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MessagePosté: 14 Oct 2026, 23:58 
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Au large de la côte californienne, Jay Gardiner part à la recherche de la dépouille de son père récemment disparu. Alors qu’il sonde les fonds marins, le jeune plongeur se retrouve soudainement avalé par un énorme cachalot. Piégé dans l’estomac de l’animal, il ne lui reste plus qu’une heure d'oxygène.

Ce pitch improbable me fait bander depuis que j'ai entendu parler du best-seller et il n'était pas étonnant de voir quelqu'un comme Duffield s'y atteler, promettant un film de genre fun et malin. Les deux mecs à côté de moi ont commenté presque tout le film avant que je les calme, avec des "putain..." audibles de spectateurs consternés par ce qu'ils voyaient et, honnêtement, ça peut se comprendre tant le film est globalement dans le saut de foi constant. I mean, un huis-clos dans une baleine? Pour ma part, c'était You sonuvabitch, I'm in.

Le principal code du survival est de voir comment le protagoniste va réussir à s'en sortir armé uniquement de sa jugeote et des moyens du bord mais ces moyens du bord appellent autant à l'ingéniosité de la part du héros que de la suspension d'incrédulité de la part du spectateur. Fonzy jumped the shark so that Duffield could fall a whale. C'est globalement abusé tout le long...et pourtant, j'ai marché.

Sans doute parce que l'écriture assume à 200% son high concept ubuesque et que la mise en scène assure que l'expérience soit la plus immersive possible. Implantée en moi durant l'enfance par les Les Dents de la mer, la peur de l'eau et plus précisément de l'inconnu marin, de cet infiniment grand duquel les pires cauchemars peuvent surgir, plus réels que tous les croque-mitaines tapis dans le noir, est parfaitement exploitée durant le premier acte. La caméra de Duffield sonde cette profondeur de champ brumeuse en laissant la terreur s'installer et finalement apparaître avec une vitesse et une ampleur plus effrayantes que n'importe quel jumpscare. Quand le jeune plongeur nage pour sa vie, t'es avec lui, tu vois l'inéluctable arriver, tu sais où ça va mais tu peux pas t'empêcher de l'encourager mentalement pour qu'il s'en sorte putain, tu t'identifies, tu sens l'étau se resserrer, le découpage attisant bien la claustrophobie comme il faut.

C'est pourquoi on pourra regretter cette structure en flashbacks illustrant le rapport conflictuel du protagoniste avec son père, escamotant l'unité de temps pour de la caractérisation cliché qui tombe même dans un certain systématisme quand les souvenirs viennent inévitablement servir de rappels à ce que le héros doit faire. On est dans Slumdog Millionaire ou quoi? On pense régulièrement à Seul au monde, qui semble directement cité, ainsi qu'à Gravity, et tous deux faisaient preuve d'une remarquable épure narrative, même quand il était question de backstory et de trauma. Par ailleurs, après No One Will Save You et son parti-pris de film quasi-muet, il est étonnant de voir Duffield avoir autant recours à la verbalisation de sa dramaturgie, d'autant plus superflue qu'elle se fait de plus en plus grossière, notamment dans un troisième acte qui rend évidente l'analogie jusqu'à présent plus "subtile".

Le genre est particulièrement propice aux allégories et le parallèle entre le véritable chemin de croix que vit le personnage, allant de torture en torture dans le ventre de la bête comme autant de cercles de l'Enfer (superbe sound design communicatif bien douloureux), et l'apprentissage à la dure imposé par son père incarne ce postulat de série B, accouchant même d'un propos pertinent et original dans son ambivalence vis-à-vis de la figure paternelle, dont on ne peut nier les leçons tout en devant s'extirper de son emprise.
Et le pardon n'est possible que parce que le fils se fantasme un père mieux intentionné que celui qu'il a réellement connu.


Dommage que le bavardage entame quelque peu l'émotion mais sinon j'ai trouvé ça franchement cool et même beau et puissant par moments.

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MessagePosté: 15 Oct 2026, 08:58 
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Ah je me demandais justement si ça allait assumer 90mn dans le ventre de la bête. Du coup il y a des flashbacks donc intérêt très très réduit.

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MessagePosté: 16 Oct 2026, 08:51 
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J'ai découvert le pitch lorsque la bande-annonce est sortie mais je ne l'ai évidemment pas regardée. J'ai même réussi à me préserver de la moindre image hormis les deux (......) affiches et n'ai découvert la présence de Brolin et Shue au cast qu'en allant regarder les horaires sur le site du ciné.

Bref j'étais chaud bouillant de ce high concept qui s'annonçait inédit et glaçant. Et dès le début je n'ai pas été déçu par le filmage réaliste des scènes de famille, la spontanéité de la smala, et le caractère éminemment attachant d'Austin Abrams que je ne connnaissais pas.

Que le héros soit endeuillé a bien évidemment fait rouler mes yeux jusqu'au fond de mon occiput mais lorsque j'ai compris que le film allait réellement traiter ce sujet par le menu et pas juste en faire un vague élément de caractérisation je l'ai accepté. Concernant tout cet arc de daddy issues, je l'ai trouvé sans doute un peu trop envahissant comme dit Film Freak, trop de choses sont dites et verbalisées. Mais Duffield et Kraus parviennent à nous glisser quelques fulgurances dont ce
"You are my remains"
qui m'a juste crucifié émotionnellement.

J'ai adoré aussi le cadre Pacific Northwest rugueux, qui fait pas rêver, la côte dure et sauvage, et le filmage en dur des premières scènes de plongée. Je venais tout juste de visionner DEEP WATER (critique à venir) et j'avais l'impression qu'on me lavait les yeux, c'était comme renaître. Voir de la vraie plongée, du vrai tournage dans des conditions chiantes, exaltant.

Lorsqu'on "rentre" dans le pitch le film se fait évidemment plus grotesque et appelle à des sauts de foi innombrables (le plus important de tous étant bien sûr la question de la lumière) mais je me suis régalé du tournage claustro et étouffant.

Les décrochages poétiques du dernier acte étaient sans doute un peu surlignés mais ils fournissent de belles images qui m'ont transporté.

Non vraiment je suis séduit par le film, très heureux de l'avoir vu en salles. Art Core laisse-toi tenter.

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Liam Engle: réalisateur et scénariste
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MessagePosté: 16 Oct 2026, 09:09 
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Qui-Gon Jinn a écrit:
Art Core laisse-toi tenter.

Genre Art Core n’ira pas voir un survival singulier.


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MessagePosté: 16 Oct 2026, 09:13 
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lol, ouais c'est prévu, une aprem Naza/Whalefall le genre de grand écart que j'affectionne :o.

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 16 Oct 2026, 09:15 
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Cette réplique est folle en effet et dans un film moins grossier, elle m'aurait autant réduit aux larmes que le "Because my daddy told me so" d'Interstellar.

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MessagePosté: 16 Oct 2026, 09:16 
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Art Core a écrit:
lol, ouais c'est prévu, une aprem Naza/Whalefall le genre de grand écart que j'affectionne :o.

Cachalom.

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MessagePosté: 16 Oct 2026, 09:20 
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Film Freak a écrit:
Cette réplique est folle en effet et dans un film moins grossier, elle m'aurait autant réduit aux larmes que le "Because my daddy told me so" d'Interstellar.

Je préfère le crâne spongieux.


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