Forum de FilmDeCulte

Le forum cinéma le plus méchant du net...
Nous sommes le 16 Juil 2018, 15:59

Heures au format UTC + 1 heure




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 14 messages ] 
Auteur Message
MessagePosté: 14 Mai 2018, 20:51 
Hors ligne
tape dans ses mains sur La Compagnie créole
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 28 Juil 2005, 10:08
Messages: 18417
Localisation: 26, Rue du Labrador, Bruxelles
Je connais très mal le cinéma d’Honoré donc je suis mal placé pour en parler. J’ai apprécié ce souffle de liberté qui est injectée partout (écriture, image, comédiens) et ce sentiment de tendresse qui enveloppe le tout, c’est agréable de sentir la sincérité de ce projet apparemment fort personnel, mais j’avoue avoir eu un peu de mal avec cette écriture très littéraire, très intello, ces incessantes références et quelques chichiteries de mise en scène qui m’ont empêcher de m’attacher vraiment aux personnages. Pas trop un film pour moi, donc, mais bon, c’est pas mal.
3/6

_________________
Ed Wood:"What do you know? Haven't you heard of suspension of disbelief?"


Dernière édition par Arnotte le 16 Mai 2018, 07:06, édité 1 fois.

Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 14 Mai 2018, 21:07 
En ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 23 Juil 2011, 12:46
Messages: 8552
Très rapidement mon Honoré préféré après Les chansons d'amour et Non ma fille tu n'iras pas danser. Son film le plus personnel et aussi le plus ouvertement "queer". Après le style du cinéaste fait son effet avec son romantisme et sa tendresse. Il y a ici parmi des plus belles scènes de son cinéma (la scène de La leçon de piano) et rarement vu une telle osmose entre ses comédiens. Podalydès est très bon mais souffre de la comparaison avec le duo Lacoste-Deladonchamps qui est formidable. Il faut voir Vincent Lacoste avec son côté décontracté et comique sur les dialogues d'Honoré. Il insuffle la vie à l'écran. Son meilleur rôle. Et Deladonchamps (révélation de L'inconnu du lac) confirme qu'il est bien l'acteur français le plus intéressant du moment avec ce personnage vivant son dernier amour. Un double prix d'interprétation ne serait pas volé au palmarès cannois.

5/6


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 14 Mai 2018, 22:22 
Hors ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 22 Mar 2006, 12:23
Messages: 4887
On dirait un film écrit par un Téchiné né en 1971, et je ne suis pas fan de Téchiné ; le bas du panier de la filmographie d’Honoré - toutefois nettement meilleur que Homme au bain.

_________________
There is no such thing in life as normal


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 15 Mai 2018, 16:24 
Hors ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 24 Nov 2007, 21:02
Messages: 18440
Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
Je me suis laissé porter dans un premier temps par le rythme indolent, l'humour, la sensualité et les excellents comédiens (les deux principaux mais aussi Podalydès, absolument génial). Mais peu à peu j'ai trouvé le temps long, les discussions s'éternisent, se font théoriques (l'affreux coup de téléphone où Deladonchamps décrit à Lacoste les différents types de mecs) et ne m'intéressent pas tellement. C'est pas aidé par une construction assez lâche, manquant peut-être d'une colonne vertébrale plus forte. J'ai le sentiment que le film se révèle trop tard, que ses sujets principaux (l'amour, la maladie) arrivent tardivement. Puis le côté best of absolu la culture gay des 90s fait un peu empilement gratos (Huppert, Fassbinder, Koltès etc...).
Mais il y a de très belles scènes, notamment la toute fin qui est vraiment bouleversante et d'une grande sensibilité et pudeur.

Et même si je ne suis pas totalement enthousiaste, le personnage de Lacoste pourrait devenir son Antoine Doinel dans un prolongement parisien que je serai curieux de voir malgré tout.

3/6

_________________
CroqAnimement votre


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 15 Mai 2018, 17:54 
En ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 01 Fév 2016, 20:06
Messages: 2899
Localisation: - L Y O N -
Il faudrait corriger le titre par contre :)


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 15 Mai 2018, 18:24 
Hors ligne
L'impertinent pertinent
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 14 Juil 2005, 01:55
Messages: 10589
Localisation: Previously on Premiere
Art Core a écrit:
Je me suis laissé porter dans un premier temps par le rythme indolent, l'humour, la sensualité et les excellents comédiens (les deux principaux mais aussi Podalydès, absolument génial). Mais peu à peu j'ai trouvé le temps long, les discussions s'éternisent, se font théoriques (l'affreux coup de téléphone où Deladonchamps décrit à Lacoste les différents types de mecs)


J'ai absolument adoré cette première heure, jusqu'à ce coup de fil que tu mentionnes. Je m'y sentais super bien, dans cet univers, tout était excellemment bien écrit, joué, filmé. C'était léger, tendre, personnel et original. Et après, tout comme toi, j'ai trouvé le temps long. J'avais plus grand chose à bouffer, plus rien à regarder, plus aucun texte à savourer... c'est vraiment étrange comme le film s’essouffle jusqu'à totalement partir en fumée.

La scène où Deladonchamps est raccompagné à son hôtel par une comédienne du théâtre, avec Lacoste derrière, est vraiment géniale.

Lacoste qui est vraiment très bon, il invente un personnage totalement rafraîchissant, avec sa voix et son corps d'éternel ado décomplexé. Et Deladonchamps est un grand comédien. Ce pourquoi je suis vraiment étonné que plus rien ne se passe, y compris dans leur jeu, dans la dernière heure...

3,5/6

_________________
I think we're gonna need a helmet.


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 28 Mai 2018, 10:08 
Hors ligne
Robot in Disguise
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 13 Juil 2005, 09:00
Messages: 24588
Localisation: Paris
Qu'est-ce t'es allé voir ça, Z ??

Sinon je rejoint les avis d'Art Core et Arnotte (Jon Amiel et Jon Avnet). Il y a de belles choses dans la liberté de l'ensemble, quelque chose d'assez doux et étrangement détaché - d'ailleurs j'ai adoré l'esthétique immeuble contemporain style tour du 13eme qui rompt avec l'imagerie parisienne des apparts avec poutres apparentes à Saint-Michel.
Mais au final je me suis sincèrement ennuyé et j'ai jamais réussi à vraiment être porté par l'intrigue et par l'histoire d'amour. J'avais déjà trouvé le Robin Campillo trop long, mais au moins j'y avais vibré.

Abyssin a écrit:
Son film le plus ouvertement "queer".
Pas vu, mais plus que METAMORPHOSES ?

_________________
Ma série télé sur la rivalité Jacques Chirac/Edouard Balladur !
Image


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 28 Mai 2018, 10:58 
Hors ligne
Antichrist
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 04 Juil 2005, 21:36
Messages: 20717
Métamorphoses, ce n'est pas vraiment queer

_________________
Image


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 28 Mai 2018, 11:00 
Hors ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 24 Nov 2007, 21:02
Messages: 18440
Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
L'homme au bain c'est ultra gay par contre.

_________________
CroqAnimement votre


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 28 Mai 2018, 16:05 
Hors ligne
Expert

Inscription: 30 Sep 2016, 19:39
Messages: 537
Qui-Gon Jinn a écrit:
d'ailleurs j'ai adoré l'esthétique immeuble contemporain style tour du 13eme qui rompt avec l'imagerie parisienne des apparts avec poutres apparentes à Saint-Michel.


Dans dans Paris, on voyait Garrel faire le clown triste aux invalides mais les personnages avaient l'air d'habiter dans le treizième, ou des immeubles un peu comme ceux que tu décris.


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 28 Mai 2018, 16:05 
Hors ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 22 Mar 2006, 12:23
Messages: 4887
Queer et gay n’étant pas synonymes - Plaire, aimer et courir vite n’a RIEN de queer.

_________________
There is no such thing in life as normal


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 28 Mai 2018, 16:22 
Hors ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 24 Nov 2007, 21:02
Messages: 18440
Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
Effectivement, j'ai écrit un peu vite.

_________________
CroqAnimement votre


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 28 Mai 2018, 17:51 
Hors ligne
L'impertinent pertinent
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 14 Juil 2005, 01:55
Messages: 10589
Localisation: Previously on Premiere
Qui-Gon Jinn a écrit:
Qu'est-ce t'es allé voir ça, Z ??


Film de saison + Deladonchamps que je venais de découvrir dans le Guiraudie que j'ai adoré.

_________________
I think we're gonna need a helmet.


Haut
 Profil  
 
MessagePosté: 29 Juin 2018, 00:37 
Hors ligne
Expert
Avatar de l’utilisateur

Inscription: 01 Jan 2014, 16:24
Messages: 1628
Il est assez étrange de voir un film très ancré dans la culture indie des années 1990 d'un côté, et qui accumule les bons mots d'écrivains à la Aurenche-Bost de l'autre.
Le début m'a plu, mais j'ai trouvé comme vous le film à la fois trop sentimental et trop cynique. C'est en effet très proche de Téchiné, mais sans le côté à la fois baroque et pédagogique de Téchiné, qui relie Rendez-Vous aux Témoins.

Honoré dénie sévèrement à la figure de l'ex séropositif le droit de tomber dans le travers de l'auto-complaisance et le pathos à l'approche la mort. Pourquoi pas, cela pourrait être une ligne morale où le repect de l'autre et la fidélité apparaissent à la fois comme des nécessités et des paradoxes, et où la vie ne s'échange pas contre du spectacle (mais cette éthique relationnelle devient un refus de l'imaginaire). Mais le personnage de Lacoste (plutôt bon d'ailleurs) s'extasie par ailleurs devant les tombes de célébrités reconnues et mortes trop tôt comme Dominique Laffin, Koltés et Truffaut, comme si certaines morts valaient plus que d'autres. Le film n'y voit aucune contradiction, l'articulation entre les deux plans est purement esthétique (les plans sur Deladonchamp qui hume la rose). Le retour sur la copine de Lacoste à la fin participe de la même impression, elle est pardonnée de la faute d'être la seule à ne ne pas avoir trouvé sa place, contre son gré.

Des signes culturels sont accumulés, de façon choisie et avec beaucoup d'à-propos, mais il n'y pas de transmission (le personnage de Lacoste refuse de se poser en héritier, au nom d'une connaissance des hommes déjà achevée, l'achèvement de cette connaissance précoce, d'un certain côté l'absence de destin ou d'historicité, est la seule vérité à percer, c'est cela qui l'érotise et le singularise dans cet univers) avec l'impression désagréable que pour Honoré, la culture n'a pas d'au-delà ou d'arrière plan, elle est à la fois une caractérisation et une rédemption qui remplace la vie propre, et son seul sens est de signifier que même la douleur ne réduit pas l'altérité de l'autre, ne nous rapproche pas de lui, il y a une forme de compréhension sans compassion que le film érige comme une morale vraie, assez sèche . Aucun acte manqué, aucun ratage chez les personnages, tous les rapports humains sont planifiés et pensé à la fois en terme de réussite et de désinvestissement, le mec n'en veut même pas à son ex-femme, la garde alternée se papsse parfaitement, l'altérité sexuelle remplace le conflit, le cas limité étant le rapport filial, que l'écriture ne parvient pas à traduire totalement, mais même le gamin est précoce, surintelligent et surconfiant en lui et ne semble pas avoir besoin de père, auquel il s'adresse comme à un vieux pote.

Ce qui m'a fait sortir du film, c'est le plan où la caméra tournoie à 360° sur Lacoste quand il arrive à Paris, comme si le film le caractérisait deux fois. J'ai aussi trouvé le découpage et les mouvements de caméra assez statiques et rigides, plus que dans le film de Romain Campillo, qui aborde la même période, où le personnages parviennent à se déplacer ensemble. Ici tous les changements de lieux sont individuels, où rendus caducs par le téléphone, le seul espace commun est domestique (le personnage envoie d'ailleurs chier les deux seuls personnages avec lesquels il se déplace en parlant : la régisseuse puis son actrice, sur le même chemin parcouru dans les deux sens, et épuisé, il se déchire aussi avec son ex pour la seule raison réelle qu'il change d'endroit, et se meut dans un appartement qui n'est pas le sien).

Pourtant je garde un assez bon souvenir de La Belle Personne ou de Non ma Fille, tu n'iras pas danser, où les personnages et les situations avaient plus d'opacité, plus assumée qu'ici


Haut
 Profil  
 
Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 14 messages ] 

Heures au format UTC + 1 heure


Articles en relation
 Sujets   Auteur   Réponses   Vus   Dernier message 
Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Métamorphoses (Christophe Honoré, 2014)

Mathilde

8

521

04 Jan 2015, 13:44

Xavi777 Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Dans Paris (Christophe Honoré - 2006)

[ Aller à la pageAller à la page: 1, 2, 3, 4 ]

Blissfully

53

3925

23 Déc 2007, 07:59

Billy Budd Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Les chansons d'amour (Christophe Honoré - 2007)

[ Aller à la pageAller à la page: 1 ... 6, 7, 8 ]

DPSR

106

5549

18 Nov 2013, 18:59

Cooper Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. La belle personne (Christophe Honoré, 2008)

[ Aller à la pageAller à la page: 1 ... 4, 5, 6 ]

Think Bud Spencer

85

4491

02 Oct 2008, 19:39

_ZaZaZa_ Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Homme au bain (Christophe Honoré - 2010)

DPSR

0

619

07 Oct 2010, 13:28

DPSR Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Les bien-aimés (Christophe Honoré - 2011)

DPSR

4

851

17 Sep 2011, 16:29

Abyssin Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Les malheurs de Sophie (Christophe Honoré, 2016)

Abyssin

14

533

22 Mai 2016, 17:12

Abyssin Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. Non ma fille tu n'iras pas danser (Christophe Honoré - 2009)

[ Aller à la pageAller à la page: 1, 2, 3, 4 ]

Noony

59

2415

10 Fév 2010, 09:26

DPSR Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. On va s'aimer (Ivan Calbérac - 2006)

Z

10

465

01 Fév 2007, 11:34

jiko Voir le dernier message

Aucun nouveau message non-lu dans ce sujet. L'art d'aimer (Emmanuel Mouret, 2011)

Mr Chow

10

660

17 Avr 2014, 17:28

noisette 7 Voir le dernier message

 


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 4 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Rechercher:
Aller à:  
Powered by phpBB® Forum Software © phpBB Group
Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO
Hébergement mutualisé : Avenue Du Web