
il y a une différence entre un échec et un fiasco : un fiasco c'est un échec aux proportions
épiques.
ça se respecte donc, comme ce film qui était censé être un événement. c'est adapté d'un roman, qui avait déjà donné naissance à un film qui avait été nommé à meilleur film - puis adapté en musical - et là c'est l'adaptation du musical. produit par ben affleck et matt damon pour offrir un "véhicule" à jennifer lopez - un truc qui serait un poil moins nul que sa cataclysmique filmo de ces 25 dernières années, et qui a donc fini a moins de 2 millions de recettes aux usa (?!) et une sortie technique en france (1 séance par jour au halles en tout et pour tout à paris).
et c'est donc vaguement complètement nul.
deux axes principaux de foirage.
d'abord, tout semble complètement aseptisé. on parle de prisonniers d'une dictature militaire, du désespoir en prison d'un homosexuel marginalisé et d'un révolutionnaire jusqu'au boutiste et c'est tout plat, tout propre, tout poli, inoffensif. il n'y a pas de vérité humaine, de contenu politique, de rage, rien. c'est vraiment tout plat, un ton de série télé random, une poignée de répliques sur les "pédés", un aperçu de torture des prisonniers, mais voilà, quoi. du coup rien n'accroche à un stade où on se demande même un peu où il veut en venir. on devrait parler du bottom 0,1% d'une société ultra dure, du désespoir absolu, de la rencontre entre deux marginaux exclus, de l'horreur et de la manière dont les êtres humains créent tant bien que mal de la beauté et de l'espoir là où il n'y en a pas, there is a crack in everything - that's how the light gets in, et il n'y a : rien de tout ça là-dedans.
et c'est le deuxième problème : l'atrocement nulle mise en scène. visuellement c'est impossible, image et photo numérique totalement random industrielle, vraiment le gueule de tout sans aucune personnalité ni angle, juste horrible. les décors sont pareil, la prison fait atrocement studio reconstitué, les costumes pareils...
et les prisonniers se racontent donc une comédie musicale un peu cheap en technicolor pour s'évader, jouant le contraste. sauf que c'est aussi mauvais dans la reconstitution du film : aucun kitsh, aucun charme, aucune magie, des morceaux de studios... ça joue le contraste mais l'image a la même texture, la même vibe, les mêmes plans pauvres et plats et dégueus. c'est vraiment nul, aucune âme, ça ne créé rien.
le film a donc été construit autour de lopez. il y a 0 doute qu'elle est totalement spectaculaire pour son âge (56 ans !), exactement la même tête qu'il y a 20 ans avec juste une pointe de maturité qui lui va très bien, silhouette ultra fit, danse dynamique comme au premier jour... elle a toujours été un cyborg denué d'âme et d'émotions et ça se confirme - cette fois-ci a son avantage, vraiment elle ne bouge pas, incroyable. mais enfin elle est toujours aussi vide et creuse, sans magie, n'évoque rien, sa danse n'exprime rien à part les répétitions dans un studio à los angeles. il y a une disproportion totalement incroyable entre la qualité de son oeuvre et sa quantité et longevité (la meuf n'arrête pas depuis plus de 30 ans pour faire quasi intégralement de la merde ?) - le fait qu'elle n'a aucun public en soi (des énormes flops en cascade) tout en arrivant a avoir des succès sur netflix ou à las vegas... un mystère, et le film restera sûrement un des rares trucs à regarder de cette A- list éternelle pour voir un peu ce qu'elle faisait - et c'était nul, donc.
sinon beaucoup de sympathie pour diego luna mais il ne marche pas, il a juste l'air trop gentil et trop doux, je ne peux pas croire qu'il a entretenu une seconde un sentiment négatif envers les homosexuels dans sa vie, déso. le deuxième gars est bien. le film est considèrablement trop long (2h08). les chansons sont toutes nulles, vraiment 0 potable, impressionnant. les numéros musicaux sont uber-basic.
un fiasco.