
les films de chabrol, à l'époque, c'était un peu l'usine. il enchainait très rapidement, des films qui se ressemblaient beaucoup, et du coup ça m'a fait rire d'aller relire ce que j'avais écrit sur les autres.
du coup, dans mes petits textes précédents :
sur
les biches :
Citation:
un thriller à l'intrigue de petit roman policier américain de gare, basé sur un élément fort qui est ensuite raconté en mode franco-français, avec un réalisme social et psycholigique, en mode slow-burn.
il se trouve que c'est tiré d'un faits divers, mais sinon la formule est appliquée à la lettre.
sur
la femme infidèle :
Citation:
l'histoire ultra simple et mega basique : un homme soupçonne sa femme de le tromper. point. alors il va un peu enquêter pour confirmer ses soupçons, et il va se passer 1 ou 2 trucs (littéralement) mais il n'y a pas de couche narrative supplémentaire, rien.
ici : un couple adultère. la dame trompe son mari et le monsieur trompe sa femme. ils s'aiment beaucoup et n'aiment pas du tout leurs conjoints.
point.
sur
les biches :
Citation:
ayant vu les trois autres je me doutais bien que la chute était le seul intéret
ce n'est pas le
seul intéret, mais les 10 dernières minutes sont la raison d'être et c'est vraiment un contrat moral avec le réalisateur de regarder patiemment cette histoire banale, où il ne se passe pas grand chose, parce que tu penses que le pay-off vaudra le coup.
sur le
boucher :
Citation:
profondément ancré dans le territoire et dans l'époque, la petite province française de 1969
il y a toujours cet aspect fascinant du fait que ça date que de 50 ans et ça a l'air d'être un autre pays, avec un autre peuple, d'une autre galaxie. mais il y a ici un aspect particulier sur les notables, avec la figure du "député-maire" tout puissant en son fief, respecté et partout chez lui, immense bourgeois, avec ses petites magouilles immobilières pour faire fortune.
sur
la femme infidèle :
Citation:
hélas le film se casse complètement la gueule dans la dernière minute.
sur
le boucher :
Citation:
et c'est là aussi une splendeur visuelle de chaque instant. (...) je pensais tout du long à 1/ tous ces films français visuellement répugnants des années 70, le cassage de gueule a été rapide et brutal c'est dingue et 2/ au balek total de mise en scène de chabrol à la fin, le contraste est dingue parce que là c'est du travail de maître.
bon bah le cassage de gueule a été rapide, 4 ans plus tard on est dans les couleurs affreuses des années 70. le chateau dans lequel ils vivent est filmé pour éviter d'être beau. il cherche la laideur pour illustrer la vie de picolli. les costumes de karl lagerfeld (!) font la blague pour les vêtements de stéphane audran, ça envoie parfois du lourd, mais sinon c'est globalement hideux. et la mise en scène est une caricature de mise en scène française les mains dans les poches, caméra posée à hauteur d'oeil pour filmer ce qu'il se passe devant, quelques symbolismes de temps à autres histoire de se dire qu'on fait du cinéma... d'une pauvreté terrible.
sur
la femme infidèle :
Citation:
stéphane audran, que je ne connaissais pas et qui est magnifique, puissante, subtile, juste, vraiment impressionnante.
c'est encore vrai ici. impressionnante. je ne peux pas m'empêcher de trouver michel picolli un peu miscast sur l'aspect le plus vil - la dame qui tombe instantanément amoureuse de lui en le voyant, à qui on n'a jamais fait l'amour comme ça, qui ne pense qu'à sa bite toute la journée...
vraiment ?, mais c'est compensé par claude piéplu qui régale.
voilà. sinon c'est plutôt un bon film, même si ouvertement mineur, et c'est impressionnant comme, si tout autour à été bouleversé, le cinéma français a à peine bougé. d'un point de vue formel, conceptuel, d'écriture... les mêmes regles s'appliquent aujourd'hui, tu changes vaguement ce qu'il se passe dans le fond pour coller à l'époque et tu peux envoyer le scénario tel quel au cnc et à france tv.