INTRODUCTION
Mû par des motivations étranges, il était clair que je ne m’attendais pas à ce que l’on me propose vingt-quatre heures à New York. Ce genre de chose, ça vous tombe toujours dessus de façon inattendue et il est rare que l’on ait l’imagination assez enfiévrée voire optimiste pour se dire que c’est possible, pourquoi pas, allons-y. C’est positivement impossible si on n’est pas soi-même introduit aux us et coutumes des baroudeurs, des têtes brûlées d’Air France.
LA PREMIERE SEPARATION
Par un matin de juillet, je laisse Julie et ses amies à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaule. Au terminal 2. Pour elle, c’est presque un vol de routine, ça doit bien la cinquième ou la sixième fois. Pour les autres en revanche, l’expérience est nouvelle. Elles sont venues directement de Montpellier. Elles prennent un vol en provenance d’Inde qui fait escale à Paris. Le billet le moins cher qu’elles aient pu trouver.
L’ANNONCE FAITE A…
Rentré chez moi, j’appelle mon frère histoire de prendre des nouvelles, parfaitement innocent. Julie vient de partir et je sais que je ne la verrais pas avant un moins complet. C’est pas grave, j’ai pris l’habitude. Au cours de la conversation, le frangin m’apprend qu’au début du mois d’août, il fera une rotation de vingt-quatre heures à New York. Juste avant que Julie revienne en France. Je dis banco. Il se propose de m’emmener. Les compagnies aériennes proposent une formule accompagnant. Un billet pas cher avec l’obligation de faire l’aller-retour avec un membre de l’équipage. L’opportunité unique.
MODUS OPERANDI
A ce stade, rien n’est sûr. Ce genre de formule a un inconvénient majeur, on ne part uniquement s’il y a de la place. Je ne préviens pas Julie, histoire de ne pas lui donner de faux espoirs. Qui plus est, l’idée de lui faire la surprise me trotte déjà dans la tête.
PREPARATIFS
Quinze jours après, mon frère me confirme que j’ai toutes les chances de partir. Je continue à me préparer dans l’éventualité que l’on me débarque au dernier moment, mais il a fait une lettre au chef d’escale, expliquant la situation. La probabilité de mon départ devient plus forte que pour les autres bénéficiaires de billets à prix réduit mais dont les contraintes d’applications sont moins importantes. Dès cet instant, je décide de prévenir une des amies de Julie sur place. Deux semaines avant le départ prévu. Je lui précise qu’il faut qu’elle n’en parle à personne, de cette façon, on évite les fuites et les gaffes. Malheureusement, elle prévient deux de ses amies qui se trouvaient là avant de lire l’avertissement. Tant pis. 50% des filles sont au courant. J’ai peur. De l’autre côté, je crains de lâcher le morceau lors de nos discussions sur Internet. Moi : « Aujourd’hui je suis allé faire refaire mon passeport. » Elle : « Mais pourquoi ? Tu pars à l’étranger ? » Moi : « Je reviens de la banque, je suis allé commander des dollars. ». Mais les gaffes dont je suis coutumier ne se forment que dans mon cerveau et je parviens à me censurer.
LE JOUR J
Mon frère m’a prévenu. Le taux de remplissage de l’avion est élevé sauf en business class, je serais donc surclassé, il faut donc que je sois bien habillé et bien rasé. Deux points sur lesquels je le déçois selon ses critères. J’embarque en dernier comme on me l’a demandé et une hôtesse me place en Première Classe. La faveur est exceptionnelle, d’habitude on ne va pas plus haut que la business lorsque l’on est surclassé par le commandant – un processus habituel lorsqu’on bénéficie des billets à prix réduits – et c’était déjà pas mal. J’apprendrais plus tard que mon frère lui-même n’en avait jamais profité auparavant.
DECOLLAGE
A peine installé qu’un steward m’invite à suivre le décollage dans le poste de pilotage. J’aurais donc l’occasion de le voir travailler réellement. Une chose frappante : piloter un avion de ligne de 400 tonnes à plein suit une série de protocoles très précis, rendant la chose « simple » si tout se passe bien, mais le poids de l’avion, sa vitesse, font que si quelque chose se passe mal, il faut être capable de réagir très vite. Le décollage en lui-même se passe bien, je regarde en silence attaché sur mon siège service avec ma ceinture cinq points juste derrière les pilotes. L’image la plus forte reste le moment où l’on perce les nuages, une couche cotonneuse empêchant de voir le ciel bleu. Lorsque l’avion traverse les volutes d’humidité, le ciel bleu et pur se révèle, rien n’est comparable à cela. Aussitôt les nuages deviennent un tapis moutonneux qui file à 850 km/h en dessous de nous. J’apprécie le privilège et mon frère confirme, cet instant reste un des grands plaisirs du vol à chaque fois renouvelé. Une fois rassasié, je retourne à ma place, profiter des services de la première classe.
JUST FOR TRIP
Je remets ma ceinture et sort immédiatement l’écran personnel de l’accoudoir. 12 sièges en première classe. 10000 euros le billet. Vu la qualité du service, on comprend un peu pourquoi. Le repas est servi et force est de constater qu’on est loin des plateaux repas qui doivent être servis en classe économique. Je choisis un repas à base de canard, entre le fois gras aux lentilles en entrée et le canard à l’orange accompagné d’une céréale que je ne connaissais pas et ses fruits secs. En dessert, une boule de glace. Délicieux repas. Ensuite, je choisis le film, Sahara, très sympathique film d’aventure décomplexé. Ensuite je joue à quelques uns des jeux proposés sur la console. Je sors la couverture et transforme par la grâce d’un simple bouton mon siège en véritable lit et fais un somme. Le réveil est agréable et je regarde un second film, Melinda et Melinda. Woody Allen honnête mais n’ayant pas grand-chose à voir avec l’écriture du maître d’avant. Le service me met presque mal à l’aise, j’ai le sentiment de ne pas mériter l’attention des hôtesses et stewards.
ATTERRISSAGE
Lorsque l’avion commence à descendre, je retourne dans le cockpit. La vue est bouchée sur les Etats-Unis. Dommage, j’aurais espéré apercevoir Boston d’en haut. Les pilotes parlent d’une zone orageuse droit devant nous. On passe toutefois à côté et l’approche sur New York se fait sans encombre. Je suis les indications de la tour de contrôle et lit les informations sur le tableau de bord. Des années de simulateur de vol sur ordinateur n’ont pas été en vain, je parviens à me repérer à peu près dans la masse des écrans de contrôle. Vitesse de descente, compas, vitesse par rapport au sol et par rapport à l’air, carburant, pilote automatique. Sympa. Mon frère fait l’atterrissage et pose l’avion (plus léger évidemment) en douceur, le commandant le félicite.
DOUANE
Je dois sortir rapidement, on m’a confié les bouteilles pour le pot équipage du soir – tradition sur le déclin parait-il – car le personnel navigant n’est pas supposé importer de l’alcool. Pour ma part on ne me fera pas d’ennuis. Je dois me dépêcher pour passer la douane et ne pas faire attendre l’équipage qui passent eux par une douane express. Le douanier est un gros black qui reste impassible et est franchement antipathique, à peine un regard, pas de bonjour ni de au revoir. Sympa l’entrée en ville. Je me crois dans Terminal.
JFK:
SKYLINE SIGHTSEEING
Après un voyage sur une freeway dégagée, je vois l’Empire State Building qui se dessine dans les nuages. L’arrivée à Times Square me décroche la mâchoire. Toujours aussi impressionnant voire même plus après sept ans. Les écrans géants ont progressivement remplacés les néons lumineux, on se croirait dans une de ses visions du futur décrite dans les films de SF. Je quitte mon frère au Novotel de Times Square et je fonce vers le Toys’R Us. Le rendez-vous est à 16h. Je suis un peu en avance. Heureusement. Un retard aurait compliqué les choses étant donné que je n’ai aucun moyen de contacter qui que ce soit sur place. J’entre, note la grande roue à l’intérieur du magasin et fonce au premier étage. Je regarde partout autour de moi si je vois Julie ou une de ses copines. C’est ma surprise et je déciderais quand je me révélerais à Julie, donc pas d’accident. Peu de temps après, Marjo me tombe dessus. Je lui donne une petite marionnette qu’elle est chargée de donner à Julie afin qu’elle la reconnaisse et se demande ce qu’elle fait là. Elle me quitte et va rejoindre les filles qui arrivent. D’un balcon du premier étage je les vois entrer, s’arrêter à côté de la grande roue et faire des photos.
SURPRISE SUR PRISE
Elles montent au premier étage, je m’éloigne un peu. Elles vont au rayon Lego Star Wars, Julie doit m’acheter quelques Lego. Marjo lui montre la marionnette. Elle est étonnée, mais croit que c’est Toys’R Us qui les vend (après tout on est dans un magasin de jouet). Je m’approche. Elle ne m’a pas encore vue. Elle se retourne. Et me voit. Tout le monde se marre. Elle semble ne pas comprendre exactement ce qui se passe et se demande ce que je fais là. Ca y est. La surprise que je prépare depuis un mois a fonctionnée. Dans mes bras. On part non sans avoir fait le plein de Lego Star Wars, de trivial poursuit LOTR et Pop Culture DVD.
Julie ne m'a pas encore vu :
Dr Homer
Cluado Simpson
M'M's Bobba Fett
La sortie sur Times Square
Le nouvel écran Coca
FONDA’S FAMILLY
Avec Julie, on quitte les autres filles qui vont faire du shopping. J’achète une carte de métro pour la journée. 7 dollars. Constatation : le métro New-yorkais semble bien vétuste par rapport au métro parisien. Bruyant et assez sale. Prochaine étape, la « patronne » de Julie à New York, Carol Fonda, la professeur de danse qui a développé sa propre méthode somatique appelée le Body Balance. Julie doit réaliser un DVD présentant la méthode et a pour mission de constituer sa tête de pont pour l’export de la méthode en Europe. Je rencontre cette dame d’une petite soixantaine d’année. Lorsqu’on lui explique pourquoi je suis là, elle et son assistante se fendent en « it’s sooo swweeeet, so romantic » bien américains. Autant de points gagné sur l’image du french lover, c’est déjà ça.
RESIDENTIAL CLUB
On va déposer mes affaires dans l’auberge de jeunesse où elles passent leurs derniers jours. Je m’incruste dans une des chambres sans payer. La discrétion est de mise. Pour une seule nuit, ce serait dommage bien que la nuit ne soit pas trop chère, environ trente dollars. La fatigue se fait sentir, il est vingt heures, chacune rechigne pour sortir. Il est deux heures du matin en France. Les filles veulent nous laisser seuls pour aller manger, Julie et moi refusons catégoriquement. Toutefois, on parvient à se motiver suffisamment pour sortir dans Times Square qui est accessible directement métro. La nuit est tombée. L’ambiance est vraiment particulière avec toutes ces lumières. On s’arrête dans un hard Rock Café où une clone charmante de Jennifer Garner nous sert. Ne pas oublier les taxes et le tip qui viennent se rajouter aux cocktails à prix modique.
Sortie dans le métro
Times Square la nuit
Spéciale Blissfully
LE LENDEMAIN
Je me réveille naturellement vers six heures du matin, toujours branché à l’heure française. Heureusement, c’est l’heure à laquelle Julie se réveille habituellement, où qu’elle soit. On sort et on passe par un Starbucks Coffee où je tente un thé glacé à la belle couleur verte fort peu naturelle. Puis on marche vers Central Park qui n’est pas loin.
CENTRAL PARK
On marche un peu au hasard, cherchant vaguement le Bow Bridge, mythique pont vu et revu dans les films se passant à New York. Nos pérégrinations nous emmènent un peu partout, le Réservoir, le musée Guggenheim, le MET. Les new-yorkais sont de sortie, ils font leur jogging matinal ou bien sortent leur chien. On aperçoit un cadre dynamique faisant son yoga sur l’herbe ou bien la statue d’Andersen. On s’arrête devant le Dakota Building, la dernière demeure de John Lennon, devant laquelle il fut abattu par Mark Chapman et on prend le métro.
Le réservoir
Le Guggenheim
Alice au ays des merveilles
Le bow Bridge
Le Dakota Building
ON THE FIFTH
On Cette fois-ci on descend la cinquième avenue. On s’arrête achever notre petit-déjeuner dans un macdonald’s. Puis descente pour photographier la Saint Patrick’s Cathedral et un bout du Rockfeller Center juste en face. Puis arrêt devant la public library que je mitraille, notamment les liens, devenus célèbres à la suite de la séquence d’ouverture de SOS Fantômes. L’Empire se dessine dans l’axe de l’avenue, mais on tourne juste avant afin de prendre le métro à Grand Central, juste devant le Chrysler Building. On passe par Time Square pour acheter les bonbons traditionnels aux Toys’R Us de Times Square que j’offrirais au personnel navigant. C’est de bon ton. Retour à la résidence.
St Patrick
Meilleur cadrage
Plus de détails
Le Chrysler et le toit de Grand Central
La Public Library
Un lion de la Public Library
L'Empire
Le Chrysler Once Again
Grand Central avant de se prendre un météore dans le cul
Et son plafond étoilé à la Harry Potter
Retour au Toys'R Us
La fameuse roue
King Kong Lego
Jurassic Park
DAYS ALMOST OVER
Frustrant. Je dois déjà rassembler mes affaires, il est presque midi et j’ai rendez-vous à 15 heures devant le Novotel pour prendre la navette qui m’emmènera à l’aéroport. Frustrant en effet, mon séjour sur l’île de Manhattan aura duré un peu moins de 24 heures. Seulement, à aucun moment, je me suis dit que ce voyage ne valait pas le coup. Chaque instant valait à lui seul le déplacement. Le programme est simple, pendant que les filles vont à leur dernier court de danse – après tout elles partent le lendemain – je vais faire les dernières courses que je voulais faire. Et on se retrouve après. Tant pis, je n’aurais pas vu Ground Zero ou Greenwich Village et je n’aurais pas non plus mangé une pizza dans la meilleure pizzeria du monde : John’s Pizza ou mangé une glace comme dessert chez cet argentin. Passons la frustration.
LAST HOURS
Manque de chance, le prof dont elles voulaient suivre le court est absent. Les filles me suivront donc à Barnes & Nobles et Tower Records quelques blocs plus bas. J’achète The Art of Star Wars Episode III, The Homer Book et Harry Potter and the Golden Cup avec mes derniers dollars. A la suite de quoi, nous nous séparons avec les filles, Julie restant avec moi. On descend sur Times Square et comme nous sommes un peu en avance, on s’arrête au McDo où je tente le un-burger, un hamburger végétarien qui vient de sortir apparemment. Le nom me fait marrer et le goût est correct. Les frites sont elles aussi moins salées qu’en France, mais évidemment, globalement on parle de la même chose. C’est la fin. Je quitte Julie et j’embarque dans la navette avec mon frère et le commandant. Les hôtesses et stewards sont partis plus tôt afin de faire des photos pour un magazine américain.
Un livre pour Legolas mais que je risque bien de m'acheter quand même un jour
La curieuse orthographe française à l'américaine (porte du Novotel)
La skyline du départ
DEPARTURE
Malheureusement, un vol Air France et Delta Airlines ont été annulés le matin même et les passagers sont détournés sur notre vol. Du coup, l’avion qui était à moitié vide se remplit et il n’y a plus de place pour moi. Je profiterais donc du jump-seat du poste de pilotage. Mais je pourrais aussi profiter de la couchette réservée pour les doubles équipages lors des vols plus longs. Un vrai lit assez confortable. Mon frère me demande de rester caché, histoire qu’on ne puisse pas m’apercevoir depuis la cabine et que les passagers se demandent ce que fait ce civil dans le cockpit. Pas de film, pas de repas raffiné, j’aurais le droit aux restes de la classe affaire qui, si les mets sont meilleurs qu’en classe éco, ne peuvent rivaliser avec la délicatesse de la première classe. Mais le lit est meilleur. J’en profite pour faire plein de photos maintenant que je sais manier le mode avion. Seulement nous ne sommes pas partis. Un passager n’a pas été approuvé par la douane américaine. Il faut donc débarquer ses trois valises – alors qu’on est limité à deux habituellement. Ils n’en retrouvent que deux que le douanier découpe au couteau devant le passager impuissant. Finalement ils le laissent partir mais le troisième bagage est introuvable. Après une heure, ils le trouvent enfin, il était resté dans l’aéroport. Pendant ce temps, les hôtesses et stewards se pressent pour piller mes vingt dollars de bonbons qui n’auront pas été de trop. Malheureusement, ayant raté notre fenêtre de départ, on se retrouve en pleine heure de point avionique. Une quinzaine d’avions de tailles vraiment diverses attendent devant nous sur le tarmac et la piste de roulage. Une heure supplémentaire de perdue.
Embouteillage d'avions
Le tableau de bord
Décollage
Long Beach (à vérifier quand même, je suis pas sûr à 100%)
LA COURBE DE LA NUIT
Décollage. Malheureusement, je ne peux pas voir l’île de Manhattan depuis le poste de pilotage alors que ceux en cabine en profitent. Mais je vois très bien Long Beach. Mon frère m’explique toutes les procédures radio, les systèmes de navigation, les routes de vol. Une fois encore, on perce la couche nuageuse. La nuit tombe et il subsiste quelques moutons en haute altitude. Là je découvre la Courbe de la nuit. Quelque chose de fascinant visible en haute altitude – nous sommes à 25 000 pieds, soit à peu près 11 000 mètres – où la nuit et le jour se rencontre au milieu de notre champ de vision. A gauche le ciel est encore clair alors qu’à droite les premières étoiles apparaissent. Les deux mondes fondant graduellement l’un dans l’autre. Après avoir mangé, je me retire dans la couchette d’où je ne ressortirais qu’à l’approche de Roissy Charles de Gaule. Le survol de Paris, l’atterrissage et l’arrivée juste une heure en retard. Le séjour est terminé et il aura duré à peine plus de 36 heures.
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Mon frère qui flippe
On s'écraseeeeeeer (hum)
On traverse les nuages
Plus une vidéo lisible normalement grâce à Quicktime faite avec mon portable où l'on voit la traversée des nuages (assez frappant si on accélère la vitesse manuellement)
http://mufti.free.fr/images/ny/090805_1945~00.3gp
Virage
Sunset
La courbe de la nuit
Arrivée sur Paris
Et en bonus, quelques trucs ramené de New York
Darth Tater, notez le détail de la bite
Le vaisseau d'Anakin et un Vulture Droid
Imperial Inspection
et l'ACS 170 du bonheu