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MessagePosté: 11 Aoû 2026, 08:45 
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Oui merci pour ce compte-rendu tellement sincère, c'est hyper rafraîchissant. Je me suis toujours demandé en effet comment tu es pas dégoûté de ton propre film à force de le voir et le revoir. En tout cas on croise les doigts pour la suite :) !

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 11 Aoû 2026, 08:52 
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Et je suis désolé mais gna gna le Forum c'est nul gna gna le Forum ça sert à rien, mais sincèrement où dans l'internet francophone, à part ici, a-t-on droit à des récits à la première personne aussi directs et vrais que celui-ci ?

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MessagePosté: 11 Aoû 2026, 08:55 
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Trop content de lire ça, de voir que ça a pris forme, de reconnaître des choses et d'en anticiper d'autres. Hâte de voir ça !

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MessagePosté: 11 Aoû 2026, 09:11 
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tape dans ses mains sur La Compagnie créole
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Chouette à lire, tout ça! Merci pour le partage.

Qui est/sera le distributeur?

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MessagePosté: 11 Aoû 2026, 23:40 
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Massinfect_reloaded a écrit:
Je pense que ce blues n'existe que pour les réals qui ne jurent que par le plateau. Pour eux c'est là que tout se joue. Et dans leurs têtes, prépa et post-prod ne sont que des formalités qui ne les concernent qu'à moitié (et encore). Une fois le tournage terminé, go enchaîner sur le tournage suivant. J'ai des dizaines d'exemples comme ça, je trouve ça fou de réduire la fabrication d'un film à son seul tournage. Et en même temps je les envie un peu, ils kiffent l'instant à 100%.


Pour ce qui est du blues, nous étions sur un tournage en Île-de-France où tout le monde rentre chez soi le soir (ce qui est paradoxalement beaucoup plus contraignant, car rentrer chez soi en IDF, ça peut vite devenir un délire temporel), c'est sûrement différent d'un tournage "en région" avec un aspect plus colo, l'équipe qui reste ensemble après chaque journée à boire des coups, qui crée une ambiance différente (et où ça baise hein). J'ai pas vécu ce contexte, toi si.

Sur l'implication post-prod, j'ai aussi pu entendre des choses sidérantes. Genre réal qui découvre son film à Cannes tant il a à peine mis les pieds au montage, mais déjà il avait de toute façon pas tant réalisé les images qui sont dans le film... aucun nom ici mais on parle pas d'un petit film anonyme.
Et, je dérive, un autre sujet que je découvre et qui me fascine, j'en parlais un peu avant, ce sont les films qui s'inventent presque totalement au montage. Où le monteur voit les rushs et constate que le film que le/la réalisateurice (je fais pas d'inclusif après, ça sera "il") souhaitait ramener... n'est pas là. Je ne parle pas du move à la Malick où on a suivi les inspirations du moment, et que la démarche était dès le début de chercher ensuite quel film sommeille dans cette matière. Non, je parle de réals qui ont l'ambition de ramener le film qui va avec une intention précise, et puis qui ont échoué. Que si tu montes selon la grammaire qu'ils ont réalisée, ça marche pas, on comprend rien, c'est une catastrophe. Donc ça part en bourbier de 12 à 18 mois de montage (c'est pas si rare ! Mais on en parlera évidemment jamais) pour au final trouver un autre film qui, parfois, fait razzia de prix et de critiques. Réal saucé à tout va, "coup de poing de mise en scène, un talent visionnaire, un langage cinématographique sidérant, un génie est né, etc. etc.". Or l'intention dans ce qu'il a découpé, dirigé, filmé (son métier donc), ça fonctionne pas ! Mais le film final vient quand même des images qu'il a produites. Donc c'est quoi le bail ? Je me questionne énormément. Déjà qui réalise vraiment le film ? Qui a déterminé le langage et la vision ? C'est le film de qui ? (mettre plusieurs noms s'il faut...) Si je fabrique une chaise nulle mais que ma sœur découvre que ça fait un parfait escabeau si on enlève le dossier, je suis un génie de l'escabeau ou une couille qui a pas réussi sa chaise ? Bah je faisais pas un escabeau en fait... on m'applaudit moi ? Je sais pas...
Et y'a la même chose avec les comédiens, ceux qu'il "faut monter". La liste est longue. On obtiendra avec le montage, qui mêle 12 prises, une performance magnifique, mais y'a quand même pas une seule prise de réussie. Mais ça reste un assemblage d'émotions, de charisme, de présence, etc. délivrées à un moment par le comédien. On peut pas lui retirer ça.

Donc :
Massinfect_reloaded a écrit:
(...) ça ferait longtemps que les monteurs auraient des droits d'auteur amplement mérités. Mais en l'état c'est très facile de les "oublier", tout isolés qu'ils sont dans leur petite pièce. Pareil pour les monteurs son, désavantagés par rapport aux mixeurs par exemple (le salaire pour 10 jours de mix, ça représente le salaire de 6 mois de montage son).


Voilà. La perception d'une œuvre cinématographique est entretenue dans ce simulacre de l'artiste unique au détriment du collectif (les génériques sont pourtant longs). Je dis pas qu'il faut faire du pourcentage de c'est grâce à qui, flemme de l'enfer. Mais que les cinéphiles, au moins eux, n'aient pas l'automatisme de tout attribuer à une personne. C'est du cinéma, on vous ment parfois à des degrés que vous ne soupçonnez même pas.

Massinfect_reloaded a écrit:
Combien de clopes fumées/jour sur le tournage Yvan ? Je mise sur une moyenne de 27. Est-ce que tu vapotes entre chaque cigarette ? Je mise sur un oui.


Le paquet par jour easy peasy, et évidemment on vape le reste du temps comme un débile.
D'ailleurs, anecdote médicale. On commence par des semaines d’intérieurs, où je dois sortir pour fumer. Et très vite, ma bouche me nique fort, les clopes me brûlent, boire un truc pétillant revient à boire des clous et même manger c'est une galère. Je me dis que c'est un cancer de la bouche, normal. Je fais enfin un film, faudrait pas que la vie ça devienne sympa non plus.
Et je réalise que je me suis BRÛLÉ LE PALAIS (il était tout blanc). Car comme je sors fumer aussi vite que possible et qu'après 3 taffes on vient me chercher "Yvan besoin de toi en plateau pour vérifier si les kleenex te conviennent", je tire comme un ours, ma bouche n'a pas le temps de se refroidir entre 2 lattes, bref je me carbo la gueule sévère. Je me faisais boloss à même pas pouvoir fumer tranquille une clope par heure et comme je suis le rookie de l'équipe, je me plie, j'me grouille, je retourne en plateau, je veux pas être le réal qui fout le retard quoi (j'suis un canard). Quand j'ai capté que c'était n'importe quoi et que je n'étais absolument pas dans l'abus, j'ai demandé qu'on ne vienne plus me chercher quand je fume, je suis pas un réal balec, ils le savent maintenant. C'est mon film, je joue ma vie, oui je vais revenir dès que terminé, je vais pas traînasser sur Vinted. Quand j'ai ressenti qu'on a essayé de me dire que ma dépendance (wesh) pouvait être "problématique", j'ai dit ok, parlons dépendance, si vous m'enlevez mes clopes je vais de ce pas vous enlever la machine à café. Débat terminé. Sont fous eux.

Qui-Gon Jinn a écrit:
Super récit, jouissif.
Et je suis désolé mais gna gna le Forum c'est nul gna gna le Forum ça sert à rien, mais sincèrement où dans l'internet francophone, à part ici, a-t-on droit à des récits à la première personne aussi directs et vrais que celui-ci ?


Gonzo
Arnotte a écrit:
Qui est/sera le distributeur?


KMBO

Je ferai un post Avance sur Recettes. Parce que le miracle a eu lieu là. Que c'était la plus grosse montagne du film.


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MessagePosté: 12 Aoû 2026, 06:53 
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Génial tout ça, pas mal de trucs dont j'avais vaguement une impression de mon oeil lointain de cinéphile pas du tout expert, mais que tu décris concrètise tout ça x1000.

On voit déjà qu'il y'a parfois certains chef op ou scénaristes qui impriment davantage un film que le nom du réal, mais ce sont quelques noms "stars" en tous cas de ce que je connais, et ça doit être une minuscule partie de l'iceberg j'imagine.


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MessagePosté: 12 Aoû 2026, 11:58 
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Mortel, ce topic.

Sortie probable en 2027, donc ?

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Renseigne-toi sur Eric Trexler, neuneu !


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MessagePosté: 12 Aoû 2026, 14:28 
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Ouias, très cool récit (enfin tu m'as compris), j'ai trop hâte de voir ton film du coup !


Qui-Gon Jinn a écrit:
Super récit, jouissif.

Et je suis désolé mais gna gna le Forum c'est nul gna gna le Forum ça sert à rien, mais sincèrement où dans l'internet francophone, à part ici, a-t-on droit à des récits à la première personne aussi directs et vrais que celui-ci ?


Bah y'a le podcast avec Z que tu as toi même posté !


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MessagePosté: 12 Aoû 2026, 14:57 
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Jerónimo a écrit:
Ouias, très cool récit (enfin tu m'as compris), j'ai trop hâte de voir ton film du coup !


Qui-Gon Jinn a écrit:
Super récit, jouissif.

Et je suis désolé mais gna gna le Forum c'est nul gna gna le Forum ça sert à rien, mais sincèrement où dans l'internet francophone, à part ici, a-t-on droit à des récits à la première personne aussi directs et vrais que celui-ci ?


Bah y'a le podcast avec Z que tu as toi même posté !
Je parle évidemment en mode écrit/interactif. Le Reddit français est tellement faible…

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MessagePosté: 13 Aoû 2026, 09:09 
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Blaze a écrit:
Non, je parle de réals qui ont l'ambition de ramener le film qui va avec une intention précise, et puis qui ont échoué. Que si tu montes selon la grammaire qu'ils ont réalisée, ça marche pas, on comprend rien, c'est une catastrophe. Donc ça part en bourbier de 12 à 18 mois de montage (c'est pas si rare ! Mais on en parlera évidemment jamais) pour au final trouver un autre film qui, parfois, fait razzia de prix et de critiques. Réal saucé à tout va, "coup de poing de mise en scène, un talent visionnaire, un langage cinématographique sidérant, un génie est né, etc. etc.". Or l'intention dans ce qu'il a découpé, dirigé, filmé (son métier donc), ça fonctionne pas ! Mais le film final vient quand même des images qu'il a produites. Donc c'est quoi le bail ? Je me questionne énormément. Déjà qui réalise vraiment le film ? Qui a déterminé le langage et la vision ? C'est le film de qui ? (mettre plusieurs noms s'il faut...) Si je fabrique une chaise nulle mais que ma sœur découvre que ça fait un parfait escabeau si on enlève le dossier, je suis un génie de l'escabeau ou une couille qui a pas réussi sa chaise ? Bah je faisais pas un escabeau en fait... on m'applaudit moi ? Je sais pas...


Tu crois vraiment que ça existe ? Je parle des films qui obtiennent une razia de prix après avoir galéré de ouf après l'échec de la mise en scène.

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MessagePosté: 13 Aoû 2026, 12:08 
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Castorp a écrit:
Sortie probable en 2027, donc ?

Oui, 2027.
Z a écrit:

Z a écrit:
Tu crois vraiment que ça existe ? Je parle des films qui obtiennent une razia de prix après avoir galéré de ouf après l'échec de la mise en scène.

J'ai des titres qui ont fait bang à Cannes et/ou aux Césars et qui se sont fait polir par la critique. Parmi lesquels certains que j'adore.
Après, "échec de la mise en scène", c'est là que je me questionne. Jusqu'où on estime que va le boulot de la mise en scène ? Qui varie de toute façon d'un film à l'autre. J'enlève les Malick, ou WKW qui filme 12 histoires sur 6ans et choisit ensuite ce qu'il va inclure. Et je précise que je ne parle pas de Kechiche, que j'inclus plutôt avec Malick et WKW dans la méthode de ceux qui whatever ramènent assez de péloche pour faire le tour des frontières.

Je pars du principe que la très très très grande majorité des films a avant tout pour objectif de réussir à raconter une histoire établie en amont. Si le projet narratif, conçu par la MES, ne parvient vraiment pas à raconter l'histoire de façon digeste sans le remanier pendant des mois et des mois, c'est un échec de MES ? Notre boulot c'est d'aller faire les courses pour un projet de plat, si avec ce qu'on ramène on peut pas faire le plat en question, on a bien fait les courses ou on a plutôt échoué ? Quand bien même le plat final est succulent.
J'entends totalement qu'on fait de l'art, c'est pas des maths.
Mais quelqu'un qui a lu le scénario voit le film.
- C'est super bien ! Mais c'est vraiment différent de ce que j'avais lu.
- Ouais
- C'est ce que tu voulais faire ?
- Non. Mais on a réussi à avoir ce bijou avec 12 mois de montage et 4 monteurs.
Donc j'ai envie de dire que ce gars là, jamais je le produis !
MAIS, dans les images qu'il ramène et qui échouent à raconter, y'a 20% d'or que personne d'autre n'est capable de ramener. C'est précieux de ouf et un monteur (des monteurs :D ) trouveront comment les faire fonctionner (ou pas... car souvent après le film intronisé, le suivant dit la vérité...)

En fait y'a juste des faiseurs d'or (du moins considérés comme tels hein...) qui sont - parfois ? toujours ? - pas capables de raconter une histoire (et des comédiens rares qui ne sont pas capables de tenir une interprétation). Et c'est cool, chacun son bourbier, mais c'est des bons réalisateurs ? Putain j'sais pas... question sans réponse hein, mais je cogite quand même.

Quand on parle ensuite de "la maitrise de X"... 12 mois à maîtriser le bordel en montage, c'est de la maîtrise du réalisateur ça ? On dirait pas...


Dernière édition par Blaze le 13 Aoû 2026, 12:33, édité 1 fois.

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MessagePosté: 13 Aoû 2026, 12:27 
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Mais je repense subitement à The Arrival, pour lequel le monteur à dit à quel point la narration a été totalement refondue au montage, car personne ne comprenait toujours RIEN, même lors des premières projos tests publiques. Alors que j'ai tendance à vraiment classer Villeneuve dans les réals qui contrôlent. N'empêche qu'il revient avec des décisions qui font qu'on bite rien.
Donc c'est surtout un questionnement sur mon métier. Sur le curseur de contrôle. Car forcément après un seul dont je n'ai encore pas la moindre idée de ma réussite/échec, j'me questionne fort pour la suite.


Edit. Écrire ça aide à éclaircir. La question utile que je pose à Z et Mass: durant le tournage, dans quelle mesure vous considérez qu'il est de votre responsabilité qu'on comprenne l'histoire ?


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MessagePosté: 13 Aoû 2026, 13:37 
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Tu vas tourner fou avec toutes ces questions. Je vais citer mon vieux 1er assistant réal sur mon premier film : "Quoiqu'il arrive, un film ressemble à son réalisateur, c'est comme ça c'est magique". Villeneuve pourrait accepter le scenar de Certains l'aiment chauve 2, le tourner en donnant ses directives depuis sa chambre d'hôtel par talkie, laisser les prods superviser le montage, et ben au final ça ressemblera quand même à un film de Denis Villeneuve... À tester.


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MessagePosté: 13 Aoû 2026, 14:23 
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Blaze a écrit:
Edit. Écrire ça aide à éclaircir. La question utile que je pose à Z et Mass: durant le tournage, dans quelle mesure vous considérez qu'il est de votre responsabilité qu'on comprenne l'histoire ?

Je considère que c'est ma responsabilité à 100%. L'histoire passe beaucoup par de petits inserts chiants à faire, ou de cadres spécifiques qu'il est facile d'oublier, ou d'avoir la flemme de tourner. C'est aussi la responsabilité de la scripte, mais elle peut pas être à 100% dans ta tête, surtout si t'as pas de storyboard ou de shot-list. Sur Balle Perdue 3, truc tout con : j'ai un accident de moto au début, et le motard (Nicolas Duvauchelle) doit comprendre que le câble de frein de sa bécane avait été sectionné... Bon ben là pendant 30 minutes tu fais des gros plans sur un câble coupé, avec l'accessoiriste qui actionne une mini-pompe pour avoir une mini-goutte qui sort du câble. Il lui faut 20 tentatives pour avoir la goutte parfaite, au bon timing parce que j'ai aussi l'acteur qui va prendre le câble à la main, etc. Et sur le moment personne comprend vraiment pourquoi tu veux absolument filmer un plan de durite parfait alors que tu viens de crasher une moto. Et donc c'est parti pour 30 mins de réflexions de Duvauchelle, "Elle sera au générique avant moi la durite ?", "Nicolas Duvauchelle c'est 25 ans de carrière, des millions d'heures de rushes, shoot the money !", "J'suis sûr elle va pas être dans le film la durite", etc...
Bon, chez nous c'était très drôle mais j'imagine un tournage où ce serait premier degré, t'as vite fait de faire l'impasse sur ce genre de plans chronophages.


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MessagePosté: 13 Aoû 2026, 14:42 
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C'est marrant, je viens justement de terminer le bouquin You've Got Red On You qui raconte la fabrication de Shaun of the Dead et il est sans cesse question de la difficulté de membres de l'équipe et de la prod à comprendre la méthodologie de Wright don't c'était le premier, sa multiplication des axes, ses inserts, etc. Le bouquin est sans fard sur les clashes constants avec le chef op. Et c'est une fois face au film monté qu'ils ont compris que le gars savait exactement ce qu'il faisait. Il était juste le seul à tout avoir dans la tête. L'échec aura été de ne pas avoir su le communiquer convenablement, j'imagine.

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