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MessagePosté: 23 Mai 2026, 15:35 
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Alors qu’une étrange brume engloutit une métropole futuriste et libère une présence mortelle insaisissable, une jeune femme troublée part à la recherche de son père. Au cours de cette quête, son destin croise celui d’un GI américain engagé dans un voyage désespéré pour arracher sa fille de l’Enfer.

J'attendais avec curiosité le retour du cinéaste dans les salles 10 ans après son dernier long métrage et suivant deux mini-séries qui semblaient radicaliser les parti-pris les plus éprouvants de ses films post-accès à la notoriété (la première m'était tombée des yeux après deux épisodes, ce qui ne m'a pas encouragé à tenter la deuxième). Je dis ça mais je ne vais pas m'épuiser à commenter la posture du personnage NWR, tel qu'il se signe désormais, et son image mégalomane soigneusement cultivée, mais il est évident que l'artiste continue de creuser ce même sillon moins accessible.

J'entrais dans la salle sincèrement prêt à m'ériger en opposition à la quasi-unanimité négative cannoise et pendant près de 20 minutes, même si tout ce qui pouvait déplaire était évident (encore ces putains de dialogues débitées au ralenti), j'étais plutôt séduit par les choix esthétiques les plus outranciers et les obsessions thématiques chères à l'auteur.

Her Private Hell, c'est un peu Blanche-Neige qui vivrait dans le Gotham City de Joel Schumacher et qui tournerait un simili-remake de La Planète des vampires (Refn exorcisant son remake avorté de Barbarella?) avec sa Méchante Belle-mère qu'elle désire néanmoins avant de croiser le chemin d'un tueur de giallo qui ressemble à une version strass et cuir du monstre de La Forteresse noire qu'elle fantasme peut-être.

Hé, dit comme ça, moi j'achète hein.

Pour la musique, le réalisateur est parti débaucher nul autre que Pino Donaggio, qui n'avait rien fait depuis 7 ans mais signe une BO digne des grands jours, et son style rime immédiatement avec emphase et distance. Il y a un romantisme au too much assumé chez Donaggio et donc dans ce film, sans doute le plus ouvertement et délibérément "ridicule" de Refn (faut voir la scène où les meufs imitent des chiens, pardon, des loups). J'étais par conséquent prêt à accepter les VFX voyants de film fait à la maison façon Seth Ickerman ainsi que l'imagerie de pub pour parfum sublimant toutes ces actrices aux personnages à peine plus caractérisées que des poupées.

On n'est plus avec des mannequins mais avec une actrice ayant le même prénom que l'actrice de son précédent film, Elle (qui peut sans doute se lire également comme un diminutif d'Electre au vu du complexe qui l'anime) donc la dimension métafilmique est ostensible - il est même encore question de couper les mains d'un personnage comme geste cathartique - avant même l'extrait kistchissime du film dans le film qui se distingue à peine de la réalité, au même titre que sa trame criminelle ou celle, parallèle, suivant le GI à la recherche de sa fille. Après tout, tout ceci est "l'enfer personnel" du protagoniste (comme dans tous les Refn).

C'est donc un beau bordel psychosexuel mais si tous ces motifs sont plutôt stimulants sur le papier, ils sont perdus dans une narration trop inutilement éclatée, au sens propre comme au sens figuré - les séquences de pastiche du cinéma d'action et de gangsters asiatique m'ont lassé - pour que la mayonnaise semi-absconse prenne ou que son grand guignol résonne en dehors de quelques fulgurances fétichistes qui rappellent le cinéma d'Hélène Cattet et Bruno Forzani en plus esthétisant.

Son prochain est un remake de Maniac Cop *emoji mec qui hausse les épaules*

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MessagePosté: 23 Mai 2026, 16:33 
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Antichrist
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Une souffrance. J'adore son cinéma, là c'est... d'une laideur aussi bien graphique que morale.

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MessagePosté: 26 Mai 2026, 13:39 
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Ce qui m'a plus marqué que le film : voir un vrai sosie de Nicolas Winding Refn à quatorze ans assis à côté de Film Freak et moi, il y avait quelque chose de prémonitoire avant ce film porté sur les daddy issues.


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MessagePosté: 01 Oct 2026, 14:34 
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Je surnote peut-être un peu car le film a des moments de creux mais personnellement j'ai adoré la proposition. Refn décide de faire un film intégralement factice où plus un décor, un coin de rue ou la vue d'une fenêtre ne soit totalement fabriqué en studio (ou fonds verts). Où plus rien n'est réductible à une quelconque réalité (l'image presque hilarante de ce tournage où il n'a littéralement personne d'autre que les trois actrices). Une façon clairement égocentrique (les 5 Nicolas Winding Refn à la suite lors du générique final, le troll originel) de nous faire plonger dans sa psyché et dans ses obsessions de la manière la plus pure. On monte dans le train ou pas. De mon côté, j'aime beaucoup son travail, donc je m'y suis totalement retrouvé. Il prolonge d'une certaine manière ce qu'il avait entrepris avec sa série Netflix (que quasiment personne n'a vu), la superbe Copenhagen Cowboy, qui déjà se soustrayait peu à peu de la réalité pour une espèce de conte pervers et violent aux accents mythologiques.

Alors ce n'est pas ce que je préfère de lui, ce n'est pas Drive, ni même Only God Forgives (où l'on retrouve cette image, d'un homme dont on coupe les bras) et encore moins The Neon Demon, probablement son chef-d'œuvre, cependant c'est un film singulier dans ce corpus, qui a sa propre voix, son propre univers, sa propre mythologie et qui me séduit totalement. C'est d'autant plus surprenant pour moi que le film ressemble de loin au rêve humide d'un adolescent avec sa cohorte de jolies filles et sa violence brute. Mais je trouve que le film par son côté refermé sur lui-même touche à quelque chose de vraiment intime, d'obsessionnel et qui dépasse la facticité de l'emballage pour arriver à quelque chose de sincèrement émouvant dans la mise à nu de soi-même. Et surpris aussi parce que le film aurait pu facilement sombrer dans une certaine misogynie. ou du moins une objectification féminine d'un autre temps mais je trouve qu'il y échappe totalement et que paradoxalement, le personnage qui sera le plus sexualisé est Charles Melton, beau comme un dieu.

Alors si on peut se gausser d'un film intégralement construit autour des daddy issues (après les mommy issues d'Only God Forgives) avec ce "daddy" crié au moment de mourir, je trouve aussi que ça participe d'un film très personnel sur l'insécurité d'un père (NWR a deux filles). Et que dire de la partition de Pino Donaggio ? Elle élève le film en permanence et lui apporte une touche de classicisme (elle m'a souvent rappelé du John Williams) qui contrebalance son écrin expérimental. Non vraiment plus j'y pense et plus j'aime le film et j'avoue assez mal comprendre sa réception catastrophique. Qu'on m'explique pourquoi on porte aux nues les Cattet/Forzani et pas Her Private Hell qui partage pour moi un même geste post moderne ?

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MessagePosté: 01 Oct 2026, 15:19 
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La Cattet/Forzani est pas chiant déjà. Il n'est jamais lourd là où le Refn pèse trois tonnes.

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MessagePosté: 01 Oct 2026, 15:50 
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J'arrête pas de lire que Her private hell est chiant mais je me suis pas ennuyé une minute comme quoi.

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MessagePosté: 01 Oct 2026, 16:43 
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Inscription: 25 Nov 2005, 00:46
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Oui, c'est évidemment subjectif mais c'est malheureusement le critère insurmontable et universel pour tout film.

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MessagePosté: 01 Oct 2026, 18:32 
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Antichrist
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Art Core n'a rien dit.

Je trouve tout le film incroyablement dévitalisé, les acteurs jouent horriblement mal.


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