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 Sujet du message: [PS3] The last of us
MessagePosté: 15 Juin 2013, 01:22 
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Celui-là, il m'inspirait pas beaucoup à la base. Ça sentait le déjà-joué, une sorte de pot-pourri de tout ce qui a marché sur cette génération de consoles. Et puis les premiers tests sont tombés, unanimes etc... Comme ça faisait bien longtemps que je m'étais pas payé un bon gros jeu à 60 euros (et que je suis très influençable), je me suis torché la moitié du jeu aujourd'hui.
Oui bon ben les premières heures ne sont pas folichones. Oui c'est joli pour de la PS3 (mais pas plus qu'un Uncharted 2 ou un God of War 3), oui y'a une ambiance sympatoche, mais à part ça, on est en terrain connu. Des mécanismes de jeu archi vus et revus, des scripts prévisibles, des personnages assez bateau. Dans le même genre, Walking dead (le jeu) est passé par là, et c'est vraiment difficile de l'égaler.

Mais ça, c'est juste pour les premières heures. Parce qu'après, le titre se paye une véritable identité. Effectivement, c'est un gros mix, mais quel mix ! Quand ça se veut angoissant, c'est VRAIMENT angoissant (faut jouer en difficile hein). Quand ça se veut "survival", c'est bien simple, on a l'impression d'y être. Et quand ça se veut bourrin, c'est archi violent. Et il faut voir comment ces différentes phases s'entremêlent naturellement, c'est assez bluffant. Superbe rythme, impossible de se faire chier.

-Gameplay aux petits oignons : on évite l'overdose de phases de plate-forme (et autres conneries du genre "mmmh, je dois sans doute rétablir l'électricité si je veux prendre cet ascenseur"), les bastons à mains nues sont abusées, les gunfights font très mal, l'infiltration est correcte.
-La gamine qu'on se trimballe est tout sauf un boulet, pas besoin de se soucier d'elle. Et surtout, elle se montre particulièrement utile, en prévenant de l'arrivée d'un ennemi, en leur jetant des briques à la tronche (mortel ça), ou en évitant de se faire choper trop souvent. Du coup, les rares passages où l'on se retrouve tout seul sont moins sympas... Première fois depuis ICO que j'apprécie ce type de coopération (mais faudrait peut-être que je termine Bioshock Infinite, pour confirmer tout le bien qu'on dit d'Elizabeth)
-L'IA des ennemis est un peu plus à la ramasse (du moins pour les ennemis humains), même si on sent l'héritage Uncharted dans les gunfights : ça contourne, ça déloge, ça bat en retraite... C'est très dynamique, mais l'aspect infiltration est assez basique (je te tourne le dos, attaque-moi). Après, la vraie bonne idée du jeu, ce sont les clickers... C'est grâce à eux qu'on flippe. Leur manière de bouger, le son qu'ils font, leur résistance. Autant dire qu'il vaut mieux éviter l'affrontement direct, sinon c'est Game over à tous les coups.
-Level design bien foutu, magnifié par les textures souvent glauquissimes et poisseuses. Décors très variés, propices à l'exploration (un des gros points forts du jeu). Du coup, jamais l'impression de progresser dans un simple jeu "couloir".

Tout ça évidemment servi par une mise en scène impeccable, qui sert le propos sans verser dans le tape à l'oeil gratos, et qui donne droit à de petites fulgurances particulièrement oppressantes. Malgré tout ça, la relation entre le mec et la gamine reste quand même très superficielle... Du moins pour le moment. Le scenar est pas ouf non plus (une pauvre resucée des Fils de l'homme), mais j'ai vraiment envie de savoir ce qui leur arrive par la suite. En espérant que ça devienne aussi jusqu'au boutiste que Walking dead justement.

En fait, ça paye pas de mine au départ, et puis finalement ça devient dur de lâcher le pad. Assurément un gros jeu, sans doute pas le chef d'oeuvre annoncé (j'attends la fin pour me prononcer), mais au moins de quoi enterrer la PS3 avec les honneurs.

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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 16 Juin 2013, 15:52 
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Une belle fin qui nous évite les poncifs du genre. Le voyage en valait la peine.

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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 22 Juin 2013, 17:30 
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Moi, c'est simple, dès que j'entends un truc qui fait "click-click-click" chez moi maintenant, j'ai envie de me bricoler un couteau


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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 08 Oct 2013, 09:55 
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J'ai mis du temps à comprendre pourquoi le jeu était si bon. De prime abord j'ai été un peu déçu je dois dire. Non pas que je trouvais le jeu mauvais mais que simplement il me paraissant vraiment banal. Un énième univers d'infectés/zombies qui donnait l'impression d'être dans un mix Metro 2033, Dead Space, The Walking Dead & co...
Mais ce qui fait le sel du jeu n'est pas ostentatoire, ça ne saute pas aux yeux. Et dans le jeu vidéo on est pas trop habitué à ça. La force de The Last of Us tient surtout à un élément : son scénario. C'est littéralement la première fois que je suis ému aux larmes devant un jeu vidéo. Ils ont réussi l'exploit de créer une immense empathie pour les deux personnages principaux. Et ça, sans abuser des cinématiques, sans tout jouer là dessus mais au contraire, on finit par les aimer dans le cours du jeu. C'est assez fort.
La BO est géniale, toute minimaliste avec ses légèrs riffs de guitare, elle est de Gustavo Santaolalla, le compositeur attitré d'Inarritu. Le sound design est super travaillé d'ailleurs. Visuellement c'est un régal également. L"univers apocalyptique bien que peu original est transcendé par une qualité de réalisation à couper le souffle. Profondeur d'affichage impressionnant, gestion de la lumière parfaite, détails immersifs (comme les particules, la poussière etc...).

Et puis enfin un vrai jeu de survie où le personnage principal n'est pas un surhomme mais un mec qui tombe en arrière quand il se prend une balle. Un mec qui ne peut pas sauter à trois mètres de haut et qui ne fait pas du parkour. Le jeu prend l'option réaliste et c'est tout à son honneur. On avance à tatons, le danger est partout et les munitions limitées.

Mais voilà ce qui reste à la fin, c'est vraiment ce que le jeu nous a raconté, ces personnages qu'on aimé pendant 15h et qu'on même du mal à quitter. Vraiment fort. Je verrais bien une adaptation ciné du jeu d'ailleurs tellement le scénar est bon.

Gros 5/6. Un jeu que j'aurai plaisir à refaire d'ailleurs.

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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 09 Oct 2013, 19:17 
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Ouaip, du coup ma critique se basait sur les 5 ou 6 premières heures de jeu. Tu fais bien de parler du scénario, c'est l'un des meilleurs qu'il m'ait été donné de voir dans un jeu. Tout en finesse, plein de subtilités, avec des personnages super travaillés... Pas besoin de rebondissements de ouf ou de cliffs de la mort. La narration est parfaite, et c'est bien l'un des rares jeux qu'il ne me tardait pas de finir. Ça va crescendo, et pour moi, le dernier acte est le meilleur. L'épilogue est parfait.

5/6

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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 09 Oct 2013, 21:15 
Santaoalla a participé à la bo, c'est bon ça.


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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 15 Fév 2014, 01:14 
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Premier DLC. 3 heures de jeu, 15 euros.
Et ça les vaut largement. Je suis pas très DLC à la base, ça sert souvent à rien. Mais pour ce jeu j'ai fait une exception, et j'ai bien fait. Putain que ça fait du bien de replonger dans cet univers et ce gameplay, surtout après plusieurs mois sans y toucher… Un épisode qui vaut davantage pour sa narration et ses personnages, que pour l'action. Bien que jouissive, cette dernière est dépourvue de nouveautés. Pas de nouvelles armes, pas de nouveaux ennemis. Bref, on s'en cogne. On est là pour l'histoire et l'ambiance poisseuse. Et surtout les personnages. Ellie est à l'honneur, et on a droit à quelques révélations qui remettent un peu plus le jeu en perspective, c'est superbe.
Kechiche peut aller se moucher.

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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 19 Fév 2014, 16:46 
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Je viens de commencer The last of us. Je n'en suis qu'à quelques heures mais je vous rejoins sur les qualités. Par contre, je suis assez soufflé par les qualités de mise en scène du prologue. Limite envie de chialer quand le titre apparait.


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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 06 Avr 2014, 11:16 
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Abyssin a écrit:
Je viens de commencer The last of us. Je n'en suis qu'à quelques heures mais je vous rejoins sur les qualités. Par contre, je suis assez soufflé par les qualités de mise en scène du prologue. Limite envie de chialer quand le titre apparait.


Ah ben moi j'ai chialé... Grosse larmes genre "putain, si tout le jeu est comme ça, ça va être chaud"


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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 29 Juil 2014, 11:40 
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Vous savez si c'est crédible / confirmé l'annonce du Comic-Con, comme quoi Sam Raimi serait aux manettes de l'adaptation du jeu ?

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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 01 Aoû 2014, 10:19 
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C'est crédible et ça fait un moment que ça en discute, mais officiel je sais pas.
Une chose est sure, ce sera pourri.

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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 01 Aoû 2014, 17:06 
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Si Gustavo Santaolalla signe la BO, ce sera au moins 3/6.

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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 01 Sep 2014, 21:53 
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J'ai commencé le jeu sur PS4 (OH. YEAH.), dans sa version remastered. Visuellement, c'est une splendeur. Pour l'instant, je rejoins à peu près tout ce qui se dit ici, même si j'ai quelques réserves sur le scénario que je trouve un peu trop racoleur (j'ai pas du tout aimer l'intro !). Mais c'est très plaisant, très addictif, je réduis mes (déjà courtes) nuits juste pour pouvoir y jouer tous les jours tellement je suis accro.

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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 01 Sep 2014, 22:02 
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J'ai hâte de me le refaire une troisième fois.

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 Sujet du message: Re: [PS3] The last of us
MessagePosté: 10 Sep 2014, 20:27 
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Frustré de ne pouvoir y jouer, j'ai acheté une PS3 presque uniquement pour lui. Et bien ça valait le coup.

On tient là probablement le jeu ultime de cette fin de génération qui porte à l'accomplissement toutes les recherches de gameplay, de narration et de réalisme menées ces dernières années. The Last of Us, c'est avant tout l'application rigoureuse d'une recette parfaitement équilibrée entre ces trois axes. L'univers, l'histoire et l'expérience de jeu s'imbriquent sans rupture tant et si bien qu'on ne sait plus si c'est un environnement narratif qui est rendu jouable ou si c'est un ensemble de règles qui a été enjolivé de sa toile de fond. On navigue entre les phases d'infiltration, d'exploration et de combat sans heurts grâce à une map suffisamment ouverte pour rendre l'exploration gratifiante et suffisamment dirigiste pour donner une grille de lecture fiable aux situations d'affrontement qui ont beaucoup de modes d'approche (grâce à l'arsenal qui s'étoffe et se diversifie au fil de l'aventure) et de nombreuses variables (beaucoup de types d'ennemis différents). On ne combat pas les humains et les différents types d'infectés de la même manière car chacun correspond à des règles spécifiques (les clickers ne peuvent pas vous voir, mais vous repèrent au son et tuent en un coup, les runners sont moins puissants mais peuvent vous voir et sont souvent en groupe, les stalkers sont plus rapides et vous détectent mieux etc.), et chaque architecture de niveau favorise certaines méthodes d'approche (élimination discrète si les ennemis sont isolés, tir groupé au cocktail molotov s'ils sont rassemblés dans un endroit confiné etc.). Cela paraît élémentaire mais il y a à mesure que les situations se complexifient, une part de planification importante et gratifiante, surtout pour les combats contre les infectés (l'I.A. un peu faiblarde des humains les rendant moins intéressants).

Les phases d'exploration sont motivées d'abord par un système de crafting assez intéressant et suffisamment réaliste pour ne pas rompre l'immersion (comme c'est souvent le cas dans des jeux comme Bioshock qui tentent d'approfondir et de rendre visible leur univers par la collection). Logiquement le contexte survivaliste incite à rechercher des vivres, des munitions, et des moyens d'améliorer son arsenal et l'incroyable soucis du détail que développe le jeu naturalise cette mécanique purement vidéoludique. Et c'est cela peut-être la plus grande force de ce jeu, ce labeur incroyable qui a été accompli dans la transcription minutieuse de son univers qui offre des environnements ultra détaillés, diversifiés, dans un grand assemblage chaotique. Cette Amérique morte-vivante, désert délabré de vestiges du capitalisme envahi par une végétation luxuriante est à elle seule une raison suffisante pour s'immerger dans ce jeu tant elle marque les sens et imprègne la rétine.

Le même soucis du détail est apporté aux personnages que ce soit dans leur modélisation, animation, écriture ou dans la performance vocale. Leur, jeu, leurs expressions, leurs attitudes scriptées les rendent incroyablement vivants. J'étais impressionné par la prégnance du corps de Lara Croft dans le récent Tomb Raider, sa matière, sa manière d'exister, ce qui marque dans The Last of Us c'est l'incroyable vie qui émane de ces personnages, c'est un jeu qui donne une âme plutôt qu'un corps. A ce titre, le personnage d'Ellie est un chef d'oeuvre à part entière. Son caractère, sa manière de découvrir le monde, de réagir aux situations créent un attachement émotionnel presque sans équivalent (à part pour Clémentin dans The Walking Dead). Un exemple hallucinant: A un moment du jeu nous accompagnons un frère aîné et son cadet bien plus jeune, dans une cinématique, ce dernier ramasse un jouet dans un magasin et son frère lui interdit de s'en encombrer. Bien plus tard dans une autre cinématique, on se rend compte que Ellie a ramassé le jouet et le donne au gamin. Sauf que, après la première cinématique on revient in game dans le magasin et on peut visiter les lieux. J'ai alors surpris Ellie entrain de regarder par terre, le jouet qui avait été lancé par le gamin. Je continue mon inspection minutieuse des lieux et revient à l'endroit où le jouet était posé, il n'y est plus. Le jeu rend le personnage si crédible que je ne me suis pas dis "tiens c'est un bug, le jouet a disparu". J'ai su, sans jamais douter que le jouet avait été ramassé lorsque j'avais le dos tourné, et de constater cela par moi même m'a attaché bien plus que n'importe quelle cinématique à ce personnage.

C'est cette fusion des modes de présentation du jeu, cette continuité entre les différentes strates qui le rend si immersif. Une autre scène représente parfaitement cette imbrication organique entre le gameplay, l'univers crédible et la narration: la scène de la chasse. En plein hiver, nous devons chasser un cerf. Il apparaît au loin, j'ai un arc, la séquence commence. Je marche lentement pour ne pas lui faire peur: raté, il s'enfuit. J'ai vu où il s'était enfui alors je continue à l'approcher discrètement, je le vois de nouveau, je tire, je rate, il s'enfuit. Je l'ai perdu de vue alors je regarde au sol et vois ses empreintes inscrites dans la neige. Je le piste et le retrouve, cette fois-ci je le touche mais pas mortellement. Je continue de le poursuivre et désormais il y a des taches de sang au milieu des traces de pas. Je me rend compte soudain que j'arrive dans un endroit un peu civilisé, avec des bâtiments. Début de la cinématique.
Cette séquence est un vrai chef d'oeuvre de game design car à aucun moment je ne sens ses règles. Elles sont entièrement fondues dans la situation, absolument conforme à la réalité: suivre les traces de pas, tirer sur la proie lorsqu'on la voit, s'approcher discrètement pour ne pas l'effrayer sont des actions naturelles de chasseur. Et pourtant le jeu me dirige, il se sert de ma perception de la réalité pour me conduire où il veut c'est à dire dans les rails de sa narration. Les traces de pas ne sont rien de plus qu'une flèche sur le sol, une injonction à tourner les pages du récit et pourtant j'ai eu l'impression d'agir en toute liberté, de vivre absolument la situation.

Cet équilibre entre les trois mamelles gameplay, réalisme et narration pose un socle suffisamment solide pour ériger un grand jeu. Pourtant, The Last of Us va plus loin encore en le fragilisant dans un dernier tiers presque expérimental, tant en matière de gameplay que de narration. Un dernier tiers qui approfondit cette angoisse de la perte qui ne peut se dépasser que dans la transmission aux générations futures comme le développent beaucoup de jeux de ces dernières années selon une vague amorcée par Red Dead Redemption (The Walking Dead en tête, Brothers: A Tale of Two Sons, Gone Home, Dishonored de manière plus superficielle et même, moins sérieusement, Rogue Legacy). The Last of Us a la grande âme terrifiée des jeux de fin de génération. Le chant de cygne de l'obsolescence programmée qui en dit beaucoup, mine de rien, sur notre monde en crise.

6/6

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