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MessagePosté: 16 Jan 2016, 15:34 
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Sir Flashball
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Assez partagé en ce qui me concerne, un peu comme Tom.

Autant j'aime de tout mon coeur la première demi-heure, avec cette scène de prise de son en pleine nature absolument géniale (ça déboîte techniquement, mais c'est surtout d'une poésie et d'une sensibilité extraordinaires), autant je trouve que le film a un gros ventre mou, virtuose mais qui ne raconte plus grand-chose, multipliant les personnages et les rebondissements sans trop savoir quoi en dire.
J'étais de nouveau à fond quand De Palma se met à filmer Philadelphie sous tous les angles, avec sa gare presque déserte, ses grandes colonnes art déco, et ses personnages perdus dans cette vieille pierre.

La fin est belle, mais elle aurait pu être sacrément plus sympa si De Palma avait coupé le sifflet à Pino Donaggio.

4.5~5/6

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Gontrand, ta gueule.


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MessagePosté: 18 Aoû 2019, 23:09 
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Inscription: 14 Oct 2007, 11:11
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Revu ce qui est un de mes de Palma préférés et tout en sachant comment tout ça allait se terminer, l'émotion finale m'a totalement emportée (et moi je kiff la musique). Néanmoins quelques points m'ont un peu déçus par rapport au souvenir que j'en gardais:

Je ne comprends pas trop le personnage du tueur. Comme mentionné par Z je le trouve trop présent, j'aurais aimé je crois qu'on reste avec Travolta et Allen.

La course poursuite: j'avais à l'esprit une séquence folle et tendue de bout en bout et j'ai été un peu déconcerté par ce ride improbable en voiture et le crash qui s'ensuit en plein milieu de la fête. Travolta qui se réveille d'un coup pile au bon moment (enfin, pour la scène quoi) sans une égratignure et qui se barre sans que personne l'arrête alors qu'il y'a genre une quinzaine de flics autours de l'ambulance.

Le personnage d'Allen qui est quand même un peu bêta. D'ailleurs elle bute son associé ? Elle a l'air de s'en foutre totalement.

Mais bon rien que pour la toute dernière scène j'adore, avec ce cri qui revient... :( ça me fout les frissons, c'est terrible


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MessagePosté: 26 Avr 2020, 15:10 
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Inscription: 25 Nov 2005, 00:46
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Voilà Dario, c'est comme ça qu'on fait un giallo.

J'avais vu ce film il y a au moins 15 ans (en tout cas, avant la création de ce forum) et j'avais adoré, genre 6/6.
Je ne sais pas trop pourquoi je n'avais pas été amené à le revoir au départ. Par la suite, c'était la peur d'être déçu.
Je comptais le revoir lors de ma rétro De Palma, interrompue quand le cycle de la Cinémathèque s'est terminé alors qu'il m'en restait quelques-uns à (re)découvrir.

Et c'est précisément ce qui s'est passé hier soir.
Je me rappelais du point de départ et de l'aspect politique, en gros ce qui était dû à Blow Up (jamais vu) et Conversation secrète (à revoir) mais j'avais com-plète-ment oublié tout le reste.

Qu'est-ce que c'était bon, putain.
Dès le début avec sa fausse intro qui pourrait paraître vulgaire et facile, surtout aujourd'hui, mais qui va voir sa boucle bouclée à la fin de façon tragiquissime, j'étais une fois de plus on ne peut plus chez moi dans ce cinéma sur le cinéma, que ce soit le métier ou l'art. À l'heure où l'on peut toujours s'entendre dire qu'un film sur le cinéma ou qu'un personnage qui travaille dans cette industrie est trop segmentant et rappelle au spectateur qu'il est devant une oeuvre de fiction, un artifice, De Palma y plongeait déjà les pieds joints en il y a 40 ans en mode balek avec son improbable héros preneur de son pour films bis. Ca m'a rappelé le héros écrivain improvisé enquêteur de L'Oiseau au plumage de cristal mais en pertinent.

Ici, c'est précisément la fonction du protagoniste qui est la clé, qui fait sa force, sa particularité, sa capacité à enquêter. Je crois que Tarantino le cite souvent comme l'un de ses films préférés et c'est pas étonnant tant on peut tracer une ligne directe allant de Jack Terry aux personnages de Death Proof, Inglourious Basterds et Once Upon a Time...in Hollywood, ou comment les professionnels de la profession sont les seuls équipés pour vaincre le Mal.

Ici, ça va même plus loin, vu que l'enquête passe carrément par la fabrication d'un film. De deux preuves distinctes (un enregistrement sonore puis un film, d'abord divisé en photogrammes), Terry parvient à (re)créer la vérité. Pour un cinéaste fasciné par la façon dont le cinéma peut être à la fois la vérité et le mensonge 24 fois par seconde, c'est une incroyable déclaration d'amour au 7ème art. C'est le cinéma qui fait émerger la vérité de l'assassinat.

Plus encore que l'Antonioni ou le Coppola, c'est le film de Zapruder que De Palma revisite, ainsi que les tragédies encore récentes liées à deux Kennedy, mais dans un film plus désespéré que cynique sur l'impuissance humaine face à la corruption politique. Situer le climax du film en pleine célébration nationale dans la ville associée à l'indépendance des États-Unis, donc à la nature même de l'Amérique, ça c'est d'un grand cynisme, mais ramener le dénouement d'un thriller paranoïaque post-Watergate à l'incapacité pour le protagoniste, malgré sa bravoure d'action hero (la percée en bagnole frisant le hors sujet à travers la ville, manquant d'écraser civils, flics, gens de la parade), de sauver une pauvre ingénue manipulée par tous (l'anti-femme fatale) permet de renouer avec l'humain via tout un abattage de romantisme outrancier (le ralenti dans la course, le travelling circulaire en contre-plongée avec feux d'artifices, la musique à Pino).

Parce que là où le film aurait pu se limiter à de l'exercice de style détaché, cette virtuosité est là pour l'emphase et donc l'empathie avec le personnage. Derrière tout le terreau théorique, il y a l'échec d'un héros qui se cherchait une rédemption (je m'interrogeais sur la nécessité de donner un passé dans la police à Jack mais c'est pour mieux servir son pied de nez aux clichés du genre) et qui est ramené à son statut de simple mortel, de civil, de petit preneur de son de films bis, la seule vérité que le cinéma puisse porter étant le cri de la jeune défunte.

C'est nwaar.

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MessagePosté: 26 Avr 2020, 15:32 
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Inscription: 25 Nov 2005, 00:46
Messages: 75648
Localisation: Fortress of Writing
Z a écrit:
Énième revision. J'adore ce putain de film.

De Palma entremêle divinement plusieurs références (Blow Up, Conversation secrète, Le Voyeur) et plusieurs thématiques (l'assassinat de JFK, le Watergate, la mise en scène de cinéma) en recréant un contexte propice à l'élaboration de son propre film Zapruder.

Fuck yeah.
Bon, quand j'aurais fini mes rétro De Palma et Cronenberg, faut que je mate les Powell (& Pressburger) classiques là.

Citation:
Ici, pas de mise en abîme bidon sur le cinéma, mais une vraie force de narration, comme il le refera par exemple avec Mission : Impossible, lorsque Ethan Hunt imagine les multiples possibilités, devenant ainsi le metteur en scène mental de son propre film.

J'y ai pensé aussi, inévitablement. Y a une scène qui est quasi-identique, l'ancêtre de celle de M:I. Mes deux films préférés du bonhomme.

Citation:
C'est riche, c'est mélancolique, c'est simple et profond, c'est ultra sincère. Y a des idées qui valent de l'or (Jack en preneur de son, la reconstitution du film, la filature sonore, l'arc du cri...).

Toute l'emphase d'Obsession mais au service d'une histoire et de persos plus touchants.

Cosmo a écrit:
Des scénarios originaux de De Palma, il me semble que celui-ci reste le plus carré, le mieux construit. Evidemment, il se fiche totalement de certaines incohérences (De Palma n'est finalement jamais aussi bon que lorsqu'il adapte le scénario ou l'histoire d'un autre), s'attachant plutôt à ses personnages et à une ambiance paranoïaque qu'il parvient à installer et déployer, marquée par les affaires JFK et Watergate (bien plus que par l'affaire Chappaquiddick qui ne constitue finalement qu'une béquille pour lancer le film) qui secouèrent les années 60/70. A ce titre, les dialogues sont savoureux et finalement assez osés, puisque le réalisateur se permet, avec dix ans d'avance sur JFK, de remettre en question absolument tout le socle de la société (police, médias, politique...). Ce n'est certainement pas le seul film ni même le premier dans le genre, mais j'ai rarement ressenti une telle paranoïa, aussi prégnante, aussi incarnée, sauf peut-être chez Stone, justement (pas étonnant que les deux se soient entendus sur Scarface).

Voilà, j'ai beaucoup pensé au Stone de JFK aussi, dans la manipulation des images, dans la preuve PAR l'image.

Z a écrit:
Ce qui est fort dans ce plan, c'est qu'on met un certain temps avant de comprendre.

On accepte le pano comme un mouvement d'appareil lambda, puis ça devient vite un dérangement. On s'agace, on perd de vue le personnage (alors qu'en réalité, on lui colle à la peau et à l'esprit).

Quand le mouvement insiste davantage, on cherche un sens à cette effet parasite et désagréable, et la réponse se trouve alors dans le cadre : on comprend qu'il cherche ses bandes, qu'il stresse, que son monde s'écroule. C'est d'autant plus fort qu'à aucun moment une ligne de dialogue du genre "mais putain elles sont où ?" ne vient éclairer la scène. De Palma se contente de sa mise en scène, et part du principe que celle-ci doit coller subjectivement au personnage principal. Moi, j'adhère totalement à ce précepte.

Après, techniquement, j'adore la chorégraphie de Travolta dans ce plan.

100% d'accord.

Citation:
Le seul bémol du film pour moi, c'est encore une fois une question de point de vue. Que l'on partage celui de Travolta avec celui de Nancy Allen, pas de souci. Mais que l'on suive John Lithgow me paraît dispensable (et la seule concession faite au grand public).

C'est ce qui m'a fait penser au giallo. Le fait d'être dans le point de vue du tueur quand il tue. J'ai l'impression que c'est davantage une concession au genre et aux types de thrillers que De Palma faisait jusqu'à présent.

Film Freak a écrit:
Déjà-vu a écrit:
Film Freak a écrit:
De réputation : Pulsions, Le Bûcher des vanités, Caïn, Mission to Mars, Femme fatale, Le Dahlia Noir, etc.

Celui-là est au contraire considéré comme "le" meilleur.

Hein? Où? par qui?

Par moi aujourd'hui. Pas le meilleur mais dans le top 4 avec Snake Eyes. Comme quoi, Déjà Vu avait raison :

Film Freak a écrit:
Déjà-vu a écrit:
Art Core a écrit:
Je me base sur mon ressenti mais des films Dressed to Kill ou Body Double me paraissent bien plus "obsessifs" et pétris des pulsions sexuelles de De Palma.

Ainsi que Raising Cain et Femme Fatale, ce sont des De Palma².

Des De Palma ²/6?
Déjà-vu a écrit:
Film Freak a écrit:
Des De Palma ²/6?

Tu devais être "trop jeune quand tu les as vus"™.

En tout cas, j'ai hâte de revoir Phantom of the Paradise et Body Double que j'avais moyennement aimé et je suis même curieux de Raising Cain.

Bon, par contre, Femme fatale, c'était pire que dans mon souvenir.

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