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MessagePosté: 04 Oct 2013, 17:03 
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Successful superfucker
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Dans les années 1970, une enseignante pour sourds, célibataire et sage en apparence, s'aventure chaque nuit dans les quartiers chauds en quête d'expériences sexuelles débridées et sans lendemain avec toutes sortes de marginaux.

Sans la prestation osée de Diane Keaton qui tournât ce drame psychologique érotique qu'on peut limite considérer comme un Cruising au féminin (avec sans doute l'aide d'un body double pour les scènes de fesse) avant d'obtenir la consécration avec les Woody Allen, le trouble ne serait pas de mise dans ce film aux relents schumacheriens, mais qu'il convient de resituer dans l'époque de la fin des années 70. La porosité entre son existence d'institutrice dévouée pour sourds et ses nuits à errer dans les bars pour ramener des fuckbuddies (dont un Richard Gere en jockstrap qui va vite s'avérer envahissant) dans son tripot envahi par les cafards, fascine un temps, mais Mister Goodbar se fait rattraper par une moralisation rampante. Le sort réservé au personnage homosexuel rappelle par exemple qu'on se situe dans une époque où cela était considéré comme une maladie mentale. Pas mal d'effets ont mal vieilli, comme ces scènes fantasmées qui s'imbriquent mal dans l'ensemble, et parasite le discours sur l'émancipation sexuelle. Un dénouement stroboscopique choquant qui tranche avec le tout-venant des drames américains, glaçant au premier abord, dévalue néanmoins le film dans un sordide punitif un brin décevant.
3/6


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MessagePosté: 05 Oct 2013, 11:40 
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SPOILERS

Un film assez foisonnant thématiquement, passionnant dans sa prise de pouls d'une époque, d'une pensée, de l'air du temps (la mise en scène elle-même en porte quelques stigmates, j'ai tour à tour pensé à Schlesinger, Friedkin...).
J'ai trouvé le portrait de cette femme délicat, nuancé et habile (transcendé par l'interprétation au-dessus de tout de Diane Keaton) tout comme l'est la confrontation a priori périlleuse d'une pensée libertaire, mais sans cadre ni horizon, à une autre conservatrice et asphyxiante.
Ainsi la déchéance, imprégnée d'une violence latente mais bien palpable, s'achève-t-elle sur une scène choc, tétanisante et dénuée d'épilogue réconfortant. Pour autant, je ne l'ai pas reçue comme un pavé moralisateur tant Brooks semble de bout en bout marquer une certaine distance vis à vis d'un quelconque esprit revendicatif, se concentrant sur la déroute au premier degré d'une femme moralement forte mais affaiblie par sa solitude (I'm not lonely, I'm alone) et l'absence de repères.
Car l'objectif de Thérésa n'est jamais autrement défini qu'en réaction... à une norme, à un passif douloureux, à ses échecs, à une pensée archaïque marquée comme un modèle à rejeter à tout prix, quitte à basculer d'un extrême à un autre.

4,5/6


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MessagePosté: 29 Juin 2026, 11:08 
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Très longtemps qu'un film ne m'avais pas perturbé comme ça. Pas perturbé dans le sens choqué mais tout simplement parce que je ne sais pas du tout quoi en penser. On est face à un film qui représente pendant 1h45, le parfait manifeste de la libération sexuelle des années 70. Tout y est, une jeune femme qui fait ce qu'elle veut, qui n'est ni une épouse, ni une mère, qui vit seule, qui va au bar, qui a plusieurs amants, qui se drogue, qui regarde même du porno... C'est plutôt joyeux, les personnages sont hauts en couleur (Richard Gere dans son rôle où pour une fois on a pas l'impression qu'il un balai dans le cul), Diane Keaton est superbe, pétillante, forte et fragile à la fois. Le film est dans une forme de chronique qui là encore, en phase avec son sujet, représente aussi une forme de libération du scénario qui ne reste plus enfermé dans les carcans d'un récit avec un début, un milieu, une fin.

Puis vient cette fin, totalement inattendue, qui sombre très brutalement dans une violence tragique et sauvage. Comme si dans un dernier mouvement le film venait littéralement annihiler tout ce qu'il avait construit jusqu'alors et dans un geste profondément réactionnaire et moralisateur vient punir ce personnage de jeune femme libre qui fait ce qu'elle veut en nous disant "voilà ce qui arrive quand on fait pas attention". J'ai trouvé ça proprement dégueulasse et incompréhensible. D'autant que pour rajouter à l'ignominie, le tueur est gay ou se fait passer pour gay ce qui trouble encore plus la scène.

Dans tous les cas, ça m'a totalement gâché l'expérience. Alors que jusque là je trouvais le film super frais, très réaliste (les mecs sont des connards, des stalkers mais ça ne va pas jusqu'à l'agression), très touchant (ce métier de Diane Keaton, professeure de langage des signes, son rapport à une petite fille...), la casting est assez marrant (Richard Gere donc, William Atherton et Tom Berenger qui joue le tueur fou) mais pourquoi cette fin, pourquoi punir ce personnage de cette façon là ? Qu'a-t-elle fait pour mériter ça ? Quel dommage parce que pendant 1h45 c'est vraiment un excellent film et sans doute le plus beau rôle de Diane Keaton.

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 29 Juin 2026, 13:08 
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Robot in Disguise
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Purée le contraste entre le titre et le pitch du film...

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Liam Engle: réalisateur et scénariste
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MessagePosté: 29 Juin 2026, 13:19 
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Un peu comme tous. la fin m'avait gêné aussi non pas sa représentation mais avec son arrière goût moralisateur.

Cependant, le meilleur rôle de Dane Keaton vu jusqu'ici.


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MessagePosté: 29 Juin 2026, 13:29 
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Qui-Gon Jinn a écrit:
Purée le contraste entre le titre et le pitch du film...


A la recherche de mister good barre.
Hum...

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FEAR NOTHING

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MessagePosté: 29 Juin 2026, 13:33 
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Titre d'ailleurs dont je cherche la signification.

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 29 Juin 2026, 14:10 
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Qui-Gon Jinn a écrit:
Purée le contraste entre le titre et le pitch du film...
Art Core a écrit:
Titre d'ailleurs dont je cherche la signification.
Fire walk with me a écrit:
A la recherche de mister good barre.
Hum...
Moi j'ai toujours interprété ça comme ça au premier degré (en ne connaissant justement du film que son titre et son pitch).

How's that for a quote, bitch?

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MessagePosté: 29 Juin 2026, 14:16 
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Robot in Disguise
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Film Freak a écrit:
How's that for a quote, bitch?
:mrgreen:

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Liam Engle: réalisateur et scénariste
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