
petite vague d'adaptation des thrillers des années 80/90 en série : liaison fatale, faux semblants, présumé innocent, et donc ces nerfs à vif...
il y a les réalités de l'industrie - c'était un roman, devenu un film en 62, puis un remake en 91, pas de raison d'être puriste quand ça trouve une nouvelle incarnation. au contraire, c'est intéressant de voir la manière dont une même histoire se raconte à travers les formes et les âges, dans le fond et la forme.
et puis il a le souci fondamental que 10 x 50 minutes c'est beaucoup, en tout cas considérablement plus que les 2h05 du scorsese - que je venais de voir - et qui était déjà trop long.
sachant que donc c'est apple +, dont je n'ai quasiment rien vu mais qui ont excellente réputation, ça a manifestement tout l'argent nécessaire, et c'est avec amy adams, patrick watson, javier bardem...
dans l'état actuel de l'industrie c'est du lourd quand même, clairement.
et donc :
les deux premiers épisodes font le truc typique de ce genre de projet : ça reprend assez fidèlement ce que l'on connaît. quelques ajustements d'histoire plutôt bien vus (ce n'est plus que le monsieur avocat qui est poursuivi mais le couple, qui ont tous les deux un lien avec l'histoire), quelques changements dont on attend de voir ce que ça donne (l'affaire a globalement bien changé), mais sinon on étend, on ajoute des choses dans le ton... rien à dire, plutôt sympa, des bonnes scènes, excellents acteurs, ça me fait toujours plaisir de voir mes thrillers américains.
mais bon, y a encore 6 épisodes derrière et là, c'est le drame.
la simple nécessité de remplir tout ce temps avec une intrigue assez simple ne peut pas tout excuser. dès le début, il y a 1/ une volonté de multiplier les avanies que subit le couple - et leurs deux enfants - qui ne pouvait que mettre les scénaristes sur une voie de surenchère qui était nécessairement une impasse 2/ un confort à ce que toute cette famille (2 grands ados, 2 adultes, csp++++++) se comporte individuellement et collectivement de manière totalement débile, en dépit du bon sens, à faire rigoureusement n'importe quoi, aussi bien intellectuellement que stratégiquement qu'émotionnellement. ils font : n'importe quoi.
si on ajoute à ça le nécessité d'avoir des rebondissements divers on se retrouve à 300km/h sur l'autoroute du nawak, sans ceinture de sécurité.
mais le tout filmé sérieusement, dans un movie-verse "crédible" à échelle du cinéma américain, avec d'excellents acteurs qui sont en total premier degré tout en jouant les trucs les plus intensément ludicrous de leur carrière.
douloureux.
on peut reconnaître que le principe de surenchère est tenu parce que ça grimpe l'échelle du n'importe quoi de manière continue et ne s'arrête qu'à la toute dernière seconde - un peu d'artifice particulier à l'épisode 8 où la situation est totalement absurde - et parfaitement inextricable, et pour aller encore plus loin... elle s'arrange en 2 minutes en 4 répliques dans l'épisode 9. n'importe quoi.
quelque part fascinant, mais principalement douloureux. cas d'école en tout cas.
javier bardem est vraiment génial et toujours super de revoir juliette lewis, super idée de l'avoir fait venir.