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Ha je n y allais pas pour la scène des clubs (pas mon truc, je m'en fous, souffle le Vent d'Odezenne non plus, même si je devais ressembler au clip en plus vieux) mais pour travailler un peu, à l'époque l'UE finançait des projets d'informatisation des bases de données et le Musées des Sciences Naturelles et le Jardin Botanique (rattaché à ma FUB) étaient en avance technologique. Là j'y été pour la Gemaldegalerie (assez étrange, le Musée date de 1998, mais l'accrochage et l'austérité des salles laissent penser à un bâtiment beaucoup plus ancien, du XIXème, surdimensionné - le Musée est bien sûr très riche, d'ailleurs plutôt sur les primitifs flamands et du Nord de la France que pour la peinture allemande). Mais je me suis senti vraiment oppressé par le poids de la campagne électorale et de l'AFD. On sent aussi que du fait de l'histoire, la ville n' pas d'hinterland et n'est pas si centrale que cela en Allemagne. Autour c'est de la forêt dans un rayon de 200km, c'est ville de fonctionnaires isolés, riche tant que l'Allemagne était puissante économiquement en Pologne et y comptait des fortes minorités (plus industrialisée). Comme je suis maso j'ai été ensuite à Dresde (toujours pour le Musée en but principal, c'edt là qu'il y a la fameuse Madone de Raphaël aux puttis, mais aussi des Vermeer et Rembrandt notables, et d'assez singuliers tablzaix de Poussuins, dont une adoration des Mages et une Venus qui tranchent avec le caractère à la fois hiératique et architectoniques de ses tableaux plus connus). La ville est magnifique (mais donne une impression d'artificialité, un peu comme Nancy, tous les bâtiments baroques ont été cobstruits en peu de temps, comme signe politique, et de prestige, alors même que le poids politique de l'Electorat de Saxe diminuait face à la Prusse), alors qu'elle n'est pas spécialement pauvre, c'est le berceau du parti AFD. Au centre-ville pendant deux jours un vieux type en shorts exhibait un immense drapeau communiste. On voyait que l'idéologie devenait un objet de nostalgie rassurante. Un cadre mort et regretté plutôt qu'une vision. L'an passé VW a fermé une de ses usines les plus emblématiques, qui n'a duré que 25 ans. A oui c'est là que Poutine est resté 10 ans comme responsable local du KGB, qui était en fait aussi une sorte de consul soviétique, chassé en 1989.
Comme je suis très maso, j'ai été à Görlitz, une petite ville près de la frontière polonaise qui n'a pas été touchée par la guerre, et que la léthargie de la période communiste a paradoxalement préservé. La vile est vraiment très belle, un peu similaire a Göttingen , mais on sent quelque-chose de triste, tout à fait opposé au côté bobo de Göttingen. Peu d'activité économique et de vie, population vieillissante. L'AFD y tourne à 40%. Wes Anderson y trouve des décors de carte postale pour ses films chics en pâte à modeler, Grand Budapest Hôtel a recyclé une sorte de Samaritaine Art-Nouveau un peu incongrue dans cette ville, ainsi que l'ex-pridon de la Stasi. Le seul endroit où il y a des jeunes : le McDonalds du centre commercial a l'entrée de la ville. Après l'AFD marche aussi très bien à l'ouest, dans une ville riche comme Paderborn, universitaire, juste à côté de Göttingen, et sociologiquement donc pas foncièrement différente (si ce n'est le moindre prestige de l'Université quu doit atténuer le brassage de jeunes de différentes régions). Ça craint vraiment. On sent aussi que la Russie fait de l'ingluence tant par l'extrême-gauche que par l'extrême droite). Peut-être qu'à l'est elle s'appuie sur la nostalgie de la RDA, la situation économique, le fait que l'immigration doit y être récente, et à l'ouest par un isolationisme politique lié à la guerre en Ukraine et au risque de déclassement économique et technologique face à l'Est. Dans les deux cas le vieillissement de la population la sert et alimente une vision ultra phobique de l'immigration
_________________ je croyais que dans leur monde bouclé par le sadisme, eux-mêmes vivaient en parfaite sécurité
Imre Kertész
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