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Le personnage le plus emblématique de ce type de psychologie qui me vient en tête est le servent Williams (joué par je ne sais plus qui) dans la Colline des Hommes Perdus de Lumet (il y a des résonnances entre ce film et le perso de Ryuchi Sakamoto dans Furyo d'Oshima, tout comme entre celui de Sean Connery et celui de Bowie). sinon plus près de nous Lino Ventura dans des trucs comme Espion Lève-toi (au début). Le serviteur de l'état intègre mais désabusé (qui sert malgré lui de révélateur du pourissement d'un système qu'il n'arrive pas à réctifier) est aussi une figure qui revient beaucoup dans le cinéma "à thèse sociale" italien (rien que le personnage du juge Falcone dans le dernier Bellochio). Le prototype de ces personnages est peut-être Von Stroheim dans la Grande Illusion; Ce qui est marrant c'est que la même caractérisation permet d'invoquer des moines-soldats en rupture de ban suite à une rébellion brutale ("Les Hommes contres" de Rosi) ou bien au contraire des personnages de sadiques qui se lovent dans le système ("Amère Victoire" de Ray ou les films de Lumet et Oshima déjà mentionnés). C'est aussi un type de caractère que l'on retrouve beaucoup chez Kubrick (ne fût-ce que Keir Dullea dans 2001 finalement)
_________________ je croyais que dans leur monde bouclé par le sadisme, eux-mêmes vivaient en parfaite sécurité
Imre Kertész
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