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 Sujet du message: Re: Top Abbas Kiarostami
MessagePosté: 13 Mai 2020, 17:54 
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Antichrist
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Inscription: 04 Juil 2005, 21:36
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Ah je ne trouve pas Le Vent nous emportera si difficile d'accès. Oui, Où est la maison de mon ami ? est peut-être le plus accessible. Sinon Copie Conforme.


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 Sujet du message: Re: Top Abbas Kiarostami
MessagePosté: 08 Juin 2021, 06:57 
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Inscription: 04 Juil 2005, 15:21
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Rattrapons les manques et tentons un Kiarostami par jour (moins d'1h par film, sauf pour Like Someone in Love, ça va). Petit rattrapage de Expérience et Le Passager. Evidemment on est là aux prémices de l'oeuvre à venir, mais déjà on note ce regard bouleversant sur l'enfance. Si Le Passager est plus construit, le gamin d'Expérience, avec son visage poussiéreux strié de larmes, est magnifique.

5/6 aux deux

(et finalement, cela me fait beaucoup penser à certains Hou Hsiao-Hsien - mais je ne crois pas être le premier à faire cette réflexion)

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 Sujet du message: Re: Top Abbas Kiarostami
MessagePosté: 08 Juin 2021, 22:03 
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Inscription: 27 Déc 2018, 23:08
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Un message sur Kiarostami avant 7 heures du matin (nuit blanche ou zèle émouvant chevillé au corps? ) cela fait penser à l'internet de 2005 d'avant les GAFA, YouPorn et Papacito. :( :o

J'aie beaucoup Copie Conforme, un peu en marge de son cinéma habituel, mais je trouve vertigineux le flottement introduit à mi-film (anti-film, compression du temps, déconstruction, folie des personnages, tout est possible...), ce n'est pas quelque-chose de si courant. Le film me fait plus penser à Dillinger est Mort (en plus troublant) qu'à Voyage en Italie.

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je croyais que dans leur monde bouclé par le sadisme, eux-mêmes vivaient en parfaite sécurité

Imre Kertész


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 Sujet du message: Re: Top Abbas Kiarostami
MessagePosté: 08 Juin 2021, 22:16 
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Inscription: 04 Juil 2005, 15:21
Messages: 23380
Localisation: Paris
Ou plus simplement : arrivée au boulot et démarrage par la traditionnelle visite du forum :)

Le concitoyen
Instantané d’une assommante et répétitive journée d’un agent de la circulation pris dans une situation ubuesque, Le concitoyen agit comme un miroir du « dispositif voiture » des œuvres à venir, miroir dans lequel la voiture n’est plus montrée depuis l’habitacle comme un lieu d’intense réflexion, de liberté et de vie intérieure mais depuis l’extérieur (en caméra cachée) comme un espace étouffant entièrement dirigé vers la mort (la plupart des conducteurs se dirigent vers l’hôpital Jam). Court, parfois drôle, intéressant.
4/6

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 Sujet du message: Re: Top Abbas Kiarostami
MessagePosté: 05 Avr 2026, 12:13 
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Inscription: 27 Déc 2018, 23:08
Messages: 7177
Vu le Pain et la Rue et la Récréation

Deux fois 12 minutes.
Récits minimalistes, mais sens du cadre, du rythme et sophistication esthétique remarquables. Dans la Récréation il y a un travelling vertical à la grue sur une cour de récré bref mais extrêmement complexe, qui rappelle le plan de Satyavit Ray dans le Lâche (la chambre). Et un jeu sur le texte caligraphié qui s'inscrit dans le fond sombre d'un long couloir d'écoles. Un ralenti remarquable sur le traffic automobiles, formant un fleuve que le gamin en fugue ne franchira pas. Une manace atténuée par son hétérogénéité (on voit des 404 et 2CV, des Peykan, voiture familiale nationale d'origine anglaise, mais aussi de grosses américaines comme des Camaro, le silence du plan lisse et en même temps montre l'inégalité sociale révélée par la matière automobile, à la fois interne à la bourgeosie, et entre celle-ci et l'enfant, mais cette extériorité est fascinante et encore esthétisable pour l'enfant, elle lui est révélée sans qu'il ne l'éprouve encore).

Un point commun : l'enfant n'est ni conservateur ni moderne, il vit dans une tradition qui le maintient aussi a l'extérieur, il est libre là où le milieu social ne le valorise pas directement : à l'arrière-plan passent à la fois des femmes voilées et des silhouettes plus occidentalisées, en alternance. Il est sadisé, effrayé par une menace mais peut s'y soustraire, sans la d
supprimer. C'est celle-ci qui parait se fatiguer et l'abandonner pour se répéter ailleurs (le chien apprivoisé mais qui rejeté par la soeur aboye sur un autre gamin). Dans les deux films, les adultes en position de pouvoir ou d'autorité ont leur tête coupée par le cadre, ils ne sont que des petits Leviathan anonymes et impulsifs. L'abus de pouvoir accélère les sésuences, le film ne l'approfondit pas, ne l'exploite pas non plus. Mais la perspective sortie et la fuite naissent avec lui, sont aussi écrits et artificiels que la situation.
Dans la Récréation, l'enfant est battu à l'école, dans le flou du générique.
Il transforme la sortie habituelle de l'école en fugue, où il récupère moralement son amour-propre tout en radicalisant sa solitude et son invisibilité, l'humiliation systémique l'a transformé en regard pour lequel le monde est neuf et indifférent, totalisé : sans lieu il est consolé. Il surprend dans une ruelle un match de foot de gamins qui lui ressemblent, plus défavorisés que lui.

Dans le public, sur le pas d'une porte, deux petites filles, sans doute soeurs, enjeux érotiques du match (il faut séduire celui qui regarde sans participer, mais qui devient par sa passivité une valeur). L'une est voilée, l'autre pas. L'enfant, qui n'est pas du groupe est aussi contraint à être spectateur. Plus tard, il volera le ballon pour se vebger. Il se place dans le plan involontairement devant la fille voilée (de blanc), le traîne de celui-ci lui faisant une auréole au garçon, car les visages des deux sexes se superposent en se masquant : univers où on devient l'égal de ce qu'on cache.
Kiarostami dépeint-elle une aliénation ? En tout cas la petite fille sort dans le flou du plan au moment où l'identification du garçon à celle-ci ne faisait plus aucun doute.

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Imre Kertész


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