aka Piégé
Pris en flagrant délit de vol, Alvin Sanders se retrouve en prison, dans la même cellule que John Jaster, l'un des deux voleurs de la réserve d'or fédérale de Manhattan. Atteint du coeur, John confie un message codé à Alvin, pour qu'il le remette à sa femme, puis décède d'une crise cardiaque. Convaincue que ce message transmis à Alvin concerne l'endroit où les lingots d'or sont cachés, la police relâche ce dernier et lui implante une puce pour le localiser à tout moment. Alvin, qui pensait faire table rase de son passé de truand et se réconcilier avec sa petite amie, ignore tout du rôle qu'on a décidé de lui faire jouer.Toujours plus loin, toujours plus hauuuut
J'continue les inutiles rétros
Après le déjà pas ouf
Un tueur pour cible et avant de voir sa carrière sauvée par David Ayer et le scénario de
Training Day, Antoine Fuqua sortait ce film (co-écrit par Tony Gilroy) resté inédit en salles en France et pour cause, c'est évidemment pas bien. C'est même probablement le plus mauvais film d'une carrière moyenne. Quant à Jamie Foxx, c'était son premier vrai film en
lead (à ne pas être destiné majoritairement au public afro-américain) mais ça paraît un vestige de sa filmographie
pre-fame (quand il était encore un transfuge du stand-up et de la série à sketches
In Living Color), coincé entre
L'Enfer du Dimanche et
Ali donc sans doute signé avant que ces deux grands films d'auteur montrent sa palette et redéfinissent sa carrière.
Mais c'était clairement la tentative d'en faire le nouveau Will Smith - mais avec le look de K-Mel d'Alliance Ethnik - tant il est évident que cette comédie d'action singe
Bad Boys et
Ennemi d'état, que ce soit dans l'écriture ou la mise en scène, avec son braquage high-tech à imagerie chromée où les voleurs masqués portent des petites lampes de part et d'autres du visage ou sa surveillance gouvernementale avec des employés (dont Jamie Kennedy) qui suivent le héros à son insu derrière leurs écrans. Bruckheimer connaissait déjà Fuqua parce que son clip le plus connu était celui pour
"Gangsta's Paradise", single de leur production
Esprits rebelles, mais on dirait vraiment ici que le réalisateur tourne une bande démo pour auditionner auprès du producteur. Il y a même une scène dans une salle d'interrogatoire qui rappelle
The Rock (avec David Morse d'ailleurs). C'est vraiment la même colorimétrie, les mêmes petits mouvements dynamiques et panos filés, les mêmes gros plans extrêmes. Le petit Tony Scott/Michael Bay illustré mais sans la personnalité. Quelque part, ça a marché, quatre ans plus tard, Bruckheimer débauchera Fuqua pour réaliser
Le Roi Arthur, un projet développé pendant plusieurs années par...Michael Bay.
Mais contrairement à Bay, Fuqua peine terriblement à gérer la tonalité d'un film passant trop de temps sur les galères du personnage, laissant Foxx en roue libre sans que les situations ou les répliques improvisées soient drôles. Il faut attendre 52 minutes avant de renouer avec le postulat à proprement parler et donc avec l'action mais il y a clairement un déficit d'inventivité dans les embûches, les scénaristes ne trouvant rien de mieux que de rajouter de nouveaux personnages annexes pour créer des obstacles artificiels. Si c'était une comédie pure, pourquoi pas? Mais ici, ça ne marche pas. Et quand le dernier acte vire dans le registre le plus sérieux, avec kidnapping de meuf et bébé, il est dur de se sentir investi, d'autant plus que les rares morceaux de bravoure un peu chiches laissent à désirer.
Il y a des films que l'Histoire a injustement oublié. Fuqua et Foxx doivent remercier l'Histoire ici.