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MessagePosté: 08 Sep 2013, 23:01 
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Rahlala, je continue à être à la fois agréablement surpris et malheureusement frustré par les films de Bong Joon Ho.
Je ressors donc de ce Transperceneige avec globalement la même impression (et la même note) que pour Memories of Murder et The Host.

Je trouve assez génial que ça commence DIRECT.
Le plan a déjà été pensé, les premières mesures ont déjà été prises, et du coup, cette intro quasi in media res permet de gagner du temps et surtout de laisser la caractérisation et l'exposition se faire au cours de l'action, de la progression du récit.

En cela, c'est très efficace. Le train va de l'avant, nos héros le traversent de la queue jusqu'à la tête, et le récit ne semble jamais s'arrêter. Et, à l'instar de la qualité de vie à bord du véhicule, le film va en se bonifiant au fur et à mesure que l'on avance.

J'en arrive toutefois à mon premier bémol : l'intrigue, de par son concept, et donc sa structure, d'un wagon à l'autre, est condamnée à être quelque peu épisodique et répétitive.
Du coup, chaque wagon vient présenter un décor différent et l'action qui va avec et ça donne souvent lieu à des fulgurances, mais ça n'exempt pas le film de quelques coups de mou.
Toutefois, ça permet aussi une exploitation assez complète du postulat. Même si je dois avouer ressentir un petit ras-le-bol des films de SF avec un gimmick pratique illustrant la thématique "lutte des classes". Rien que cette année, je pourrais citer Oblivion, Upside Down et Elysium. Et donc Snowpiercer.

Ce dernier s'en tire mieux que les autres, gérant mieux la "métaphore", et intègre mieux tous les aspects qui pourraient tendre à être grossiers (dans le portrait de la classe supérieure, par exemple), notamment en les approchant par le biais de l'humour (la classe).

Un équilibre maintenu tout le long qui s'effondre sur la fin, pas tant pour ce qui est de la caractérisation, mais de l'exposition, qui se fait subitement bavarde, longue et donc lourde.
Ca m'a soudainement, et malencontreusement rappelé Matrix Reloaded.
La forme et surtout le fond de la discussion entre Curtis et Wilford, c'est quasiment un remake de la scène de Neo face à l'Architecte, avec tout ce verbiage sur la révolution créée de toutes pièces par le pouvoir et le discours sur la prédestination.

C'est vraiment dommage, je trouve.
Et par conséquent, je trouve tout ce qui s'ensuit, toute la fin, assez underwhelming.

Je ne boude cependant pas mon plaisir, parce que le film est pétri de bonnes choses, et surtout de belles choses, à commencer par ce protagoniste magnifique incarné par mon pote Chris Evans, son background, son parcours, ses choix, souvent surprenants, et bien cash.
La mise en scène n'est jamais aussi bonne que lorsqu'elle s'intéresse à lui, qu'elle s'attarde sur son visage, ou ceux des autres.

Je trouve Bong Joon Ho moins convaincant dans l'action, notamment quelques scènes de fights un peu trop shaky cam. Dès qu'il y a un ralenti, c'est mieux. Mais là aussi, une petite frustration, j'ai pensé au travelling d'Old Boy ou à son descendant dans 300 et je trouve pas Snowpiercer à la hauteur.

Enfin bref voilà, c'est très bien, mais je suis pas à fond.

4,5/6

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MessagePosté: 09 Sep 2013, 00:51 
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Citation:
thématique "lutte des classes". Rien que cette année, je pourrais citer Oblivion


Tiens, tu vois ça ou dans Oblivion ?

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MessagePosté: 09 Sep 2013, 00:56 
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deudtens a écrit:
Citation:
thématique "lutte des classes". Rien que cette année, je pourrais citer Oblivion


Tiens, tu vois ça ou dans Oblivion ?

C'est plus vague dans celui-là. Cruise et sa meuf sont sur une Terre post-apocalyptique tandis que tous les autres humains vivent dans la base spatiale au-dessus.
Alors oui, au final, c'est pas vraiment le cas, vu le twist, mais c'est pas si éloigné en sommes vu que les Scavs se révèlent être des humains, qui vivent comme des charclos dans des grottes tandis que les aliens vivent dans les cieux.

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MessagePosté: 09 Sep 2013, 00:59 
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Ouais en effet, jsuis pas trop convaincu.
J'aime beaucoup le film hein, mais le fait qu'au final le TET soit d'origine extraterrestre vide tout le film d'un quelconque sous-texte. Il reste quelques expressions sur ce qui fait l'âme ou l'homme, mais bon...

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MessagePosté: 09 Sep 2013, 01:01 
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deudtens a écrit:
Ouais en effet, jsuis pas trop convaincu.
J'aime beaucoup le film hein, mais le fait qu'au final le TET soit d'origine extraterrestre vide tout le film d'un quelconque sous-texte. Il reste quelques expressions sur ce qui fait l'âme ou l'homme, mais bon...

Oui oui, je suis d'accord que c'est plus superficiel dans celui-là (et cantonné au début).

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MessagePosté: 09 Sep 2013, 08:49 
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MessagePosté: 02 Nov 2013, 15:30 
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Bon et bien je suis un peu déçu. Honnêtement le film est très bien foutu. La direction artistique est à tomber, la mise en scène est exemplaire (à part quelques passages en shaky cam qui m'ont bien gonflé), ça regorge d'idées, c'est surprenant à bien des égards et les acteurs sont très bon (Chris Evans en tête).

Si le pitch laissait craindre une structure de scénario linéaire, c'est globalement le cas mais finalement c'est pas ça qui me laisse perplexe. En l'état cette succession de tableaux, de séquences fonctionne très bien: chaque wagon laisse place à un concept ou une idée qui a de la gueule. Malheureusement, la construction du train en dépit du bon sens m'a complètement sorti du film à plein de moments. Bong Joon Ho prend le temps de bien nous expliquer comment vivent les passagers de l'arrière du train, leur mode de vie, comment c'est organisé. C'est pas relou, c'est assez intuitif et assez fascinant. Par contre, il n'explique jamais comment vivent les gens les plus aisés, du coup dans le film dès qu'on arrive dans le wagon-école je fais un gros blocage.
Ils traversent des wagons sauna / piscine / médecins / salles de shoot. Du coup je me dis "mais d'où ils viennent les gamins ? Où ils vivent ? Ils passent tous les matins par cette infinité de wagons ?"
Je sais que c'est du détail mais cette organisation sans logique me sort complètement du film.

Autre truc qui me gène, la trop longue séquence explicative reloue à la fin du film.

Bref, c'est dommage, y a de très bons trucs (le propos, la caractérisation inattendue du perso d'Evans, la noirceur de l'ensemble, quelques séquences joussives) mais ce détail à la con et la fin m'empêchent de m'emballer outre mesure.

4/6

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MessagePosté: 02 Nov 2013, 15:42 
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Oui j'ai été aussi pas mal dérangé par le manque de crédibilité de l'ensemble. Ça n'aurait rien coûté de les voir traverser des wagons/logements.

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MessagePosté: 02 Nov 2013, 15:48 
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Art Core a écrit:
Oui j'ai été aussi pas mal dérangé par le manque de crédibilité de l'ensemble. Ça n'aurait rien coûté de les voir traverser des wagons/logements.


Exactement, ça m'aurait ôté ce gêne. Parce qu'en optant pour cette progression linéaire, difficile de voir s'il y a des ellipses, du coup j'ai vraiment l'impression d'un enchaînement de wagons sans cohérence (à partir de la réserve d'eau) et c'est perturbant.

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MessagePosté: 02 Nov 2013, 15:57 
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Oui j'ai exactement le même problème. Surtout que le train est supposé faire plusieurs kilomètres de long donc il y a certainement beaucoup plus de wagons que ceux qu'on les voit traverser mais malheureusement on n'a pas ce sentiment d'une vie à l'intérieur, d'une micro-société qui s'est organisé pour survivre à bord d'un train en marche.

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MessagePosté: 03 Nov 2013, 18:22 
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Art Core a écrit:
mais malheureusement on n'a pas ce sentiment d'une vie à l'intérieur, d'une micro-société qui s'est organisé pour survivre à bord d'un train en marche.


C'est tout à fait ça pour ma part. J'suis pas rentré à 100% dans le film et au bout de 15min je me suis mis en tête comme un gros con que
Gilliam était Wilford,

et puis le tout le dénouement (avec la partie explicative) m'a fait ni chaud ni froid.

Du côté positif : Chris Evans et son perso, la noirceur du truc, c'est bourré de bonnes idées qui passent plus ou moins inaperçues comme
le soldat qui rebouche les trous des balles dans la vitre.


4/6 parce qu'on est dimanche.

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1er extrait étudié "Les dents de la mer", 1er conclusion : "On s'en fiche de la règle des 180 degrés".


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MessagePosté: 07 Nov 2013, 01:46 
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De BJH je n'ai vu que The Host, que j'avais adoré.

Après avoir vu l'affiche (franchement moche) et une BA qui n'envoyais pas du rêve j'ai compris que BJH reprenait du service et qu'il allait tenter de défier à son tour (après Park Chan Wook) l'armada hollywoodienne. On avait déjà bien senti dans Stoker les limites imposés par les studios.

J'y suis donc allé en m'attendant à quelque chose d'agréable mais de convenu, brimé un peu à la Elysium qui m'avait particulièrement déçu (j'en attendais sans doute trop).

Le truc c'est que ça commence super bien, toute l'intro est incroyable (il est tout con mais ce plan du ciel avec les avions je l'ai trouvé magnifique). Après 15minutes de films même pas j'étais sur le cul. L'univers, le décor, les costumes, l'ambiance de cette queue de train avec son coté Armée des 12 singes ultra poussé est sublime, on a rarement vu ça.
A ce moment là je me suis dis ok ça va être 2h de ouf.

J'aurai vraiment eu envie de lui mettre un gros 6/6 à ce film tellement l'univers, l'idée et son développent, la mise en scène m'ont plu.
Le soucis c'est qu'il y a régulièrement des soucis que ce soit au niveau de la cohérence du récit (je ne me souviens plus de tout mais il y en à pas mal qui m'ont fait tilter), des choix de réal (les ralentis c'est mignon, ça fait jolie mais pas autant, surtout avec une musique ultra présente derrière), des choix de narration (la fin comme ça a déjà était dit), certains persos un peu limite (le ninja bodyguard du vieux Gilliam).
Bref ce sont des soucis qui ne m'ont pas empêché d'être à fond tout le film mais qui sont décevants au vu de ce que ça aurait pu être.

Y'a des passages vraiment bien vu comme la scène de la classe d'école qui m'a fait penser à du Total Recall, les deux films ont quelques points commun qui ne sont pas pour déplaire.

J'ai déjà envie de retourner le voir, pour l'instant c'est quand même du 4-5/6


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MessagePosté: 07 Nov 2013, 09:24 
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Léger spoiler.

Ouais bah moi je suis mitigé, J'allais à la projection de Snowpiercer dans l'indifférence la plus totale (j'avais aucune attente et aucun préjugé) et j'en suis ressorti avec le même état d'esprit. Est ce que Snowpiercer est foncièrement raté? Non, il contient bon lot de scénes intéressante mais entremêlés au niveau d'un script tellement médiocre qu'il inhale toute les qualités intraséques de l'entreprise.
En 2013 je trouve inconcevable qu'on puisse encore proposer le niveau de lecture gentil pauvre/Méchant riches, à un moment il faut arrêter deux secondes de prendre le spectateur pour des cons et d'user de cette facilité afin d'aller au plus vite dans la caractérisation des personnages et des enjeux. Mais si c'était le seul problème...aucun de ses personnage n'existent, mais vraiment...on se fout de A à Z de ce qui peut leur arriver et du coup l'implication est inexistante et les quelques moments censés être dramatique ne fonctionnent jamais.
Chris Evan n'est pas un mauvais acteur en soi et ce n'est pas sa faute mais il est transparent pendant 2h00 pas aidé par un casting secondaire qui à l'exception du duo coréen ne brille jamais (et encore le duo coréen il brille car ils font trois blagues et traversent le film à l'image du spectateur en s'en foutant sévère, du coup ça fait un point d'entrée en soi...)

Parlons maintenant un peu de la construction du script en un espèce de jeu vidéo ou chaque wagon représenterais un niveau...sérieusement? La première heure ce n'est que ca et j'en pouvais littéralement plus quand le film atteint son apogée avec les deux clans qui s'affrontent à la Braveheart avec une gestion de la violence plus que douteuse puisqu'on se croirait dans un PG13, on ne voit rien, tout est fait pour ne pas choquer outre mesure et le tout est filmé sans saveur (à l'exception d'une scéne ou le réal rend hommage à son producteur Park Chan Wook en le pompant légèrement...mais que légèrement hein... )
La seconde partie est un poil mieux car entrant dans le monde "riche" qui propose un univers visuel un poil mieux (mais allégrement inspiré par Bioshock bien que je n'ai pas lu la BD pour comparer) mais la encore ca patine sévère en ne proposant rien, aucun début d'intiligence dans le script, non on est encore dans les personnages binaires et je parlerais pas des milles raccourcis du script notamment dans la gestion des attaques qui sont juste illogique au possible (à un moment Evans il devient littéralement tireur d'élite alors qu'il a jamais touché à une arme on sait pas pourquoi, on sait pas pourquoi aussi le coréen à la fin il arrive à repousser une horde de 30 mecs pendant 20 minutes, bref tout est à la convenance du script...).

La rencontre avec Ed Harris allait donner un truc intéressant (avec un petit Twist intelligent qui remettais en lumiére une certaine partie de l'intrigue) et on arrive à la fin...et la fin...cette fin...mon dieu quoi...ca devrait être interdit. Déja c'est douteux mais à un point et puis y a une idélogie complétement à la ramasse avec la revisitation du mythe d'Adam et Eve (la meilleure fin aurait été que Evans accepte son rôle, la ca aurait été couillu)

3/6

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MessagePosté: 08 Nov 2013, 17:57 
Comme un con, je ne me suis fié qu'à l'affiche, sans rien lire sur le film et en oubliant la dinguerie de Bonj Joon Ho (dont j'ai aimé tous les films). Bref, je m'attendais à de la mise en scène échevelée, avec plans acrobatiques et train qui va vite dans la neige en faisant du bruit :mrgreen:

Bon, c'est quand même plus riche que ça et il faut reconnaître l'originalité, notamment dans ce refus du linéaire (chaque wagon/étape donnant lieu à une séquence différente, dont certaines sont magnifiques) et, bien entendu, dans cet humour décalé qui faisait déjà la richesse de "Memories of murder".

Après, tout n'est pas forcément réussi je trouve et il y a quelques longueurs et baisses de rythme dommageables (la baston avec le méchant qui meurt jamais est interminable et le discours final d'Ed Harris pénible).

3/6


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MessagePosté: 02 Déc 2013, 00:44 
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Quelques spoilers.

Comme sur The Host, j'ai l'impression d'un film "indigeste". Je sais pas comment le qualifier autrement. Ce qui ne l'empêche pas d'être généreux, ambitieux, rempli de talent... Je reconnais au film toutes ces qualités, j'y ai pris du plaisir. Mais voilà : indigestion.

Ça tient par exemple à cette traversée qui prend le visage d'une série de tableaux (au sens littéral : comme un livre d'images), univers sacrifié à la satire parodique et la parabole, cette foire aux monstres prenant un peu trop automatiquement le pas sur ce que serait une réelle expérience de la traversée (une réelle confrontation aux autres classes sociales, une réelle expérience esthétique d'avancée qui ne soit pas un simple Cradoland VS Fellini - aussi minutieuse puisse être la direction artistique qui en découle). Quand le livre d'image s'assume, pourquoi pas (comme dans la scène aux haches : confrontation à des monstres tout à fait improbables, toute une fantasmatique de la lumière, etc.). Mais quand l'ensemble veut se faire le vecteur sérieux d'une vision politique ("regardez cette richesse décadente"), ça devient vite beaucoup plus usant. Jamais loin d'une certaine laideur, oppressé jusque par ses faux extérieurs SFX, ramenant toujours tout élan potentiel à la grimace ou au grimage, le film est quelque peu oppressant (ce qui rejoint un peu sa volonté claustrophobique, mais je ne suis pas sûr que ce soit volontaire, pour le coup).

L'indigestion, elle vient aussi d'un film où chaque élément a mordicus sa place dans la parabole, doit absolument avoir son utilité dramaturgique. Principe de fable, certes, mais qui prend une allure très "ado" au fur et à mesure que le film avance vers sa fin, noyé dans ses explications et justifications, leçons de philos et autres remises en cause pas très fines. La drogue ne peut pas avoir d'existence en elle-même par exemple, ne peut servir ses deux personnages coréens : il faut mordicus qu'elle ait sa justification dans les péripéties. Je parle même pas des enfants (passage final risible). Même un flocon doit avoir une putain de justification... Bref, à force, les éléments croisés semblent moins être des pistes offertes et ouvertes au spectateur, qu'une série d'outils pour le script, celui-ci seul étant habilité à nous expliquer, via des dialogues laborieux, ce que l'on doit comprendre ou pas, penser ou pas. Peu de mystère, peu d'ouverture, peu de respiration.

Et puis ce mélange de ton, qui fait aussi la qualité de ce cinéma, prend parfois l'aspect d'une indécision facile qui bloque l'adhésion du spectateur (voir la fin par exemple, doit-on en rire ou être ému ? on en arrive un point où on ne sait même plus ce que le réal cherche, et l'absence d'idéal autrement que par une vision kitsch auquel le réal ne semble pas croire lui-même à la goût désagréable d'un foutage de gueule). Ou encore cette complaisance dans la violence (pourtant peu graphique ici, mais tout aussi soulignée), qui ressemble de plus en plus à une fuite en avant aveugle, pour impressionner le spectateur faute de trop savoir où l'on va...

Tout ça semble très négatif, mais ça tient aussi au fait que le film (un peu comme The Host) est de moins en moins fort au fur et à mesure qu'il approche de son final. Il y a quand même beaucoup de choses intrigantes, qui aiguisent l'intérêt, comme cette façon de décapiter petit à petit le film de ses personnages les plus humains, les plus marqués, les plus haut-en-couleur : ça dessine une ligne bizarre, intéressante. Il y a toujours ces bourrasques d'énergie assez fabuleuses, et puis l'évidence que Bong Joon Ho n'est pas qu'un maître de l'épate doué, mais qu'il y a derrière un cinéaste (comme le disait je sais plus qui plus haut, rien que le très simple plan d'avion est déjà chargé, impressionnant en soi... j'aurais aimé plus de détours de ce genre, plus de sobriété). Souvent pendant le film, je me disais aussi "putain, que ça fait du bien de voir un blockbuster dirigé par quelqu'un qui sait ce qu'il fait". La conversation au lit entre Evans et Bell par exemple : la mise au point qui reste sur l'un des deux, qui prend ce temps là, qui accepte de laisser la star dans le flou un long moment pour qu'on écoute le gamin. C'est con, mais cette capacité à prendre des décisions, à trancher, à choisir quoi filmer (et à ne pas verser dans un surdécoupage effréné, où le spectaculaire et le secouage de spectateur primerait sur tout le reste), me fait plaisir dans un cinéma grand public actuel qui en manque souvent.

Mais voilà, impression générale de trop plein, de film bouillonnant et constipé, charge brouillonne et non affinée, comme un repas trop conséquent où l'on aurait bouffé la carte entière plutôt qu'un menu cohérent et équilibré, duquel on sortirait un peu groogy, plus pressé de retrouver de l'air que marqué par ce qu'on a goûté.


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