Amziah King est un apiculteur de l'Oklahoma. Lorsqu'il retrouve Kateri, dont il avait été la famille d'accueil il y a quelques années, il la prend sous son aile.Tourné en 3 semaines en 2016 pour 700 000$, passé par le festival Slamdance en 2019 et finalement distribué par Amazon en 2020,
The Vast of Night s'était avéré un petit phénomène et il aura fallu 5 ans à Andrew Patterson pour accoucher de son deuxième long métrage.
N'ayant pas été conquis comme tant d'autres par son premier film et ne trouvant la bande-annonce de celui, vendant un film de gangsters rural, pas foncièrement excitante, je ne savais pas trop comment l'appréhender. J'étais même particulièrement méfiant en voyant dans la première scène débarquer ces musiciens, roulant déjà des yeux face à l'ambiance bluegrass qui se préparait à s'enjailler.
Puis McConaughey arrive et se met à chanter et j'étais
à donf.
La musique adoucit les mœurs, dira-t-on, mais c'est davantage l'esprit de communauté que capte une fois de plus Patterson, dans une atmosphère radicalement différente ceci dit, qui séduit. Ce premier interlude musical donne immédiatement lieu à un élément déclencheur que l'on croit être celui du film mais qui s'avère surtout celui du premier segment, déroulé presque en temps réel, le cinéaste parvenant encore ici à travailler la durée pour traduire une authenticité immersive, présentant habilement les lieux, la situation, les personnages, la communauté donc, mais aussi l'humour même dans les pires moments.
L'accroche est improbable - on est dans le milieu des apiculteurs qui jouent de temps en temps du banjo - et pourtant
c'est du miel. Dans un premier temps, il y a la particularité de ce domaine qui apporte une certaine dose d'originalité, puis il y a la caractérisation, avec un McConaughey charismatique au possible et qui n'avait sans doute pas été aussi beau depuis longtemps. Et dans un second temps...
il n'y a rien. Rien qui ressemble à une intrigue. On n'est même pas dans de la chronique de la vie d'un apiculteur de l'Oklahoma, on est plutôt dans une sorte de
hang out movie qui nous accueille comme Amziah King accueille la protagoniste dans sa bienveillante famille d'adoption. J'avais commencé la séance métaphoriquement les bras croisés et j'ai été désarmé par cette plongée communicative
as fuck dans un univers a priori pas pour moi sur le papier.
Les scènes se suivent et "l'histoire" ne démarre jamais, Patterson étirant l'exposition du premier acte chargée de nous attacher aux personnages sur toute la première heure (!) mais par conséquent, t'es pas simplement attaché aux personnages, t'es
fucking IN LOVE. Franchement, il m'avait complètement, ça aurait pu durer trois heures tant c'est que du bonheur.
A ce stade, je ne savais plus à quoi m'attendre et lorsqu'arrive la césure à mi-parcours et que le scénario bascule dans quelque chose de beaucoup plus
plot-driven, j'étais déçu que le récit se fasse plus conventionnel. Les personnages ont désormais un objectif et du coup, la suite des événements se fait moins surprenante, plus attendue, mais a l'intelligence de continuer à exploiter la spécificité de ce microcosme, de cette topographie, pour se distinguer du film de gangsters classique, et continue à incarner dans l'action son propos sur la communauté, dont les colonies d'abeilles sont une évidente allégorie, sur le travail collectif et l'entraide.
Si la deuxième moitié n'atteint jamais les sommets de l'impeccable première heure, ça reste un très joli film.