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Globalement, Confessions intimes est sur "la norme" des comportements/moeurs, tandis que Strip-tease est sur "la marge".
Dans Confessions intimes, le jugement - et donc la moquerie - sont au coeur du dispositif. C'est la foire à bestiaux dégénérés et aux troubles psychologiques qui crèvent les yeux. Le cobaye évolue constamment avec une étiquette (le sous-titre de l'émission - façon thématique Delarue) et condamné à pourrir avec. C'est une lose, une brebis égarée. Le spectateur est là pour se rassurer, et pour apposer une sentence morale de normalisation : il est le miroir magique de la Reine dans Blanche-Neige. Il sait que la pauvre meuf N'EST PAS la plus belle par exemple... C'est le même concept que la télé-réalité, que l'on regarde passer pour se rassurer de faire partie de la majorité conquérante face à ceux qui se prennent pour ceux qu'ils ne sont pas. Et comme pour la télé-réalité, il faut de l'outrance, de la répétition, du cliché, et beaucoup de montage pour emballer tout ça et faire monter la sauce.
Dans Strip-tease, c'est davantage une excursion dans la bizarrerie et les autres façons de vivre la norme. Univers décalés ou méconnus, parfois pourtant à portée de regard : c'est le principe basique façon Cercle des poètes disparus de changer de point de vue pour voir les choses autrement. Le sujet n'est plus cobaye mais évolue plutôt dans un monde alternatif, un univers bis. Et là, plutôt que de créer l'hystérie, on ralentit le temps, on fait durer les silences et on accentue les non-dits. Mis à part la sentence finale de la voix-off (souvent sibylline), on est libre de s'ennuyer ou de se passionner, sans contrainte de jugement. On peut tout aussi bien halluciner, que se fendre la gueule ou avoir le ventre serré. Le format n'écrase pas le sujet dans une boîte, mais du coup ça peut faire encore plus mal.
Perso, rien ne me choque dans cette reprise de Strip-tease, j'ai même trouvé l'épisode dans la moyenne haute.
_________________ I think we're gonna need a helmet.
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