Massinfect_reloaded a écrit:
Tu vas tourner fou avec toutes ces questions.
Tu me connais assez pour pas être étonné.
Massinfect_reloaded a écrit:
Je considère que c'est ma responsabilité à 100%. L'histoire passe beaucoup par de petits inserts chiants à faire, ou de cadres spécifiques qu'il est facile d'oublier, ou d'avoir la flemme de tourner. C'est aussi la responsabilité de la scripte, mais elle peut pas être à 100% dans ta tête
Je suis 100% raccord avec ça. Donc si tu ramènes des rushs au montage et que tu constates que ton langage fonctionne pas si le monteur sort pas l'artillerie lourde, tu considèrerais donc que t'as échoué ?
Film Freak a écrit:
C'est marrant, je viens justement de terminer le bouquin You've Got Red On You qui raconte la fabrication de Shaun of the Dead et il est sans cesse question de la difficulté de membres de l'équipe et de la prod à comprendre la méthodologie de Wright don't c'était le premier, sa multiplication des axes, ses inserts, etc. Le bouquin est sans fard sur les clashes constants avec le chef op. Et c'est une fois face au film monté qu'ils ont compris que le gars savait exactement ce qu'il faisait. Il était juste le seul à tout avoir dans la tête. L'échec aura été de ne pas avoir su le communiquer convenablement, j'imagine.
Et ça peut être d'autant plus compliqué qu'on a un quotidien solitaire. Notre taff c'est d'écrire. Plus seul tu meurs. Et d'un coup, HEY tu deviens le manager en chef de 70 êtres humains d'une entreprise qui va à fond les ballons. Chaque chef de poste manage son équipe, certes, mais c'est toi le gus tout en haut qui doit communiquer comme un dir com alors que PERSONNE ne t'as formé ou préparé à ça. Moi j'ai un rapport et un dialogue facile, je suis sociable, je sais écouter, bref je suis cool et déconstruit t'as vu. Et j'ai aussi une nana manageuse depuis pas mal d'année, donc j'ai appris via elle les bienfaits du feedback positif par exemple, ça coûte pas cher, c'est rapide, ça semble normal mais c'est pas du tout un réflexe chez tout le monde quand y'a pression. Donc j'entends beaucoup que pour pas mal de réals, c'est compliqué la communication, compliqué d'emmener une équipe. Beaucoup "d'autistes". Puis beaucoup de tocards aussi hein...
Massinfect_reloaded a écrit:
Acteurs et techniciens sont figés dans le temps présent du tournage, c'est pas leur rôle d'avoir la vision d'ensemble
De fou. Pour un plan pas emballé, toi tu sais que tu peux merder ta séquence et vraiment endommager ton film. Et toi des film t'en feras pas 4 par an comme eux. Pas DU TOUT les mêmes enjeux.
Castorp a écrit:
Mais tu leur expliques pas l'idée ?
Si, mais y'a aussi que les techniciens ont tous vus à répétition un réal se focaliser sur un truc pas très important pour éviter de voir l'éléphant dans la pièce. Genre, j'invente, le mec arrête tout parce qu'il est pas sûr que le logo du bandana soit celui du groupe en 88 et pas de 85. On lui propose de cacher le logo pour ce très court plan, tout sera nickel demain pour la suite. Mais non "c'est une catastrophe, c'est pas possible, comment vous voulez que je travaille comme ça, Jean-Luc, François, revenez, aidez moi

". Alors que le vrai truc c'est qu'on vient de voir à la mise en place que l'idée de la scène fonctionne pas. Donc les techos arrivent tous avec ce bagage là, qui fait qu'ils ont toujours un doute sur ce qui est pas obvious et que tu peux vite te sentir seul avec ton insert d'interrupteur. J'ai quasi pas rencontré ce soucis car j'avais que les moyens d'aller à l’essentiel. Et j'ai commencé le tournage par 10 jours sans heures sup, voir même en terminant en avance, ils savaient que j'étais pas le genre à leur faire perdre leur temps. Donc dès que j'ai eu à faire des bouibouis ou à demander qu'on re-fléchisse toute une séquence à 21h alors qu'on avait déjà 2h de retard, ils me suivent, ils foncent.