Marlo a écrit:
A travers ce poncif je sens surtout la fierté habituelle (et de plus en plus hors de propos) des Français qui veulent toujours croire qu'ils portent en eux, à travers leurs fêtes populaires et leurs quarts de rouge, un modèle important à défendre pour la survie des idées libérales, démocratiques, humanistes, etc.
Je viens de finir La Débâcle de Zola, et c'est marrant de voir que c'est exactement la façon dont il parle des illusions perdues de ses compatriotes... il y a plus d'un siècle.
Je le cite :
Citation:
Il éclatait d’aise, toute la vieille gaieté militaire française sonnait dans son rire de triomphe. C’était la légende, le troupier français parcourant le monde, entre sa belle et une bouteille de bon vin, la conquête de la terre faite en chantant des refrains de goguette. Un caporal et quatre hommes, et des armées immenses mordaient la poussière.
Brusquement, sa voix gronda.
– Battue, la France battue !... Ces cochons de Prussiens nous battre, nous autres !
Il s’approcha, saisit violemment Weiss par un revers de sa redingote. Tout son grand corps maigre de chevalier errant exprimait l’absolu mépris de l’ennemi, quel qu’il fût, dans une insouciance complète du temps et des lieux.
– Écoutez bien, monsieur... Si les Prussiens osent venir, nous les reconduirons chez eux à coups de pied dans le cul... Vous entendez, à coups de pied dans le cul, jusqu’à Berlin !
Et il eut un geste superbe, la sérénité d’un enfant, la conviction candide de l’innocent qui ne sait rien et ne craint rien.
– Parbleu ! c’est comme ça, parce que c’est comme ça !