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Quels films de David Cronenberg as-tu vus ?
Crime of the Future 1%  1%  [ 3 ]
Frissons 3%  3%  [ 15 ]
Rage (Rabid) 3%  3%  [ 14 ]
Fast Company 0%  0%  [ 2 ]
Chromosome 3 5%  5%  [ 23 ]
Scanners 5%  5%  [ 26 ]
Videodrome 7%  7%  [ 34 ]
Dead Zone 7%  7%  [ 35 ]
La Mouche 8%  8%  [ 41 ]
Faux-semblants 6%  6%  [ 31 ]
Le Festin nu 5%  5%  [ 25 ]
M. Butterfly 1%  1%  [ 7 ]
Crash 6%  6%  [ 33 ]
eXistenZ 7%  7%  [ 37 ]
Spider 5%  5%  [ 27 ]
A History of Violence 8%  8%  [ 42 ]
Les Promesses de l'ombre 6%  6%  [ 31 ]
A Dangerous Method 6%  6%  [ 33 ]
Cosmopolis 5%  5%  [ 27 ]
Maps to the Stars 4%  4%  [ 22 ]
Nombre total de votes : 508
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MessagePosté: 27 Déc 2014, 10:37 
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La filmo yoyo :

Frissons
4/6

Chromosome 3
5/6

Scanners
3/6

Vidéodrome
4/6

Dead Zone
5/6

La Mouche
6/6

Faux-semblants
3/6

Crash
0/6

A History of Violence
5/6

Les Promesses de l'ombre
4/6

A Dangerous Method
5/6

Cosmopolis
5/6

Maps to the Stars
2/6

J'aime pas trop quand il part dans ses délires organico-pouêt-pouêt, je trouve ça décoratif et un peu complaisant. Mais sinon c'est un formidable réalisateur de séries B. Et il a le mérité d'essayer des choses, de pas rester sur son petit modèle ce qui est très rare.

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Dernière édition par Tetsuo le 27 Déc 2014, 11:03, édité 1 fois.

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MessagePosté: 27 Déc 2014, 10:48 
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A mon avis ce que tu appelles "délire organico-pouêt-pouêt" est la marque la plus flagrante de son génie (mais j'avoue que l'expression est amusante). Cronenberg, et ce sont ses mots, se considère lui-même comme "le Bergman de la sci-fi" (je sais plus où j'avais lu ça). La critique européenne (et US dans une moindre mesure) a commencé à le prendre au sérieux assez récemment finalement. Je sais pas mais si tu regardes, par exemple, un "Videodrome", ou même "Existenz" (même si le film est nettement moins bon) et que tu les replaces dans leur contexte, tu comprends rapidement à quel point le mec savait de quoi il parlait et tu peux facilement constater que sa vision de "la nouvelle chair" est finalement sur le point de s'accomplir. Pour moi le seul problème de Cronenberg c'est que certains de ses meilleurs films ont été fait un peu trop rapidement. Je pense que des films comme "Videodrome" en pâtiront fortement au fil des années et je trouve ça vraiment dommage.


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MessagePosté: 27 Déc 2014, 11:10 
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Xavi777 a écrit:
A mon avis ce que tu appelles "délire organico-pouêt-pouêt" est la marque la plus flagrante de son génie (mais j'avoue que l'expression est amusante).


Alors disons que je n'aime pas ce besoin de labelliser son génie.

Citation:
Cronenberg, et ce sont ses mots, se considère lui-même comme "le Bergman de la sci-fi" (je sais plus où j'avais lu ça).


Si c'est le cas, c'est complètement débile.

Citation:
Je sais pas mais si tu regardes, par exemple, un "Videodrome", ou même "Existenz" (même si le film est nettement moins bon) et que tu les replaces dans leur contexte, tu comprends rapidement à quel point le mec savait de quoi il parlait et tu peux facilement constater que sa vision de "la nouvelle chair" est finalement sur le point de s'accomplir.


J'ai hâte de me foutre des Blu-ray dans le bide !

Citation:
Pour moi le seul problème de Cronenberg c'est que certains de ses meilleurs films ont été fait un peu trop rapidement. Je pense que des films comme "Videodrome" en pâtiront fortement au fil des années et je trouve ça vraiment dommage.


J'ai plutôt l'impression qu'il s'agit de son film le mieux considéré au fil des années.

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MessagePosté: 27 Déc 2014, 11:20 
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Bon, je pense que la comparaison avec Bergman était surtout une manière de mettre en avant le fait qu'il se considère plus comme un auteur que comme un réal' de série B. Même si après les deux réalisateurs ont en commun une certaine "froideur". Mais c'est vrai que la comparaison peut sembler un peu prétentieuse...

En ce qui concerne le fait de te mettre des Bluray dans le bide, tu peux toujours essayer. Bien qu'il s'agisse d'une licence poétique nous ne sommes pas si loin de pouvoir le prendre au pied de la lettre (cf. la réalité augmentée, les googleglass, où même le fait que moins de 20 ans après Vidéodrome on soit tous connecté à Internet presque 24h/24).

Videodrome est un film super classe. Cependant c'est un film qui vient d'avoir 30 ans et qui a déjà pris un petit coup de vieux. Ca lui donne un charme désuet assez énorme mais pas sur que les générations futures le voient du même oeil.


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MessagePosté: 27 Déc 2014, 12:02 
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Xavi777 a écrit:
Bon, je pense que la comparaison avec Bergman était surtout une manière de mettre en avant le fait qu'il se considère plus comme un auteur que comme un réal' de série B.


J'avais bien compris, et c'est bien ça le problème. Si c'est sa manière de voir les choses, il est bête. Un réal de série B n'est pas moins méritant qu'un "auteur", il en est même souvent un lui-même.

Citation:
En ce qui concerne le fait de te mettre des Bluray dans le bide, tu peux toujours essayer. Bien qu'il s'agisse d'une licence poétique nous ne sommes pas si loin de pouvoir le prendre au pied de la lettre (cf. la réalité augmentée, les googleglass, où même le fait que moins de 20 ans après Vidéodrome on soit tous connecté à Internet presque 24h/24).


Je suis pas sûr que ce soit vraiment le sujet de Vidéodrome ou Existenz. Puis quand bien même, je trouve pas tout ça bien difficile à prévoir. Et c'est pas parce qu'un réalisateur anticipe des trucs que ça rend ses films pertinents pour autant. Enfin, tout ça pour dire que c'est pas avec ça que tu vas me convaincre.

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MessagePosté: 28 Déc 2014, 10:29 
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C'est vraiment de la série B, Cronenberg ? Bon, c'est un peu inutile de classer les choses comme ça, mais de loin ça m'avait toujours semblé assez friqué. De manière générale, les réals du genres des années 80 (Carpenter, Craven...) me semblent plus mainstream dans la forme (un peu comme L'exorciste quelques années plus tôt, d'ailleurs).


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MessagePosté: 28 Déc 2014, 10:59 
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Tom a écrit:
C'est vraiment de la série B, Cronenberg ? Bon, c'est un peu inutile de classer les choses comme ça, mais de loin ça m'avait toujours semblé assez friqué.


Ah bah oui, bien sûr, c'est de la pure série B. Un film comme Dead Zone par exemple, t'as pas un seul effet spécial. Après, la série B en tant que tel ça n'existe plus depuis les années 60, on devrait plutôt parler de post-série B qui a resurgi dans les années 80 avec notamment Cameron, Carpenter ou Cronenberg (et qui en fait pour moi une décennie bien supérieure aux années 70), c-à-d qui reprend les codes de la série B indépendamment de leur budget et de leur circuit de distribution (Aliens ou The Thing, c'est totalement de la série B dans l'âme). Par contre tout ça s'arrête avec les années 90 (quand les budgets deviennent trop conséquents).

Citation:
De manière générale, les réals du genres des années 80 (Carpenter, Craven...) me semblent plus mainstream dans la forme (un peu comme L'exorciste quelques années plus tôt, d'ailleurs).


Là je comprends pas trop ce que tu veux dire...

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MessagePosté: 28 Déc 2014, 11:28 
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Faudrait pour que je sois plus clair expliquer en détail ce que sont, à mon sens, les caractéristiques de la série B classique, puis du cinéma bis dans les années 60-70, et ça nous mènerait à des débats un peu ambitieux pour un dimanche matin...

Présentons la chose autrement : l'héritier de la série B, si on ne fait que redérouler le fil du passage de témoin d'influences (par exemple Fisher > Bava > Argento...) semble être le cinéma bis et d'exploitation. C'est cette voie (Hammer, Shaw, Giallo, Pinku...) qui, selon moi, continue à faire évoluer les caractéristiques narratives et formelles de la série B classique, qui étaient nées par nécessité de production (et qu'il faudrait définir, donc, bien qu'on risque de tomber sur un océan d'exceptions... disons vite fait, et on va pas s'entendre je le sens : littéralité, prédominance d'un petit nombre de décors, compression du rythme et des péripéties, désir de figuration fort et jeux avec ce désir, réduction des enjeux à leur essence crue).

L'exorciste, et sa lignée, ne me semblent pas s'inscrire dans cette histoire-là : c'est une sortie et une diffusion de série A, déjà - mais même esthétiquement, bien que ce soit du cinéma de genre (et que l'horreur n'ait jusque là peu/pas existé en série A), je trouve que ça a une "gueule" de série A : c'est un style long et froid, réaliste et sobre aussi au-delà de son incise fantastique... en gros c'est pas un film pour cinéma de quartier. J'ai du coup plutôt l'impression que c'est un symptôme de remontée d'influence du cinéma gore dans le cinéma traditionnel, au sens où la violence visible s'y invite, ce qu'on peut voir à d'autres endroits à la même époque d'ailleurs (dans Bonnie and Clyde de Penn par exemple, même si le souvenir que j'en est est ultra-lointain), et qui participe à modifier la conception du cinéma traditionnel dans l'élan des mutations du Nouvel Hollywood.

Tout ça pour dire que les cinéastes du genre dans les années 80 me semblent en partie posés entre ces deux voies là (dans un prisme ambigu entre un The Thing qui fait très série B et un Faux semblants qui ne me semble presque plus y avoir d'attache), la réelle destination du bis me semblant alors plutôt être le cimetière du marché vidéo. C'est pas très bien argumenté tout ça, mais j'espère au moins réussir à faire comprendre ce qui m'intrigue dans les années 80, dans leur rapport au genre, et que j'ai toujours pas réussi à vraiment décoder (jusqu'à des choses très concrètes : j'ai beaucoup de mal à saisir qui va voir les films de Cronenberg / Carpenter à l'époque, pour quel public c'est vendu, dans quels type de salle, avec quelle réception critique...).


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MessagePosté: 28 Déc 2014, 12:12 
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Tom a écrit:
Présentons la chose autrement : l'héritier de la série B, si on ne fait que redérouler le fil du passage de témoin d'influences (par exemple Fisher > Bava > Argento...) semble être le cinéma bis et d'exploitation. C'est cette voie (Hammer, Shaw, Giallo, Pinku...) qui, selon moi, continue à faire évoluer les caractéristiques narratives et formelles de la série B classique, qui étaient nées par nécessité de production (et qu'il faudrait définir, donc, bien qu'on risque de tomber sur un océan d'exceptions... disons vite fait, et on va pas s'entendre je le sens : littéralité, prédominance d'un petit nombre de décors, compression du rythme et des péripéties, désir de figuration fort et jeux avec ce désir, réduction des enjeux à leur essence crue).


Mais là tu ne cites que des trucs hors Hollywood. Moi je parle plutôt de ce qu'elle est devenue à Hollywood avec les disciples de Corman par exemple, et de sa mutation vers la série A tout au long des années 80.

Citation:
L'exorciste, et sa lignée, ne me semblent pas s'inscrire dans cette histoire-là : c'est une sortie et une diffusion de série A, déjà - mais même esthétiquement, bien que ce soit du cinéma de genre (et que l'horreur n'ait jusque là pas existé en série A), je trouve que ça a une "gueule" de série A : c'est un style long et froid, réaliste et sobre aussi au-delà de son incise fantastique,... en gros c'est pas un film pour cinéma de quartier. J'ai du coup plutôt l'impression que c'est un symptôme de remontée d'influence du cinéma gore dans le cinéma traditionnel, au sens où la violence visible s'y invite, ce qu'on peut voir à d'autres endroits à la même époque d'ailleurs (dans Bonnie and Clyde de Penn par exemple, même si le souvenir que j'en est est ultra-lointain), et qui participe à modifier la conception du cinéma traditionnel dans l'élan des mutations du Nouvel Hollywood.


Bien sûr, mais parce que c'est pas du tout de la série B L'Exorciste, c'est totalement sous influence du cinéma européen post-Nouvelle Vague (en plus explicite). C'est plutôt un film à rapprocher de Répulsion (Polanski étant d'ailleurs l'autre pourvoyeur de films d'horreur hollywoodiens de classe A à cette époque). Le retour esthétique de la série B dans les années 70, il provient plutôt du côté de Spielberg et Lucas.

Citation:
Tout ça pour dire que les cinéastes du genre dans les années 80 me semblent en partie posés entre ces deux voies là (dans un prisme ambigu entre un The Thing qui fait très série B et un Faux semblants qui ne me semble presque plus y avoir d'attache), la réelle destination du bis me semblant alors plutôt être le cimetière du marché vidéo. C'est pas très bien argumenté tout ça, mais j'espère au moins réussir à faire comprendre ce qui m'intrigue dans les années 80, dans leur rapport au genre, et que j'ai toujours pas réussi à vraiment décoder (jusqu'à des choses très concrètes : j'ai beaucoup de mal à saisir qui va voir les films de Cronenberg / Carpenter à l'époque, pour quel public c'est vendu, dans quels type de salle, avec quelle réception critique...).


Le cinéma hollywoodien des années 80 se situe entre le Nouvelle Hollywood dont il sort à peine et le retour au cinéma d'exploitation mais cette fois-ci à grande échelle. C'est totalement dans cette optique qu'ont été distribués les premiers films de Carpenter et Cronenberg, à l'époque pas du tout, mais alors vraiment pas, présentés comme des auteurs.

Après, Cronenberg s'est un peu détaché de cette voie, à partir de Faux Semblant d'ailleurs (même si perso le film ne me semble pas si éloigné de la série B que ça).

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MessagePosté: 28 Déc 2014, 12:58 
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Tetsuo a écrit:
Mais là tu ne cites que des trucs hors Hollywood. Moi je parle plutôt de ce qu'elle est devenue à Hollywood avec les disciples de Corman par exemple, et de sa mutation vers la série A tout au long des années 80.

Les disciples de Corman, c'est qui, du coup ? Il y a beaucoup d'exploitation aux USA, pourtant. Mais le cas américain est pas très clair pour moi, en effet. J'ai notamment du mal à piger le lien exact entre Corman/Castle (qui serait l'étape US équivalente de la Hammer, peut-être, voir qui s'assimilerait encore vraiment à la série B classique, de ce que j'en ai vu) et les grands films du cinéma bis US (La nuit des morts vivants, Massacre à la tronçonneuse) qui semblent plus tenir d'une influence documentaire/européenne liée au cinéma New Yorkais - sans parler du cinéma style sexploitation ou blaxploitation, qui est encore autre chose, qui ressemble peut-être plus à une certaine conception du cinéma bis outre-Atlantique, et dont j'ignore les origines. Si rien de ça n'est lié, on en vient effectivement à se demander quel est l'héritage du cinéma de Corman (et quel type de films la génération Cronenberg/Carpenter continue).

Citation:
Le retour esthétique de la série B dans les années 70, il provient plutôt du côté de Spielberg et Lucas.

Ok, mais via un cinéma riche ? Est-ce que ça transforme pas fatalement la donne ? Si je te suis, le cinéma américain des années 80 > 2000 serait donc un découlement friqué de la série B ?

Citation:
C'est totalement dans cette optique qu'ont été distribués les premiers films de Carpenter et Cronenberg, à l'époque pas du tout, mais alors vraiment pas, présentés comme des auteurs.

L'optique, c'est donc un mélange cinéma d'exploitation à grande échelle (tu veux dire non résumé aux cinémas de quartier ?) et nouvel hollywood - mais ce dernier aspect n'amenait-il pas de fait une dimension auteurisante ?


Désolé, beaucoup de questions, mais tout ça m'intéresse (et j'ai bientôt mon cours annuel dessus qui revient :mrgreen: )


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MessagePosté: 28 Déc 2014, 14:57 
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Tom a écrit:
Tetsuo a écrit:
Mais là tu ne cites que des trucs hors Hollywood. Moi je parle plutôt de ce qu'elle est devenue à Hollywood avec les disciples de Corman par exemple, et de sa mutation vers la série A tout au long des années 80.

Les disciples de Corman, c'est qui, du coup ?


Tu veux dire sur le plan méthodologique ou littéralement ? Parce que tu as Coppola, Scorsese, Cameron, Dante, Demme qui ont tous été ses apprentis...

Citation:
Il y a beaucoup d'exploitation aux USA, pourtant. Mais le cas américain est pas très clair pour moi, en effet. J'ai notamment du mal à piger le lien exact entre Corman/Castle (qui serait l'étape US équivalente de la Hammer, peut-être, voir qui s'assimilerait encore vraiment à la série B classique, de ce que j'en ai vu) et les grands films du cinéma bis US (La nuit des morts vivants, Massacre à la tronçonneuse) qui semblent plus tenir d'une influence documentaire/européenne liée au cinéma New Yorkais - sans parler du cinéma style sexploitation ou blaxploitation, qui est encore autre chose, qui ressemble peut-être plus à une certaine conception du cinéma bis outre-Atlantique, et dont j'ignore les origines. Si rien de ça n'est lié, on en vient effectivement à se demander quel est l'héritage du cinéma de Corman (et quel type de films la génération Cronenberg/Carpenter continue).


La série B hollywoodienne, la pure, la vraie, ça part des grands studios à partir des années 30 avec leur prod de second ordre et des studios secondaires comme la Univeral et ses films d'épouvante et la Republic Picture, la Monogram etc, jusqu'au cinoche d'exploitation des années 60 avec Castle et Corman & co. Après ça, ce cinéma est parti vers la télé avec des séries comme la Quatrième Dimension (qui emploie carrément Tourneur), Colombo, Star Trek, ou est resté dans des circuits de diffusion plus confidentiels (dans lesquels s'intègre un cinéma qui va puiser des influences extérieurs comme les deux films que tu as cité). Ce sont les codes esthétiques de ces films qui sont réutilisés dans les années 80, leur inventivité, leur méthode.

Citation:
Ok, mais via un cinéma riche ? Est-ce que ça transforme pas fatalement la donne ?


Les films ont un budget plus confortable mais ils sont tout autant contraint à l'invention pour raconter leur histoire. Y'a pas de meilleur exemple que Jaws où, ne pouvant montrer le requin, Spielberg fait de cette contrainte un choix esthétique. Même avec du fric on ne se défait pas aussi facilement d'un certain savoir-faire, la donne changera mais progressivement.

Citation:
Si je te suis, le cinéma américain des années 80 > 2000 serait donc un découlement friqué de la série B ?


J'ai presque envie de te dire que la Série B EST l'essence même du cinéma hollywoodien.

Ce qui s'est passé grosso-modo, c'est que les histoires des séries B (SF, polar, horreur et même western etc.) sont devenues les histoires des séries A. Le paradoxe étant évidemment qu'en ayant les moyens de montrer ce qu'on veut, l'inventivité esthétique issue des contraintes économiques disparait, ce qui tue l'esprit de la Série B. Mais ce n'est pas seulement qu'une question d'argent.

Pour moi il y a deux films assez symbolique de ce basculement : Terminator 2 (et ses suites), qui ne fait que capitaliser sur le premier, qui, parce qu'il en a soudain les moyens (financiers ET technologiques), montre tout ce que le précédent ne pouvait que suggérer ; et Jurassic Park, qui théorise carrément sur les nouvelles possibilités exhibitrices des SFX. D'ailleurs ses deux films ont encore un mélange d'effets spéciaux traditionnels qui trichent à l'aide du découpage, et de SFX spectaculaires qui va totalement disparaître par la suite, comme une passation de pouvoir.

Mais sinon je ne pense pas qu'il reste grand chose esthétiquement de la série B dans le cinéma d'aujourd'hui, même s'il s'agit clairement de sa descendance.

Citation:
L'optique, c'est donc un mélange cinéma d'exploitation à grande échelle (tu veux dire non résumé aux cinémas de quartier ?) et nouvel hollywood - mais ce dernier aspect n'amenait-il pas de fait une dimension auteurisante ?


Non, pas un mélange, l'un ou l'autre. Carpenter, Dante, etc, c'est assez loin du Nouvel Hollywood. Quelques précisions là : http://www.critikat.com/actualite-cine/ ... ssaut.html

Citation:
Désolé, beaucoup de questions, mais tout ça m'intéresse (et j'ai bientôt mon cours annuel dessus qui revient :mrgreen: )


J'ai une tonne de taf en plus là, mais bon, le sujet me passionne...

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MessagePosté: 29 Déc 2014, 03:14 
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Tom a écrit:
Bon, c'est un peu inutile de classer les choses comme ça, mais de loin ça m'avait toujours semblé assez friqué.


Pas les premiers de la période canadienne. Et c'est assez admirable de voir comment il se débrouille sur le plan des effets spéciaux avec de si faibles budgets.


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MessagePosté: 29 Déc 2014, 03:16 
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Xavi777 a écrit:
Sinon c'est dans "Frissons" ou dans "Rage" qu'il y a une attaque de "zombie" avec des bites pointues qui leur pousse au creux des aisselles?



Frissons (sur à 90%)


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MessagePosté: 29 Déc 2014, 14:55 
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Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
Mais oui c'est dans Rage en effet.

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MessagePosté: 30 Déc 2014, 02:44 
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Je confirme. Frissons c'est le film de zombies nymphomanes (génial d'ailleurs).


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