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Amérique du Nord (3) Archangel de Guy Maddin Film de jeunesse de Guy Maddin, #Archangel possède un certain charme cinéphile, variation de Vertigo en mode cinéma muet impressionniste des années 30, mais sa durée excessive finit par lasser. Je m'y suis pris à trois fois pour le finir, pour être honnête. Pour les fétichistes. 2/6
Medicine for Melancholy de Barry Jenkins Premier film de Barry Jenkins et déjà le charme est là : les acteurs sont formidables, le tempo indie-rock est parfait, cela dit des choses pertinentes sur la gentrification et le fait d'être un homme noir dans une ville "blanche". Une comédie romantique façon Before Sunrise. 4/6
Rock Academy de Richard Linklater #rockacademy devrait être un classique des films de Noël : acteur génial, bande son de feu, propos sur une éducation alternative appuyé juste comme il faut et bien sûr cet amour pour les personnages de gentil loser comme les affectionne Linklater. (oui je ne l'avais jamais vu). 4/6
France (4) L'Anabase de May et Fusako Shigenobu, Masao Adachi et 27 années sans images d’Eric Baudelaire Doc fascinant d'Eric Baudelaire, #lanabase suit deux figures de l'extrême-gauche japonaise, May, la fille de la terroriste Fusako Shigenobu et le scénariste Masao Adachi qui racontent leur vie clandestine au Liban, l'épuisement des luttes, en adoptant la théorie du paysage. 5/6
Une chambre en ville de Jacques Demy Pas très client de Jacques Demy, surtout car la musique de Michel Legrand tient (pour moi) de la punition auditive : du coup, comme ici la musique est de Michel Colombier ça passe mieux. J'ai trouvé ça charmant, ringard par moment (hum Piccoli) mais aussi unique dans son style théâtral. Et Dominique Sanda oulala. 4/6
Boléro d’Anne Fontaine J'aime beaucoup Raphaël Personnaz et il est parfait dans ce biopic romancé de Maurice Ravel, qui se concentre principalement sur la création du célèbre #Bolero - il aurait même dû s'arrêter à la première représentation. Dommage que la mise en scène soit si académique alors que la musique de Maurice Ravel est révolutionnaire. 3/6
S'en fout la mort de Claire Denis Film méconnu de Claire Denis, #senfoutlamort suit Isaac De Bankoolé et Alex Descas dans le monde clandestin des combats de coq. Comme souvent chez elle, l’atmosphère vaut plus que le récit, la caméra d’Agnès Godard colle aux personnages et le rythme épouse l’ivresse mélancolique. Beau film. 5/6
Europe (5) Rescue Dawn de Werner Herzog (Allemagne) Film méconnu de maître Herzog, avec pourtant Christian Bale. Une histoire vraie XXL sur un aviateur allemand de l'US Air Force qui se crashe au Laos. Survival dans la jungle, film de prison... Herzog revisite les genres avec classicisme et de sacrés acteurs. L'épilogue est bien curieux (et ironique). 4/6
Lemmings de Michael Haneke (Autriche) Téléfilm de jeunesse de Michael Haneke qui déjà annonçait ses grands thèmes à venir, de la bourgeoise qui se dérègle sous le poids des non-dits à l'étouffement du désir et de la jeunesse qui mène à la perversion et des pulsions de mort. La maîtrise manque mais le geste était déjà radical. La première partie préfigure le Ruban Blanc, la seconde est d'une noirceur hanekienne. C'est blafard à souhait, cinglant aussi. 4/6
Saint Maud de Rose Glass (Angleterre) Sa réputation de petit bijou n'était pas usurpée. Si Saint Maud met un peu de temps à dérouler son programme horrifique, la qualité de son interprétation et le travail très moderne sur le son hissent facilement le film vers le très haut du panier. La fin m'a brûlé la rétine. 4/6
La Reconquista de Jonas Trueba (Espagne) Premier film "pro" de Jonas Trueba et l'on retrouve déjà beaucoup de ce qui fera le charme des films suivants : l'approche documentaire, les chansons comme fils narratifs et émotionnels, la saudade des adolescents romantiques devenus des adultes nostalgiques. 4/6
Ginger et Rosa de Sally Potter (Angleterre) Je l'ai principalement vu pour Elle Fanning, actrice que j'apprécie beaucoup. Elle est bluffante ici, dans le rôle d'une jeune fille trahie par sa meilleure amie. Le film peine un peu à décoller mais la réalisatrice Sally Potter capte bien la fièvre de l'adolescence. 3/6
Les Habitants d’Alex van Warmerdam (Pays-Bas) Film culte d'Alex Van Warmerdam (Borgman), #leshabitants est assurément son meilleur, mix très personnel entre les vignettes de Roy Andersson et Todd Solondz (qui a dû le voir plusieurs fois). C'est malaisant, un peu long mais original et brillant. 5/6
5 septembre de Tim Fehlbaum (Allemagne) Film au dispositif proche de La Voix de Hind Rajab avec les mêmes défauts - en moins appuyés - que sont l'absence de contexte et le côté surjoué de certaines réactions (mais les acteurs sont meilleurs). J'ai trouvé l'angle intéressant mais aussi un peu anecdotique. Mais le discours sur le lien entre les médias de masse et la notion de direct et le terrorisme est pertinent et hélas contemporain. 3/6
Asie (5) Full River End de Zhang Yimou (Chine) La première heure est séduisante, l'intrigue rebondit sur les murs de la cité médiévale et le mélange des genres surprend - en bien. Mais les nombreux rebondissements finissent par lasser, surtout qu'une petite chanson patriotique se met en route... jusqu'au final digne d'un film de propagande. 2/6
A Hero Never Dies de Johnny To (Hong Kong) Scénario confus, jeu des acteurs approximatifs, moments WTF proche du nanar... et pourtant j'ai aimé. C'est tellement premier degré, western wonton qui rend hommage au genre, avec des fusillades XXL, une amitié dure comme le roc et cette zik morriconnesque improbable. C'est comme une vieille bouteille, ça pique un peu mais le plaisir est de la partager. 3/6
Hong Kong 1941 de Leon Po-ching (Chine) Jules et Jim dans le Hong Kong de l'occupation japonaise. Rien de bien original, me direz-vous, avec une vision très chinoise des évènements même si le film montre bien la collaboration avec l'ennemi. Mais le film vaut pour son trio - Chow Yun-fat, Alex Man et la charmante Cecilia Yip. Belle copie restaurée chez Carlotta Films. 4/6
Nightmare detective de Shinya Tsukamoto (Japon) Pas très fan de ce Tsukamoto-là que je trouve à la fois extrêmement confus sur le plan narratif et assez pauvre sur le plan visuel, recyclant les effets de ses films les plus cultes. Et puis les acteurs ne sont pas très expressifs, il faut le reconnaitre. Je sauve quand même quelques visions horrifiques. 2/6
Cute Girl de Hou Hsiao-hsien (Taïwan) Premier film de HHH, #cutegirl est une bluette assez inconséquente, même si j'aime bien la première partie à la campagne. La mise en scène est fonctionnelle, loin de ses futurs chefs d'oeuvre et très colorée - je veux les mêmes hauts stylés que l'héroïne. 2/6
Australie (1) Le Gang Kelly de Justin Kurzel (Australie) Impressionnant #legangkelly de Justin Kurzel, resté inédit en France, sombre biopic consacré au Robin des bois australiens. Rien n'est laissé hors-champ mais c'est justement cette noirceur qui colle à la pellicule. McKay est surprenant, Hunnam et surtout Hoult des méchants XXL. 4/6
et donc le palmarès (pas la meilleure sélection hum)
Tigre d'or : S'en fout la mort de Claire Denis Le dernier film vu... et bien il m'en reste déjà quelque chose donc une scène fabuleuse de dressage d'un coq.
Tigre d'argent : l'Anabase de May et Fusako d'Eric Baudelaire Vive les docs.
Tigre de bronze : les Habitants d'Alex Van Warmerdam J'ai hésité à le mettre plus haut...
Prix de la mise en scène : Justin Kurzel (le Gang Kelly) L'Australien sait mettre en scène.
Prix du scénario : Jonas Trueba (La Reconquista) et Barry Jenkins (Medecine for Melancoly) Deux histoires d'amour contrarié. C'est un signe.
Prix de l'acteur : Jack Black (Rock Academy) Il est génial.
Prix de l'actrice : Morfydd Clark (Saint Maud) Super performance dans un film hyper stylé.
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