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MessagePosté: 12 Juil 2011, 22:49 
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Schtroumpf sodomite
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Vois Le Salon de Musique et Les Joueurs d'échec.

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MessagePosté: 12 Juil 2011, 22:55 
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Oui, père.

Salon de musique ça ne saurait tarder, j'attends la sortie du HD Criterion.


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MessagePosté: 14 Avr 2019, 13:34 
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Oui film remarquable, un des plus beaux portraits de femme de Ray ( double - car le personnage de la belle-soeur est lui aussi très fort) . L'actrice, Sharmila Tagore, est géniale.
On retrouve la même hauteur de vue et, en même temps, la même immédiateté dans la saisie de la personne humaine
pour paraphraser un commentaire en colère de Werth contre la langue de bois de la radio de Vichy
dans ce film que dans les livres de Tolstoï, mais en plus féministe - et pour Ray en plus masochiste..

L'histoire rappelle beaucoup le passage de Guerre et Paix où Natacha surmonte sa tentative suicide par une sorte de délire mystique (à cause d'une histoire d'amour assez courageuse dans sa situation, mais où la veulerie de tous jouait un rôle) dans une messe de Pâques, qui lui montre l'image socialement "acceptable" de sa propre hystérie. Elle comprend alors - mais mal - que la manière dont elle se percevait elle-même se formulait, dans cette maladie, elle-aussi en terme de foi et de croyance, et non pas de savoir. (ce qui liquide l'épisode à la fois amoureux, et religieux , qui ne joue ensuite plus aucun rôle dans le roman).

On voit aussi dans le film tout ce qui fait de la mise en scène de Satyajit Ray un système complètement obsessionnel, et , de manière contradictoire, une démarche rationnaliste d'émancipation collective, sensible à l'injustice du système de castes. Il y a clairement dans le film le plan du drame familial, dans lequel l'histoire de la folie qui circule du beau-père à la jeune mariée et celui de l'exploitation idéologique de la religion ne "collent pas" (elles sont réunies par la perversion du beau-père, mais qui les exploite sans en être la cause, plutôt d'ailleurs par concupiscence sexuelle que par calcul) et le plan (plus documentaire), du peuple, où la religion et la maladie sont mises sur le même plan. L'introduction d'un décalage est justement la fonction de la bourgeoisie. D'où le problème de Ray : comment filmer "bien" le peuple, c'est à dire introduire le drame avant ce décalage : ce sera l'enjeu de Tonnerre lointain - un enjeu à la fois pour la gauche et le couple : qu'est-ce qui pourrait être équivalent en terme de valeur à la bourgeoise sans l'être ? Il le trouve sans doute dans la parole féministe - et son caractère à la fois énergique et sceptique.

L'histoire rappelle beaucoup celle de la Maison et le Monde, de 1984, et les Joueurs d'Echec qui approfondissaient par ailleurs le passage vers l'animation amorcé par la Déesse (qui représente l'irreprésentable : la conscience nationale indienne en situation coloniale). Il est vrai que Ray filme souvent (tout comme Antionioni, Hou Hsio Hsen, de Oliveira ou peut-être Godard) la même situation, mais les déclinaisions sont justement ce que je trouve passionantes. Ici, c'est sans doute celui de ses films où la folie joue le plus grand rôle, et donc le plus déstablisant.
Ce qui m'a le plus troublé dans le film c'est que la fin, avec la fuite de l'actrice, entre suicide et espoir de recommencement, est exactement la même que celle du Lâche (filmé 5 ans plus tard), qui la transpose dans un contexte contemporain, qui lui donne la même signification psychologique, mais une portée sovia'e complètement opposée . La culpablité du mari ou du compagnon (avouée douloureuement dans les deux films) n'atténue pas ce qui chez son épouse restera un secret, ce qui relie l'histoire/ hystérie de sa femme au contexte politique général. C'est d'autant plus frappant que le même acteur joue de la même manière dans les deux cas, Sumitra Chatterjee, le pilier des rôles masculins de Ray -et sans doute son double-, un peu pour lui ce que Luis Miguel Cintra était pour de Oliveira.

Image
Cette image rappelle beaucoup "Vaudou" de Tourneur (avac lequel la Déesse n'est pas sans lien).


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