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La fuite, je l'utilse à titre d'exemple pour souligner a quel point la réaction phobique peut être radicale comparée à la menace réelle que représente son objet : s'enfermer et appeler à l'aide pour une souris, quitter une pièce pour une guêpe, hurler à cause d'une araignée etc. Réactions authentiques de panique, de détresse, face à un objet qui n'est pourtant pas si dangereux (les souris et les airaignées sont inoffensives). Les piqures de guêpes et frelons peuvent être mortelles pour les personnes allergiques mais ce n'est généralement pas ce risque-là, bien réel pour certains (moins de 10% de la population), qui explique leur phobie.
Bref, pour aborder le sujet qui nous intéresse, et de manière générale sur le forum (et dans la vie), j'essaye de concilier la définition dont j'ai connaissance avec mon expérience et celle des gens que j'ai rencontré au fil des années. Maintenant, si cette définition s'avère artificiellement restrictive et/ou qu'il en existe une qui englobe "une forte aversion" et "une peur instinctive", ça change un peu la donne.
Et c'est reparti pour du "Epstine"/"Epchtaïne".
*craquement de doigts*
Une forte aversion. J'ai une forte aversion pour le communisme, aussi bien en théorie qu'en pratique. Mais mon aversion est justifiée : des millions et des millions de morts, une prise de pouvoir par la violence révolutionnaire, une application et un maintien au pouvoir qui ont systématiquement dépendu, dans tous les cas, d'une surveillance et d'une répression constantes sinon tout le monde s'en va (et a bien raison). Ca a été tenté à des endroits très différents les uns des autres, mais ça a toujours donné ces mêmes résultats. Suffisamment pour qu'on soit tous d'accord que c'était vraiment pas une bonne idée, ni de près, ni de loin. Je ne pense pas être phobique du communisme, j'ai cette aversion parce que je me suis renseigné.
J'ai une forte aversion pour l'odeur de la chair en décomposition, parce que c'est la pire odeur au monde qu'on puisse sentir, très loin devant toutes sortes d'odeurs pourtant toutes plus désagréables les unes que les autres.
J'ai une forte aversion pour les gens ivres, parce qu'ils sont lourds et bruyants et qu'ils ne savent pas se tenir peu importe où ils sont.
J'ai une forte aversion pour l'eau de mer, parce que je n'aime pas boire la tasse.
etc.
Forte aversion = parce que.
Une peur instinctive. Passons sur le fait que rajouter "instinctive" est redondant, puisque la peur c'est justement ça, l'activation automatique d'une technique de survie primale face à un danger réel qui nous alerte aussitôt : un bruit extrêmement fort (fusillade, explosion etc.), quelque chose de très grand ou très étendu qui bouge ou progresse et créé des dégâts (un incendie, une innondation, un effondrement etc.), des comportements erratiques sur la voie publique ("tout le monde court dans l'autre sens sauf moi"), des comportements agressifs de la part d'un autre être humain ou d'un animal etc. Toutes ces choses là font peur, on peut rajouter instinctivement pour enfoncer le clou, mais elles font peur pour de bonnes raisons, parce qu'elles sont dangereuses.
Peur = parce que.
Si la vraie bonne définition communément admise de la phobie inclue ces éléments et exemples, alors je m'incline. Ce n'est pas la notion que j'en avais. Pour moi, la phobie a ça de spécial qu'il n'y a pas vraiment de "parce que".
_________________ Looks like meat's back on the menu, boys!
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