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MessagePosté: 21 Sep 2010, 16:15 
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Successful superfucker
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Trois amis, élevés dans un pensionnat à l'écart du monde, vont découvrir qu'ils sont en réalité des clones dont l'existence a pour unique objectif le don de leurs organes.

Pétard mouillé pour le retour de Mark Romanek près de dix ans après le prometteur Photo Obsession, qui gâche un pitch génial de triangle amoureux entre deux filles (Mulligan, qui passe son temps à chialer, et Knightley, qui effectivement joue comme une droïde) et un garçon (Garfield en mode jouons comme Tobey Maguire dans Brothers), condamnés à une existence de pièces détachées en sursis permanent. Point de réelle science-fiction, Never let me go est filmé avec un académisme délavé permanent avec son petit piano, ses plans larges à la plage et sa lenteur tristoune. Etant donné que le film ne repose pas sur le twist du pourquoi du comment de l'existence de ces enfants OGM, il manque constamment de tension dramatique et ne fait qu'avancer péniblement et de manière beaucoup trop timorée vers un dénouement inéluctable.
2/6


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MessagePosté: 21 Sep 2010, 17:42 
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MessagePosté: 23 Fév 2011, 10:42 
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Film Freak a écrit:
Sortie française...9 février 2011.

Le 2 mars même en fait.


Difficile de parler du film sans spoiler un chouille mais bon, comme le synopsis de DPSR l'a déjà révélé et comme le film lui-même le fait au bout de 15 minutes, allons-y franco, de toute façon ce n'est pas un twist et le film ne repose pas dessus.

En gros, le film c'est The Island version Ken Loach. Ou James Ivory.

C'est adapté par Alex Garland d'un roman du même auteur que Les Vestiges du jour.
Je trouve assez habile le traitement d'un thème vraisemblablement cher à l'auteur du roman, la servitude, par le biais d'un archétype de la SF. Ici, il ne s'agit pas de domestiques mais de clones. Mais tout comme des domestiques, eux aussi sont considérés comme inférieurs et ne remettent jamais en cause leur statut et leur loyauté.
L'aspect SF est donc très secondaire, le côté "science" étant globalement absent, pour se concentrer sur l'aspect "fiction" de ses humains et de leur condition si particulière, un peu comme Garland le faisait déjà sur 28 jours plus tard, donnant lieu là aussi à cette esthétique anglo-sociale déprimée.

Condition particulière donc parce que nos héros (Keira Knightley mais surtout nos deux nouveaux chouchous Carey Mulligan et Andrew Garfield) ne parlent jamais vraiment d'échapper à leur sort et apparaissent presque toujours résignés. Cette résignation laisse alors planer au-dessus de tout le film comme une atmosphère de deuil parfois poignante, notamment sur la fin.
Romanek y est pour beaucoup dans l'ambiance, moins oppressante que pour son Photo Obsession mais toute aussi mélancolique.

Il y a de très belles choses dans le scénario, notamment dans ce qui touche à l'art et à sa signification, mais aussi dans le traitement d'un postulat vu et revu, situé ici dans un monde alternatif via un décalage temporel (en gros, le clonage existe depuis les années 60 et le film se termine dans les années 90) qui achève d'ancrer le film dans une réalité qui rend du coup les émotions plus palpables.

Après, le film n'a pas non plus grand chose de très original à raconter au-delà de sa thématique "statut et fonction vs. épanouissement personnel" et si c'est toujours très soigné, sobre et touchant, j'attends toujours de voir de Romanek faire un film aussi puissant que certains de ses clips.

4/6

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MessagePosté: 03 Mar 2011, 23:58 
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Gros coup de coeur surprise pour moi alors que j'en attendais franchement rien et que je gardais un souvenir franchement pas terrible de Photo Obsession.
J'ai trouvé ça magnifique. Never Let Me Go fait partie de ces films qui jouent une note unique, qui module certes, mais qui se maintient du début à la fin, comme une émotion qui traverse le film de part en part, qui te touche dès le début et qui ne te lâche pas, au contraire qui ne fait que s'amplifier. Il y a vraiment cela, cette tristesse, cette résignation, cette fatalité extrêmement sensible et belle. Et cela incarné par ces 3 personnages tragiquement condamnés qui portent en eux cette jeunesse, cette passion contrite, cette vie qui ne parvient pas vraiment à s'épanouir. Et puis le film a un trajet malgré tout dans cette émotion, de la luminosité solaire des scènes de l'école au début, vers la froideur sombre des couloirs d'hôpitaux et des paysages stériles, on semble s'enfoncer sans espoir de retour. Et le tout dans cette intemporalité totale, on nous donne des dates mais alors qu'on est supposé être dans les années 80 on a l'impression d'être dans les années 50, les personnages existent hors du monde des hommes (beaucoup aimé les costumes d'ailleurs chose assez rare pour être souligné).

Après je pourrais simplement reprocher un univers un peu mal défini, mal expliqué, l'aspect science-fiction n'intéressant visiblement ni Garland, ni Romanek mais du coup on a un peu du mal à y croire, c'est un peu évanescent (pourquoi les bracelets par ex).

C'est tellement à contre courant de tout ce qui se fait, c'est tellement l'anti-Twilight, il y a une quiétude, une douceur, quelque chose que je n'avais pas ressenti depuis un moment au cinéma. La musique est sublime et à l'image du reste du film, sobre, poétique, sensible. Les 3 acteurs sont géniaux, hyper attachants. Et la scène de fin est déchirante, sans pathos pourtant, mais avec un sentiment de perte et de mélancolie qui m'ont achevé.
Premières larmes de l'année. Vraiment très beau.

5/6

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CroqAnimement votre


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MessagePosté: 07 Mar 2011, 20:45 
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C'est beau et simple, s'appuyant sur des ressorts classiques, éprouvés (la musique est limite too much dans cette veine), mais tellement bien maniés, et fort à propos quand l'on voit le pitch. Dès le premier acte, on ressent déjà la mélancolie d'une enfance un peu trop figée. Déjà se fait sentir la perte de quelque chose, qui ne pourra jamais être retrouvé sereinement. L'amour tente tant bien que mal de percer à travers la bulle totalitaire qu'érigent les adultes. Et puis les enfants grandissent, et leur vie devient carrément cruelle: vide, séparation, espoirs déçus, et une mort par étapes de marginaux. La façon dont Keira Knightley finit, notamment, est bouleversante, et ce plan qui la montre toute "ouverte" sur la table d'opération, sans personne dans la salle, lumière éteintes, rappelle l'horreur fulgurante qui se fait jour à la fin de Faux semblants de Cronenberg. Carey Mulligan porte son personnage, porte le film avec une telle grâce qu'elle sauve tout, même les lourdeurs potentielles.
Sur le fond, quelque chose cependant me titillait:
comment ces deux filles sont-elles amoureuses d'un mec qui finalement est très passif...? Keira Knightley fait son mea culpa d'avoir séparé les deux amoureux pendant longtemps, mais en même temps, le mec avait bien fait le traitre avec Carey Mulligan lorsqu'ils étaient enfants; il se laisse embringuer par Knightley, se laisse aller à la facilité et jamais il fait l'effort de se sortir de sa pauvre situation de loser. Et quand il apprend qu'il n'échappera pas à une mort précoce, il se révèle très peu courageux. Ca fait partie du film, de son propos, mais j'avoue que j'étais scandalisé qu'une fille super comme Mulligan s'intéresse à un mec aussi passif. Bref.


4.5/6


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MessagePosté: 29 Mar 2011, 23:00 
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Assez sympa et enveloppant ce film, qui frôle quand-même l'académisme assez souvent... Effectivement comme dit Art Core, sa qualité c'est de tenir une même note tout le long, ca le rend particulier. Car finalement, on soustrait beaucoup de choses à l'ensemble : l'univers SF n'est pas un twist, il est réduit au minimum (accompagnants, "possibles", ce sera à peu près tout...), et à aucun moment ne se dessine ne serait-ce que l'envie de se révolter. Ça ne fait simplement pas partie du film : tout est fait finalement pour que l'on ne se focalise pas sur le pourquoi du comment, Romanek essayant de faire tenir notre regard sur son trio amoureux, son enfance trop vite passée, ses vies gâchées. Ça fonctionne, en soi, mais j'ai du mal à voir où tout cela mène : une métaphore des vies résignées que vivent la plupart des gens, comme le souligne un peu lourdement la voix-off au final ? A force de vouloir rester dans l'entre-deux, à s'échiner qu'à ne construire (et ne réussir) des atmosphères (pas bien ambitieuses non plus, la réalisation en fait pas des masses), le film manque de portée, semblant tourner un peu en boucle, à quelques éclats près (le plan sur Knightley dont tu parles Baptiste, effectivement)

Je retiens un truc : de Rampling/Richard aux enfants, le casting est super bien pensé. Chaque acteur tombe pile dans ce qu'il a à faire véhiculer, y a presque plus à scénariser (ça sauve d'ailleurs plutôt Garfield, assez inégal là, dont les traits candides de petit garçon se chargent de faire le job). Gerry Mulligan assure.


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MessagePosté: 29 Mar 2011, 23:07 
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Tom a écrit:
Gerry Mulligan

?

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MessagePosté: 29 Mar 2011, 23:09 
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Ouch, premier résultat google mi-endormi pour "Mulligan" (histoire de pas écharper l'orthographe de son nom, c'est donc très réussi).


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MessagePosté: 24 Juil 2011, 13:10 
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Spoilers :

En effet, le film c'est The Island sans les scènes de baston/poursuite, et avec McGregor et Scarlet qui restent bien tranquille dans leur complexe pour se faire buter. C'est ce qui m'a le plus parlé dans ce film, le fait qu'il n'y ait aucune rébellion. C'en est assez sordide. Et puis ya tout le long du film cette succession de non-évènements : l'instit qui commence à leur révéler la vérité et qui se fait virer, le programme pour les amoureux qui n'existe pas...

Et puis ce qui est révélateur de l'état de "lobotomisation" des clones, c'est le fait qu'apparemment, ils ne sont pas tous intéressés par le job de "carer". Moi tu me mets dans une position comme celle là, je choisis d'aller visiter les donneurs aussi longtemps que possible plutôt que de me faire découper !

En bon obsédé, je me pose quelques questions :
Pourquoi Rampling apprend la sexualité aux mioches et comment ils font pour les rendre stériles.

4/6. C'est bien, c'est volontairement lent et chiant, mais ça reste un peu chiant.

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MessagePosté: 04 Sep 2011, 03:25 
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Moi je trouve ça lent, mais pas chiant une seule seconde. En bref, z'aime beauoup, c'est évidemment très bien filmé et j'aime cette réflexion sur la société qui n'étale jamais ses themes et parvient à conserver beaucoup de mystère entre les lignes. 90 minutes qui passent dans un claquement de doigts.


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MessagePosté: 04 Sep 2011, 04:10 
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Inscription: 20 Fév 2008, 19:19
Messages: 6298
Citation:
parvient à conserver beaucoup de mystère entre les lignes


Très juste, c'est vraiment le supplément d'âme du film. Bien envie de le revoir d'ailleurs.

P.S. : au fait, tu vas à la Coupe du monde de rugby? (et ta signature est énorme)


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MessagePosté: 04 Sep 2011, 06:21 
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Expatrié en tongs
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Inscription: 15 Juil 2005, 17:40
Messages: 14353
Localisation: The Far Side of the World
lol, merci!

C'est vraiment ça que j'ai trouvé fort dans le film, ces silences, ce monde à peine expliqué, effleuré.

MAis bref pour ta question, non pas de matches de prévus [j'y connais rien en rugby], mais je vais profiter de l'ambiance, ça c'est sur. Y'a la cérémonie d'ouverture vendredi prochain, je serais dans les rues d'Auckland pour sur!


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