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Une nuit (Philippe Lefebvre - 2012)
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Auteur:  Karloff [ 04 Jan 2012, 11:28 ]
Sujet du message:  Une nuit (Philippe Lefebvre - 2012)

PARIS DERRIÈRE

On reconnait l’influence d’un film quand, cinq ou dix années après, de nombreux longs métrages s’en revendiquent. Dès les premiers plans, Une nuit de Philippe Lefebvre cite, crie, hurle sa référence : Collateral de Michael Mann, avec Paris dans le rôle de la ville-personnage, sublimé dans son habit nocturne par la pluie qui ruisselle sur ses pavés. Voilà pour le cadre. Le héros, lui, s’inscrit dans la tradition française du flic-ripoux à la moralité ambigüe, avec bien sûr une jolie et jeune comparse qui sert de contrepoint émotionnel et d’agent-double du spectateur, candide qui pose un regard neuf sur le monde de la nuit. Le film respecte ses unités de temps et de lieu : pas de flash-back explicatif ou de respiration, le récit tient jusqu’au petit matin sur un suspense à la mécanique plutôt bien huilée, comme un scénario de jeux vidéo, avec des passages obligés par les boîtes de strip-tease ou les bars de nuit. Hasard du calendrier et de l’actualité, on pense souvent à l’affaire Neyret et aux dernières révélations sur la vie nocturne de Dominique Strauss-Kahn, si bien qu’Une nuit se distingue par son approche documenté, à défaut de surprendre dans son déroulement.

3/6

Auteur:  xTom [ 13 Jan 2012, 00:39 ]
Sujet du message:  Re: Une nuit (Philippe Lefebvre - 2012)

N'étant pas très familier avec le cinéma français, et à la vue de cette affiche, j'ai hésité avant d'y aller. Finalement, vu les séances qui s'offraient à moi, je me suis dit pourquoi pas.

J'admets avoir été agréablement surpris. La photo est propre et met très bien en valeur les nombreuses lumières de la ville la nuit. Le choix des cadres est intéressant, s'orientant un peu plus vers les cadres serrés qu'habituellement dans le cinéma français.

Le rythme et la temporalité tiennent bon, rien d'extraordinaire, certes, mais suffisant pour nous faire tenir la durée du film. L'acteur principal Roschdy Zem, tien son rôle, un rôle bien français comme l'a fait remarquer Karloff.

Après le film manque cruellement de "rebondissement", tout est malheureusement trop prévisible, mais ça reste un film sympa.

4/6

Auteur:  Film Freak [ 13 Jan 2012, 00:41 ]
Sujet du message:  Re: Une nuit (Philippe Lefebvre - 2012)

xTom a écrit:
N'étant pas très familier avec le cinéma français, et à la vue de cette affiche, j'ai hésité avant d'y aller.

J'ai pas réussi à me défaire de l'impression de voir Zem dans un uniforme d'astronaute.

Image

Auteur:  xTom [ 13 Jan 2012, 03:22 ]
Sujet du message:  Re: Une nuit (Philippe Lefebvre - 2012)

Effectivement, je n'étais même pas allez jusque là ! C'est plus le côté plat et peu recherché qui ne m'inspirait pas. Après, c'est surtout le sous titre, qui m'avait refroidit avant de rentrer dans la salle...
Tout ça m'a peut-être conditionné et préparé à voir un film qui ne me plaira sans doute pas, la photo et les cadres m'ayant agréablement surpris, j'ai peut-être reçu le film avec "gentillesse", je suis curieux de voir comment il va vieillir.

Auteur:  Qui-Gon Jinn [ 13 Jan 2012, 04:37 ]
Sujet du message:  Re: Une nuit (Philippe Lefebvre - 2012)

Je vais essayer de voir le film mais bizarrement ayant proportionnellement "sur-kiffé" NUIT BLANCHE, je me dis que peut-être je vais être déçu.

Auteur:  Art Core [ 13 Jan 2012, 10:01 ]
Sujet du message:  Re: Une nuit (Philippe Lefebvre - 2012)

Oui drôle de film un peu nonchalant, qui ne fait finalement qu'effleurer le film de genre presque, qui fait qu'on ne sait jamais où sont les limites de la légalité. Un polar sans coup de feu, sans coup de sang, sans vraie tension. Effectivement ça fait penser à la ballade dans le Los Angeles de Collateral. Au final il ne m'en reste vraiment pas grand chose, les acteurs peut-être, Roschdy Zem est toujours impeccable. Sara Forestier n'a strictement rien à jouer (la pauvre qui pensait certainement exploser après Le Nom des Gens et qui se retrouve à jouer ça)...
Voilà un film un peu neutre, sans émotions, pas déplaisant pour autant dans son aspect lo fi mais quand même totalement dispensable.

2/6

Auteur:  Z [ 03 Juin 2012, 22:51 ]
Sujet du message:  Re: Une nuit (Philippe Lefebvre - 2012)

- J'ai pas peur de mourir, moi !
- Si t'avais pas peur de mourir, tu fumerais pas des Light.


Voilà la réplique la plus correctement troussée du film.
Le reste est à base de "te fous pas de ma gueule, Tony... qui t'a fourgué la came ?".

Le style est connu, à la fois trop écrit du type "j'ai fait des recherches sur le terrain et j'ai un conseiller technique sur le plateau", et pas assez, genre "cinéma entre couilles, 100% masculin et 200% melvillien = une idée / une phrase = une phrase / trois mots". Schoendoerffer et Marchal all over again. Argot forcé, expressions nocturnes qui déboisent, parler mi-flic mi-raisin qui régale...

zzzZZZZzzzzz

Au final c'est un bon gros baratin complètement factice, torché sans humanité et sans enjeu, sans liant ni autre intérêt que de capitaliser sur Collateral.

L'écriture est à ce point poussive, si peu ellipsée, qu'on doit avoir minimum 50 PLANS de la voiture en train de se garer à TOUS LES COINS DE PARIS, DANS UNE SOIT-DISANT CONTINUITÉ TEMPORELLE, sans compter les plans de portières qui claquent ou de la pauvre (et navrante) Sara Forestier qui remet le contact.

zzzZZZZzzzzz

Après tout, s'inspirer du Mann, pourquoi pas ? Paris vaut bien Los Angeles, et la référence n'est pas si écrasante... encore faut-il savoir broder au-delà du scénario prétexte.
Le comble, c'est que même Paris n'est correctement filmée que lors de plans épars (la Tour Eiffel comme une masse sombre dans le ciel noir orangé, les différents éclairages selon les arrondissements).
D'ailleurs, faudrait dire au cadreur que lorsqu'il suit le personnage principal qui traverse une boîte de nuit, s'il s'échine à faire le point sur le seul mec, le reste est flou et n'a aucune intérêt... et c'est répété 50 fois. P't'être qu'il est myope.

La force de Collateral, au-delà de la ville en personnage principal, c'était précisément la continuité temporelle... et cette si singulière impression de dérive, au rythme des dialogues emmêlés dans la voiture, sur fond de psychothérapie pour Cruise et Foxx. Ici, c'est à peine si Forestier a de droit d'en placer une.

En première ligne, Zem fait le boulot, correctement monolithique. J'étais fan lors de sa période Siegfried (Louise take 2, Sansa), mais les scénaristes français lui ont taillé un costard dont il n'arrive plus à se débarrasser.
J'imagine bien les directeurs de casting en réunion : "pour ce rôle, il nous faudrait un type genre Roschdy Zem... attends : si on lui proposait ?".

Bref, l'ambiance en doublette smooth/électrique mannienne est un échec, le scénario marchalien est un échec, et le reste n'a dès lors plus beaucoup d'intérêt.
Et comme Lefebvre pense que l'équation Collateral + flics de la mondaine + nuit parisienne va suffire, il ne sait pas quoi filmer d'autre...

Dommage, c'est sans intérêt.
Record mondial de portières ouvertes et fermées dans un même film.

2/6

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