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 Sujet du message: Wim Wenders
MessagePosté: 15 Juin 2016, 22:51 
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longs-métrages :

Summer in the City (1970)
L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty (1972)
La Lettre écarlate (1973)
Alice dans les villes (1974)
Faux mouvement (1975)
Au fil du temps (1976)
L'Ami américain (1977)
Nick's Movie (documentaire co-réalisé avec Nicholas Ray, 1980)
Hammett (1982)
L'État des choses (1982)
Paris, Texas (1984)
Docu Drama/I played It for You (documentaire, 1984)
Tokyo-Ga (documentaire, 1985)
Les Ailes du désir (1987)
Carnet de notes sur vêtements et villes (documentaire, 1989)
Jusqu'au bout du monde (1991)
Si loin, si proche ! (1993)
Lisbonne Story (1994)
Par-delà les nuages (prologue, intermissions, epilogue, 1995)
Les Lumière de Berlin (1995)
Lumière et compagnie (documentaire, 1995)
The End of violence (1997)
Willie Nelson at the Teatro (documentaire, 1998)
Buena Vista Social Club (1999)
The Million Dollar Hotel (2000)
Viel passiert - Der BAP-film (2002)
Ten Minutes Older: The Trumpet (segment "Twelve Miles to Trona", 2002)
The Soul of a Man (documentaire, 2003)
Land of plenty (2004)
Don't Come Knocking (2005)
Invisibles (documentaire, segment "Invisible Crimes" 2007)
Chacun son cinéma (segment "War in Peace" 2007)
Rendez-vous à Palerme (2008)
8 (segment "Person to Person" 2008)
Pina (documentaire, 2011)
Mundo Invisível (segment "Ver ou Não,Ver" 2012)
Cathédrales de la culture (documentaire, segment "The Berlin Philharmonic" 2014)
Le Sel de la Terre (documentaire co-réalisé avec Juliano Ribeiro Salgado, 2014)
Every Thing Will Be Fine (2015)

courts-métrages :

Schauplätze (1967)
Same Player Shoots Again (1968)
Victor I. (1968)
Klappenfilm (1968)
Silver City (1969)
Polizeifilm (1969)
Alabama: 2000 Light Years from Home (1969)
Reverse Angle: Ein Brief aus New York (documentaire, 1982)
Arisha, l'ours et l'anneau (1992)
Other Side of the Road (2003)
Il Volo (documentaire, 2010)
If Buildings Could Talk (documentaire, 2010)


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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 15 Juin 2016, 22:58 
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The End of violence (1997)
Souvenir d'un ennui cannois.

The Million Dollar Hotel (2000)
Souvenir d'un gros ennui UGCCinéCitéLesHallois.

Pina (documentaire, 2011)
Très bien celui-ci. Très bon usage de la 3D notamment.

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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 16 Juin 2016, 07:20 
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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 16 Juin 2016, 09:23 
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Les Ailes du désir (1987)

Ennui total, j'ai trouvé ça complètement fumeux. Je me suis arrêté là du coup.

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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 16 Juin 2016, 09:46 
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L'Ami américain (1977)
souvenir d'un film chiant comme la pluie
1,5/6

Paris, Texas (1984)
y'a du mieux mais ce n'est pas la panacée non plus
3,5/6

Tokyo-Ga (documentaire, 1985)
sans grand intérêt, hormis la rencontre avec Chishū Ryū qui évoque sa collaboration avec Ozu
mouaif/6


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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 16 Juin 2016, 10:33 
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Schtroumpf sodomite
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Localisation: Arkham Asylum
Walt a écrit:
Tokyo-Ga (documentaire, 1985)
sans grand intérêt, hormis la rencontre avec Chishū Ryū qui évoque sa collaboration avec Ozu
mouaif/6


Ah oui, je l'ai vu aussi. Pareil que toi.

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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 16 Juin 2016, 10:44 
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Alice dans les villes (1974)
Aucun souvenir.

Au fil du temps (1976)
Souvenir d'une photographie sublime pour un film méga chiant. Je serais curieux de le revoir, à 16 ans cela m'avait semblé sans intérêt.

L'Ami américain (1977)
Chiant.

L'État des choses (1982)
Là par contre, envoutement total, j'ai adoré.

Paris, Texas (1984)
Un de mes films préférés, la première demi-heure est fabuleuse.

Tokyo-Ga (documentaire, 1985)
Vague souvenir de la vision sur Arte. Là aussi, j'étais un peu jeune.

Les Ailes du désir (1987)
Comme Paris, Texas. J'adore, je peux en revoir des bouts régulièrement.

Jusqu'au bout du monde (1991)
Pas vu, mais il y a clairement un avant et un après dans sa carrière. On dirait que ce gros projet l'a tué. Je ne sais plus quel magasine disait assez justement qu'à partir de ce film, Almodovar lui avait ravit la place du cinéaste européen des années 80-90.

Si loin, si proche ! (1993)
Chiant comme la pluie, méga long, prix à Cannes incompréhensible.

Lisbonne Story (1994)
Là par contre, je trouve ça mignon, surtout grâce à la musique. Wenders retrouve un tout petit peu de sa grâce.

Par-delà les nuages (prologue, intermissions, epilogue, 1995)
Aucun intérêt, à part quelques nanas à poils.

Don't Come Knocking (2005)
Vendu comme un Paris, Texas bis. Film absolument vide, à la photographie clinquante.

Je serais curieux de (re)voir ses films des années 70/80.


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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 16 Juin 2016, 10:48 
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Vu que Paris-Texas, un des plus beaux films du monde


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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 16 Juin 2016, 10:49 
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Sir Flashball
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Tetsuo a écrit:
Walt a écrit:
Tokyo-Ga (documentaire, 1985)
sans grand intérêt, hormis la rencontre avec Chishū Ryū qui évoque sa collaboration avec Ozu
mouaif/6


Ah oui, je l'ai vu aussi. Pareil que toi.


C'est même complètement idiot. Pas tenu 30 minutes.

Sinon, Wenders, pour moi, c'est vraiment les montagnes russes. Ca va du très grand au complètement nul. Mais je n'en ai pas vu des masses.

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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 16 Juin 2016, 11:28 
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Alice dans les villes (1974)
6/6

Au fil du temps (1976)
5/6 Trop long mais un beau film sur l'amitié

L'Ami américain (1977)
6/6
Magnifique, riche, desespéré: mon préféré

L'État des choses (1982)
4/6
Un peu aride...à revoir

Paris, Texas (1984)
6/6

Les Ailes du désir (1987)
5/6
Bah moi ce film me touche. monologue extraordinaire à la fin.

The End of violence (1997)
vu y'a trop longtemps...pas folichon

Buena Vista Social Club (1999)
Doc passable. Je connais par cœur la BO

Pina (documentaire, 2011)
Doc passable....Je pense qu'on passe un peu à côté de ce qui fait le sel des spectacles Pina Baush

Don't Come Knocking
Peu de souvenir sauf celui d'avoir aimé. Pas envie de le revoir.


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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 16 Juin 2016, 13:39 
Nick's Movie (1980)

A la limite du snuff movie, même si le principe du film est singulier (un réalisateur qui met en scène le dernier souffle d'un autre, le tuant presque). Ray sert de caution culturelle à Wenders, qui n'a (c'est le pire de tout) aucun point de vue sur l'oeuvre de Ray et filme la mort comme une sorte de caution transcendantale lui permettant de faire reconnapitre son statut de représentant quintessentiel du post-modernisme et d'héritier par excellence du "vrai cinéma". Le traitement est -c'est le comble vu l'alibi patagordardien de la démarche- très télévisuel (plans racoleurs sur la jeune femme de Ray, l'air de dire "quelle pute"). Ray n'est pas dupe mais se laisse faire car cela lui permet de montrer des bouts du film qu'il avait sur les Chicago Seven. 1/6

Par-delà les nuages (1995)

15 ans après son premier forfait et s'être fait oublié, le vampire de Dusseldorf récidive. Non content d'avoir tué un borgne et dénué du moindre remorrd, il a en 10 ans paufiné son mode opératoire pour exorquer des idées de films à des célébrités cacochymes, et s'en prend maintenant à un vieillard aphasique qu'il force à raconter des blagues érotiques (ce qu'il ne peut faire), dcéhire devant lui ses magasine de fesses, avant de le rosser de coup et l'abandonner nu, enroulé dans un tapis, dans la campagne toscane, livré à la mort lente, menaçant ensuite contre payement de diffuser la cassette des pâles fantasmes de sa victime à la télévision. Cette persévérance dans le sadisme gérontophile mérite bien un 2/6


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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 13 Mar 2019, 23:26 
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Au fil du temps (1976)


Dans un noir et blanc évoquant L'Aurore de Murnau, un projectionniste un peu drop out et vivant dans un camion croise la route d'un pédiatre divorcé, mutique et suicidaire qui a foncé en voiture dans l'Elbe, qui s'incruste dans le camion, puis qui se fait lui-même parasiter (entre autres) par un troisième mec qui a perdu sa femme dans un suicide automobile cette fois-ci réussi. Le projectionniste de son côté se fait draguer par une caissière de films porno mignonne mais un peu sèche, qui dans un manège d'autotamponneuse, lui offre une bougie en forme de tête d'Hitler. Les deux mecs finissent par devenir amis et dérobent un side-car à un vieux pote pour revoir l'île sur le Rhin dans laquelle le projectionniste, orphelin de guerre, a grandi. La bande originale provient de deux morceaux joués en boucle d'un groupe de krautrock complètement obscur :Improved Music Club.
Long, (3h) anticipant la lourdeur et parfois le moralisme des films à clé ultérieurs (l'ange suicidaire et fraternel, le film commentant à la fois le cinéma et l'Allemagne comme des crises et dettes morales permanentes, le discoirs méta sur le film qui s'écrit lui-même), mais le film est séduisant quand il assume de ne raconter pas grand-chose, plongeant deux adultes dans une situation à la fois onirique, enfantine et hyper physique à la Nuit du Chasseur. Des théières, des cafetières des trains micheline et des vieilles presses d'imprimerie jouent un rôle important. Humour léger et gout pour l'absurde qui tranchent avec l'ambition formelle un peu sévère, font passer le propos (éloignent le film de l'obsession sur l'identité allemande, pour parler par exemple assez finement et avec humour de problème de cul, tout en caricaturant l'esthétique expressionniste de manière finalement assez ludique) et ne se retrouvent pas dans les Wenders ultérieurs et rendent le film assez inclassable et attachant. Étonnamment peu subversif aussi (la possibilité d'un lien amoureux entre les protagonistes, qui ont pourtant l'air d'avoir un problème commun avec les femmes est évacuée par leur recherche d'un père manquant*), et detaché de l'époque (pas de bande à Baader, la frontière avec l'Allemagne de l'Est filmée juste comme un beau paysage limite auvergnat).

4.5/6

*sans quoi ce serait du Guiraudie avant la lettre.


Dernière édition par Vieux-Gontrand le 16 Mar 2019, 12:50, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 15 Mar 2019, 21:27 
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Je garde un souvenir ému de ce film dont je ne me souviens de quasiment rien et que j'avais surtout vu parce que Hal Hartley le citait comme un de ses films favoris. Ganz qui met sa voiture dans l'eau, son pote dont j'ai oublié le nom qui libère un Nelson Mandela, pour employer une expression colorée (blague !!!!). Pas grand-chose quoi, mais j'imagine que ça représentait particulièrement bien une certaine idée de l'errance, dont Wenders est censé être le spécialiste, pour faire un jugement a posteriori, qui n'est plus une errance antonionienne, une errance moins confinée.
Marrant que tu places le curseur (expression que j'abhorre) de la subversion sur l'homoérotisme potentiel, ce qui à en croire ton avis sur Green Book, a l'air de te tracasser particulièrement. J'ai par hasard ouvert un bouquin de Daney aujourd'hui où il évoque le film à l'occasion de la sortie de Jusqu'à la fin du monde et d'une plaquette qu'on lui a demandé d'écrire sur Wenders. Il en parle au passage, dévoile encore son penchant pour les jeux de mots un peu faciles (sa plaquette sur Wenders doit porter le titre de "La surface de réparation", titre dont il dit être assez fier), en disant qu'il a beaucoup aimé ces retrouvailles entre le père imprimeur et le fils qui doit s'exprimer. Je pense que je vais réévaluer Daney que je n'ai pas lu depuis des années mais pas à l'aune de ce genre de jeux de mots un peu gratuits.


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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 16 Mar 2019, 03:40 
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C'est Hanns Zischler (d'ailleurs très bon), qui a peu joué avec Wenders (quand Rüdiger Vögler est de tous les Wenders de cette période), pas Bruno Ganz.
Oui la scène scatologique est assez impressionnante, mais est un morceau de bravoure un peu trop programmatique (le film comme enregistrement pur, le noir et blanc relié à un aspect à la fois complètement ontologique et psychanalytiquement anal), l'équivalent des patates chez Jeanne Dielman qui date de la même année ( l'essence la plus banale devient la limite).

Il n'y a en fait pas trop d'errance (le projectionniste ne délaisse jamais son planning, c'est à la fois un hippie et un parfait auto-entrepreneur), mais le charme du film est d'assumer la contradiction un discours moral sévère et paternaliste (assimilation du cinema d'exploitation légèrement porno - on a été beaucoup plus loin depuis -au fascisme, ce qui prolonge et en même temps inverse les point de vue de Krakauer qui lui n'attaque pas les sous-cultures) avec une histoire d'amitié complètement regressive (les deux gars retournent quand-même complètement en enfance, mais c'est la condition de la parole et de la sortie de la solitude).

Le père imprimeur, cette scène m'a un peu rebutée, j'ai eu l'impression d'une métaphore lourde des rapports entre le Christ et Dieu (l'impression du journal, qui ne sort plus que trois jours par semaine, en crise comme l'Eglise : la production du réel mais aussi de la honte morale, que le fils à la fois assume pour tous et rejette). Les personnage d'Hanns Zischler possède déjà une dimension angélique voire christique proche de Peter Falk dans les Ailes du Désir (il ne s'exprime que pour pardonner). Beaucoup d'éléments du film se retrouvent dans les Wenders ultérieurs ( la fille du cinéma X, avec qui Vögler ne couche pas - la représentation du sexe empêche sa consommation - qui annonce Nastasja (je sais plus où placer les"s") Kinski et son peep-show, Marie-Madeleine, qui ne peut abandonner l'apparence de la bourgeoisie à laquelle elle n'appartient plus, ce qui prouve son innocence). Etonné que Daney perçoive un rapport réel père-fils dans cette scène.


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 Sujet du message: Re: Wim Wenders
MessagePosté: 17 Mar 2019, 12:06 
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J'ai trouvé sur Google Book un large extrait du texte de Serge Daney dont tu parles, ainsi qu'une interview faite dans son émission de France-Culture entre lui et Wim Wenders à l'époque des Ailes du Désir. Le texte est sans doute un de ses derniers, ce qui explique peut-être son ton à la fois désabusé et égocentrique. La différence entre la sévérité de Daney à l'égard de Wenders en 1990 (il est vrai liée à une perte de qualité et de pertinence de l'œuvre de Wenders assez unanimement partagée par la critique : une double récompense à Cannes clôture en fait un cycle chez un auteur, et Daney le dit à mots couverts dans l'interview, cela arrive souvent comme avec HHH récemment) et le ton fraternel de l'interview de quatre ans antérieure est assez frappante et donne une impression de malaise hypocrite dans l'amitié, pas propre à Daney mais peut-être au ton à la fois critique et cinéphile. Dans l'interview, Daney dit assez justement qu'il n'y a jamais de représentation de la méchanceté dans les films de Wenders, elle est remplacé par un mystère ontologique et materialisé (une atmosphère, une lumière, une rue) : le mal est la fiction au sein de la fiction, irrepresentable par elle.
Il y a beaucoup d'humour dans Au fil du Temps. La scène du suicide est très nerveuse, filmée comme la poursuite de Bullitt, mais la voiture n'est qu'une petite Coccinelle enfantine. Au moment de chier, Rüdiger Vögler annonce pudiquement, de manière enfantine Je vais faire pipi, mais la radicalité du plan suivant fout par terre ce tact. La sphère de la dérision correspond exactement à celle de la matière, jamais à celle de l'humain, et c'est là la gentillesse dont parle Daney.
Je crois que Wenders a un imaginaire privé très particulier, où le christianisme est codé par les atttitudes sociales anodines et communes, qui perdent dès lors leur sens et leur autonomie et deviennent de pures représentations. Il s'est retrouvé accidentellement en résonnance avec la sensibilité post-68 .Ce qui était crise (au double sens de faillite existentielle et de rejet critique) au point de vue politique et collectif devient une forme de rachat au point de vue moral et individuel, l'image n'est qu'une articulation entre les deux moments, la conversion elle-même.

Ce qui est singulier dans le film, c'est le logo pop du titre, rappelant celui de Coca-Cola, à la fois opportuniste et nostalgique, commercial et rond.
Par ailleurs le film a eu une grosse influence sur Taxi Driver, la scène où de Niro emmene Sybil Shepherd au cinéma porno est reprise d'Au fil du Temps
,chez Wenders elle est déjà triste - c'est un adieu, mais sans tragique ni dimension baroque.(Scorsese et Wenders partagent peut-être un même rapporr au christianisme, à la violence et au corps, mais ce qui est folie chez l'Americain reste pensé en terme de connaissance et d'initiation pédagogique chez l'Allemand, au sein d'une même démarche de condamnation du réel et de recherche de pureté à la fois morale et psychologique).


Texte court mais très intéressant (venu d'un autre âge d'Internet) sur l'affinité entre le cinéma de Wenders et l'architecture de Jean Nouvel, jusque dans leur crise liée à un excès de reconnaissance : https://www.bourbouze-graindorge.com/IM ... nouvel.pdf


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