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Un poncif qui a disparu : le personnage central, moralement ambivalent (conscient et honteux de sa déchance morale ou de son échec, mais néanmoins capable d'attirer la compassion et demeurant toujours stratège et rationnel) qui se prend une blessure au départ anodine, mais qui s'infecte, et qui mène malgré tout lors d'un long dernier acte à bien sa "mission" ou sa fuite, synchro avec son agonie, avant de mourir avec le film, souvent en conduisant une voiture.
Omniprésent dans le film noir classique : Ace in the Hole, Double indemnity d'un certain côté mais en flashback (décidément motif prégnant du Billy Wilder sombre - de plus dans les deux films la blessure est infligée par la femme fatale à la fois complice et victime, éliminée) , Rififi chez les Hommes, Asphalt Jungle, l'Insoumis de Cavalier (déjà avec un côté post-moderne et méta), plus tard King of New York de Ferrara (mais Walken, est passager d'un taxi et non plus conducteur, signe qu'il s'agit aussi d'une révision méta et posthume d'un genre). Si mes souvenirs sont bons le Petit Bleu de la Côte Ouest de Manchette finit aussi comme cela, donc il doit aussi y avoir des trucs avec Delon, (en plus de l'Insoumis, et sans doute aussi chez Melville)
Je me demande s'il ya des exemples avant le Wilder et après le Ferrara, et des déclinaisons au féminin (il y en a une assez belle chez Dassin dans 10:30 P.M. Summer, avec Duras à l'écriture, Dassin aime bien ce genre de fin d'ailleurs, cf Naked City, peut-être un peu Femmes, Femmes de Vecchialli, Deprisa Deprisa de Saura un peu aussi dans la mesure où la fille prend un peu le relais après la mort du mec et devient semi-volontairement le cerveau foid de l'histoire), ou des détournements comiques ? Rien chez Hitchcock ?
_________________ je croyais que dans leur monde bouclé par le sadisme, eux-mêmes vivaient en parfaite sécurité
Imre Kertész
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