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Trois jours avant le Débarquement, le météorologue James Stagg rejoint l'équipe en charge de conseiller le général Eisenhower sur la météo du Jour J.
Sacrés anglais. Il n'y a que pour nous faire une pièce, apparemment excellente, sur les météorologues du Débarquement. Le sujet est en or (et le titre tue) et je suis sûr que ça devait faire un truc génial à voir au West End avant de manger dans un bon indien. J'avais lu une oral history du Débarquement avec un chapitre dédié uniquement au pronostic météo donc le film m'intéressait grave.
Je comprend que le sujet puisse paraître abscons donc j'ai l'impression que les auteurs (celui de la pièce et le réal qui adapte avec lui) ont eu peur de faire chier leur monde. Par conséquent, ils ont eu la mauvaise idée de forcer les conflits. Le héros joué par Andrew Scott se retrouve à s'écharper avec un expert américain campé par Chris Messina. Alors que des désaccords il y en ait eu c'est sûr, mais ici les mecs sont vraiment des gamins. Surtout que je n'aurais pas été contre davantage de minutia, que le film vienne nous expliquer précisément des débats sur tel ou tel point météo. Au lieu de ça ça se cantonne à Messina qui se cache derrière des patterns du passé et Andrew Scott qui dit que la météo sous ces latitudes peut vite changer.
Surtout que les personnages secondaires ne sont pas en reste. On se retrouve avec un général Montgomery incarné par Damian Lewis (marrant de voir qu'après avoir joué un grunt dans BAND OF BROTHERS maintenant il est monté en grade) qui semble totalement aux fraises et oblivious à la moindre logique. De toute façon le film qui, c'est normal, cherche à vulgariser pour parler au grand public, glisse parfois dans la sur-simplification: genre Eisenhower qui découvre l'existence des Rupert, les faux parachutistes, trois jours avant le Débarquement ? Soyons sérieux.
En fait je pense que j'aurais préféré un film davantage d'équipe, un esprit plus APOLLO 13, plutôt que ces séquences de conflit parfois forcées.
Mais paradoxalement, je trouve que le film dramatise insuffisamment d'autres passages. Ainsi, j'avais lu la description du moment précis où Eisenhower a décidé le go or no-go du 6 juin et ça s'est fait après un loooong moment de silence où il s'est retiré dans un coin du bureau pour réfléchir. Alors que là il lâche le truc spontanément devant tout le monde sans montée en puissance.
Eisenhower parlons-en. A la vue des photos je me disais que Brendan Fraser avait l'air woefully miscast dans le rôle, mais je pensais quand même qu'en tant qu'acteur américain il allait nous faire une belle petite transformation. Rien de tout ça. D'une part il ne ressemble pas au vrai (oui je suis team Bebête Show) mais surtout j'ai l'impression qu'Eisenhower avait un centre de gravité plus bas, qu'il était une force tranquille. Ici Fraser nous la joue à la Patton, gueulard, c'est insupportable et grotesque. Il y a une scène où il balance un annuaire contre un bureau pour faire taire tout le monde, on se croirait presque dans SNL.
Heureusement Andrew Scott est bien mieux. Dans un rôle mal-aimable (le mec est clairement caractérisé en connard péteux) il fait des merveilles et apporte une vraie finesse. Dommage que les auteurs l'aient affublé d'une backstory familiale plaquée de fou et qui n'a rien à faire là.
Qui aime bien châtie bien car j'avais quand même vachement envie d'aimer et certains points ont déplu au nerd en moi. Après la base reste solide, le film se laisse regarder sans problème et Anthony Maras, qui monte aussi, nous glisse une petite fulgurance expressionniste lorsque Andrew Scott découvre le premier bulletin météo. Bref, bon sujet, narration rythmée et prenante, personnage principal cool mais qui se fait tirer par le bas par des conflits par trop exagérés au nom de la séduction du grand public.
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