérieusement perturber la vie paisible des chercheurs. Potts tombe même amoureux de son sujet d'études...(Premiere.fr)

Rencontre entre Hawks et Wilder scénariste, autour d'un un canevas devenu très classique (le "poisson hors de l'eau" qui se réfugie dans une planque improbable, soit une comédie toute enrobée d'un prétexte de polar parodique), mais qui fonctionne à fond ici, grâce à une Barbara Stanwyck qui rend le cash du titre du film pas si ridicule... Gary Cooper reste toujours aussi raide comme un piquet et n'est pas avantagé par son rôle, mais heureusement il est entouré d'une bonne troupe de seconds rôles en savants allumés, transformant régulièrement tout ça en gros film de groupe et pure cour de récrée. Il y a d'ailleurs une comparaison amusante avec Blanche-neige et les sept nains...

Au départ il y a cette très bonne idée du grammairien qui veut étudier un argot en permanence dépassé et s'en va dégotter des personnalités du quotidien, limite on aurait pu tenir quelque chose de plutôt original juste là dessus, d'autant que ça ne prive pas de l'excellente entrée en matière de l'héroïne. Mais les gangsters sont rapidement la solution pour se garantir un rythme échevelé et pas seulement une comédie se basant sur les mots (dommages?), avant que celà ne finisse en grosse course au mariage... Reste que Hawks et Wilder se tirent très bien de tous leurs passages obligés : chant attablé et nostalgique, découvertes des subterfurges sur l'identité de chacun, les savants qui passent à l'action à leur façon...

On laisse allègrement le film dérouler son papier à musique, même s'il comporte quand même son lot de scènes décalées (le "boogie des allumettes", le premier baiser, le faux père au téléphone...) et de petites astuces permanentes, comme ce microscope qui brûle lentement la corde d'un tableau pendant toute une séquence... Enfin bon, même des choses très basiques comme le n°9 d'une porte devenant soudainement un numéro 6 parviennent ici à trouver un certain tranchant... Du bon Feel Good donc (et pourtant je ne suis pas fan de toutes les comédies de ces deux réals).

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MessagePosté: 24 Juin 2014, 07:21 
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Mr Chow a écrit:
(et pourtant je ne suis pas fan de toutes les comédies de ces deux réals).

Non plus, pour l'instant (à part l'incroyable La Dame du vendredi), mais là tu donnes bien envie, et le pitch est génial. Vais essayer de le mater dans le mois.


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MessagePosté: 24 Juin 2014, 13:46 
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Assez d'accord avec ce qui a été dit, je suis peut-être un peu moins enthousiaste que Mr Chow. Pas assez de mordant pour en faire une vraie bonne comédie mais bon ca se regarde sans mal et c’est même plutôt sympathique. Je trouve qu’il y a des longueurs surtout la fin ! Les gags rament un peu pour nous tenir tout le long du film. Et puis si on se raccroche à l’histoire, on peut être un peu déçu (je suis un peu mauvaise, le scénar de Wilder est bien écrit) mais l’opposition intello/spontanéité des gens simples et puis la violence des mafieux qui n’ont aucun sentiment… mouais mouais.

Pas le meilleur Hawks c’est certain mais effectivement après une journée de boulot on passe un bon moment. Et puis il y a du monde à l’affiche.


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MessagePosté: 24 Juin 2014, 14:41 
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Disons que même si ce n'est pas toujours harmonieux dans la construction, j'accroche plus à celui-là qu'à Mr Bébé ou à Chérie je me sens rajeunir... puis le scénario me semble même moins poussif que celui de Ninotchka par exemple (autre scénar Brackett - Wilder).



Dernière édition par Mr Chow le 24 Juin 2014, 14:54, édité 1 fois.

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MessagePosté: 24 Juin 2014, 14:46 
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karenina a écrit:
mais l’opposition intello/spontanéité des gens simples et puis la violence des mafieux qui n’ont aucun sentiment… mouais mouais.


Et encore le groupe de savant dépasse largement ce côté intello dés le départ, c'est vrai que Cooper est chargé du côté raide, mais il est quand même vite dépassé par la situation, et le film ne théorise pas... Miss O'Shea a bien ses raisons d'être séduite. Sinon les mafieux y sont limites plus débiles que violent aussi...


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MessagePosté: 24 Juin 2014, 15:54 
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Je suis d’accord. C’est surement une de ces comédies les mieux écrites, mais il y a un côté pantouflard qui me fait bailler. Perso, je préfère largement L’impossible Mr bébé, c’est quand même bien plus rythmé. Bon après, il faut avouer que ses comédies me laissent généralement assez froide. Je préfère largement le Hawks de Rio bravo, Seuls les Anges ont des Ailes ou La Captive aux Yeux clairs.

Mr Chow a écrit:
Sinon les mafieux y sont limites plus débiles que violent aussi...

Oui c’est vrai, ca reste toujours très gentillet. Mais bon, dans mon souvenir, ils étaient pas très subtils quand même…


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MessagePosté: 07 Juil 2014, 22:23 
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Je vous rejoins sur le côté agréable mais pantouflard, et notamment sur ça :
Mr Chow a écrit:
pas seulement une comédie se basant sur les mots (dommages?)

... parce soudain il semble évident que le film a raté là un gros coche offert sur un plateau.

Le pitch reste génial, peut-être trop fort et marqué, même : à peine la situation posée qu’on peut en déduire à l'avance tous les gags attendus. Comme toujours chez Hawks, l’incarnation de la scène est extrêmement vivante, inventive, la manière dont elle se déroule semble découler naturellement de l’énergie du jeu de chacun des acteurs. Il y a une vraie fusion de tous les éléments en présence, quoi. Et même ramené à sa simple succession de gags, le film vaut donc largement la vision, quand bien même il ne se prive pas de foncer tête baissée dans l'humour le plus facile (vieux devenant gaga devant la belle, encyclopédies vivantes troublées par le contact avec la vie réelle, infantilisation des vieux et maternalisme de la nouvelle venue…)

Le film ébauche deux pistes, au-delà de celle suggérée par Chow, qui auraient pu lui permettre de déplacer le simple enfilage de gags sur un canevas très attendu de je-te-manipule-mais-en-fait-je-t’aime. Le premier, c’est celui du conte : l’ombre de Blanche-neige plane sur un scénario qui n'en explore pas les implications, mais parfois l’angoisse revient roder. Quand les vieux se font communauté épuisée (la chanson), quand le souvenir du deuil s’invite, ou quand l’image de sept vieillards perchés autour d’une jeune femme qu’ils tentent d’embrasser devient un peu trop lubrique, l'ensemble retrouve une petite profondeur…

La deuxième piste, c’est celle d’une alliance de gens qui n’ont rien à voir entre eux : les badauds pêchés dans la rue, l’éboueur de passage, les intellectuels reclus dans leur fort, leur matrone réactionnaire, la fille de joie… Autour de l’étude de la langue qui fait le prétexte de l’histoire, le film est aussi ce lieu de l’alliance vieux-jeunes, riches-pauvres, intellos-praticiens, dans le but final de faire en sorte que cette histoire d’amour improbable fonctionne. Ne courant à travers le film qu’assez timidement, cette voie ne dépasse au final pas le stade de la bonne camaraderie usuelle chez Hawks, loupant le grand film de réconciliation (ou du moins de choc) social qui semble en projet sur le papier.

Drôle, bien mené, bien joué, mais un peu en mode automatique, donc, et laissant un sentiment amer d’inexploité.


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