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 Sujet du message: Los Anos Nuevos
MessagePosté: 19 Avr 2026, 09:42 
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série espagnole en 10x1h disponible sur arte - il faut le regarder efficacement parce que leurs séries sont toujours dispo quelques semaines / poignée de mois avant de disparaître à jamais.

c'était tout à fait chouette.
une série de rodrigo sorogoyen, et ça fait vraiment réalisateur de cinéma qui profite de la forme "sérielle" pour essayer autre chose. sachant que le mec est quand même absolument spectaculaire : 44 ans, une filmo déjà imposante quantitativement et qualitativement, il sort encore un film dans 1 mois qui sera en compétition à cannes, impressionnant.
ici, donc, une claire version télévisuelle de before sunrise /sunset. un couple sur 10 ans, qui s'est rencontrés puis qui s'est séparés etc. un épisode par an, sur une journée. et pour faire un joli dossier conceptuel pour présenter le projet : à chaque fois au nouvel an, parce que la dame est née le 31 decembre et le monsieur le 1er janvier. c'est artificiel, un peu idiot et ça ne sert à rien mais j'ai décidé de faire comme de rien n'était.

pour juste profiter de ces 10 segments, qui sont conçus pour profiter à fond de ce que le format permet. donc une heure entière sur un diner de famille une fois, sur une fête de nouvel an où on s'amuse puis on s'engueule, puis un vrai mini film romantique, bref chaque épisode a son angle, prend son temps, se fait plaisir à capter un moment d'une relation, une vérité du temps qui passe, un morceau de vie.

tout n'est pas totalement réussi mais quand ça tape juste c'est impressionnant.
il n'en demeure pas moins que la production de contenu est indéniable. 10 fois une heure là-dessus c'est trop et c'est absurde. donc dans le besoin d'images il y a plusieurs créneaux, celui-ci c'est "contenu artistique intéressant par de bons artistes" mais ils produisent quand même des heures d'images excessives pour que le producteur puisse se vanter à ses partenaires et financiers de produire xx heures d'images par an.

sinon, toujours ma fascination, si proches de nous, 88% serait identique si c'était en france, ça aurait pu être une oeuvre française. il y a juste ces 12% de différences culturelles, modestes mais réelles. ça me fascine complètement.


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 Sujet du message: Re: Los Anos Nuevos
MessagePosté: 20 Mai 2026, 10:42 
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Merci pour la recommandation! Pas grand chose à ajouter, le procédé m'a forcément rappellé la série One Day sur le même principe, mais en bien moins sériel et sirupeux, ça permet pas mal de choses sans craindre la redite.

Ca raconte un peu rien, n'est-ce pas le vrai talent de capter l'attention avec rien? Deux personnages plutôt lisses, une histoire banale qui ne fait presque jamais "écrite", sans doute du vécu à 90%, avec toute la justesse et l'inconstance qui rendent le truc très réel et on est juste bien de passer du temps avec eux.


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 Sujet du message: Re: Los Anos Nuevos
MessagePosté: 20 Mai 2026, 11:23 
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tape dans ses mains sur La Compagnie créole
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J'ai trouvé ça génial et j'ai adoré de bout en bout.

Le concept est très cool, l'écriture c'est un régal, les deux sont parfaits (ils crèvent l'écran et leur alchimie est irrésistible), et j'aime beaucoup comment les épisodes soient si différents, chacun avec sa particularité voire son concept (le plan-séquence intégral du dernier épisode est impressionnant).

Et ça dit tellement de choses sur le couple, sur les choix de vie, sur l'attachement, sur le lien...

Ca m'a énormément touché.

Toute toute grande série.

_________________
Ed Wood:"What do you know? Haven't you heard of suspension of disbelief?"


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 Sujet du message: Re: Los Anos Nuevos
MessagePosté: 20 Mai 2026, 11:59 
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Arnotte a écrit:
les deux sont parfaits (ils crèvent l'écran et leur alchimie est irrésistible)

Ouais... j'ai un bémol là-dessus justement, le coup de foudre et le lien entre eux me semble pas couler forcément de source et même si j'aime les deux je trouve leur union un peu random. Un peu comme Friends où rationnellement tu comprends jamais pourquoi Ross et Rachel se tournent autour pendant 10 ans.


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 Sujet du message: Re: Los Anos Nuevos
MessagePosté: 20 Mai 2026, 17:06 
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Messages: 2538
Arnotte a écrit:
Et ça dit tellement de choses sur le couple, sur les choix de vie, sur l'attachement, sur le lien...


* le couple contemporain, les choix de vie contemporains, l'attachement contemporain, le lien contemporain...

c'est un super témoignage sur les normes et manières de vivre européennes des années 20, je trouve.


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 Sujet du message: Re: Los Anos Nuevos
MessagePosté: 21 Mai 2026, 15:13 
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Messages: 29592
Localisation: In the Oniric Quest of the Unknown Kadath
Vous faites plaisir j'ai adoré.

Il est quand même impressionnant Sorogoyen. Très versatile passant du film de genre à un cinéma beaucoup plus naturaliste et qui fait sa mue complète dans ces Anos Nuevos qui empruntent beaucoup plus à Jonas Trueba (par le biais d’ailleurs d’un de ses acteurs fétiches, Francesco Carril, acteur principal de La Reconquista qui semble partager le même sujet que Les anos nuevos) qu’à un quelconque cinéma de genre.

Reprenant l’idée de la narration de One Day, c’est-à-dire une relation racontée par sauts temporels d’un an (ici le nouvel an durant dix ans), il en est à peu près l’antithèse. J’avais pourtant plutôt apprécié la série One Day, très romanesque, très comédie romantique qui se voulait réaliste mais qui n’était qu’enchaînement de péripéties et surtout une vision de la vie comme une grand huit avec des très hauts et des très bas. Or Jonas Trueba fait très exactement l’inverse. En prenant pour personnages principaux deux personnes en apparence banale et en nous montrant que la vie n’est pas qu’une accumulation d’évènements, un rare sentiment de « vrai » se dégage immédiatement de la série bien aidé il faut le dire par l’écriture toute en naturel et en spontanéité et par le casting quatre étoiles bien évidemment, Irina del Rio, solaire et indécise et Francisco Carril qui promène une espèce de bouleversante mélancolie durant toute la série.

Et ce que j’ai profondément aimé c’est comment ce qui marque le temps qui passe n’est pas tant les évènements de la vie ou ce qui gravite autour mais bien plus notre rapport aux autres. De nombreuses scènes ou même épisode se consacrent à un personnage périphérique du couple, famille ou ami. Et si dans un premier temps ça surprend un peu, comme un sentiment de léger hors-sujet c’est en fait tout le propos de la série. Les années qui passent ne sont pas là pour nous montrer comment la vie évolue en un an (parce qu’en réalité elle évolue très peu, le personnage masculin ne change quasiment pas) mais pour nous montrer comment nous nous construisons à travers les gens autour de nous, comment la vie n’est qu’un réseau de destinées qui se croisent, se nourrissent, se confrontent parfois mais qui sont essentielles. Cela donne droit à de magnifiques scènes comme celle avec la mère endeuillée ou avec l’ami toxicomane, comme des moments qui vont construire le futur des personnages et par là même, le futur de ce couple. Il y a d’ailleurs cette magnifique idée qui surprend lors du premier épisode où il y a un plan par épisode sur un autre couple croisé, proche ou lointain comme le signe qu’une simple bifurcation nous ferait rencontrer d’autre. Que notre réalité n’est en fait qu’une agrégation interconnectée de destins.

C’est vraiment très beau, très sensible, d’une simplicité totale mais en même temps d’une insoupçonnée profondeur. Bravo à Rodrigo Sorogoyen (et ses deux coscénaristes, Sara Cano et Paula Fabra) qui d’ailleurs signe une mise en scène toute en plans longs et en captation de visages et de regards. Vraiment adoré et si c’était un film il sera déjà très haut dans mon top 2026.

_________________
CroqAnimement votre


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