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 Sujet du message: RIP Dan Simmons
MessagePosté: 28 Fév 2026, 09:35 
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Loin d'avoir tout lu, mais adoré Song of Kali, Hyperion et Summer of Night (bon pastiche de It). Abandonné au premier tiers L'échiquier du mal que je commençais à trouver amusant, mais qui me semblait beaucoup trop long pour ce qui s'y passait. Pas fini Flashback non plus, sorte de psychose dystopique anti-Obama un peu gênante.

Il publiait très largement dans l'ombre de Stephen King, tout en étant un peu plus versatile et souvent plus ambitieux dans ses références. Très attachant.

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 Sujet du message: Re: RIP Dan Simmons
MessagePosté: 28 Fév 2026, 10:29 
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Oui il délayait un peu je trouve. J'aime le cycle d'Hypérion mais c'est de moins en moins bien quand même.
Pareil pour Terreur: un très bon thriller mais bien trop long pour ce que c'est.


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 Sujet du message: Re: RIP Dan Simmons
MessagePosté: 28 Fév 2026, 21:57 
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Inscription: 08 Juin 2007, 17:57
Messages: 407
Localisation: Reykjavik
L'auteur qui m'aura fait découvrir et aimer la SF.

Il avait une sacrée belle plume et un réel talent de conteur, il en avait conscience, et sur la fin il s'est carrément laissé aller. Terreur, c'est une idée de départ géniale noyée sous des centaines de pages où Simmons se regardait écrire. Drood, son suivant, était encore pire dans l'auto-indulgence et c'est là où j'ai arrêté de le lire. Ajoutons à ça le fait qu'il avait complètement vrillé suite au 11 septembre, ça donne un sentiment de gâchis assez triste.

Parce que malgré tout ça, Hypérion reste un chef d'oeuvre indépassable, inoubliable, une des plus belles lectures de ma vie.

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 Sujet du message: Re: RIP Dan Simmons
MessagePosté: 02 Mar 2026, 10:37 
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Messages: 5412
Dan Simmons, je me garde toujours un peu ça sous le coude car à son meilleur, c'est vraiment LE meilleur. Avant tout pour son style et ses descriptions saisissantes de scènes tendues dans tous les genres possibles, j'ai en tête des scènes de bataille spatiale, d'alpinisme, de visite de bidonville, de chasse à l'ours, il est à l'aise partout. Parfois il se regarde aussi écrire avec certains que j'ai trouvé plus oubliables et franchement ratés mais il y aura toujours des moments qui me foutent par terre.

Mon top par ordre décroissant :

Terreur
Le chef d'oeuvre dans ce que j'ai lu. Il revisite l'histoire vraie du HMS Terror, bateau d'explorateurs disparu car pris dans la banquise en tentant de trouver le passage du Nord-Ouest.
C'est vraiment du pur archétype, un groupe marin piégés au milieu de la banquise, un froid polaire, un monstre qui rôde et les saisit un à un. C'est tout mais on croirait que c'est lui qui a inventé l'horreur quand on lit ça. En plus c'est un pavé, quand le livre débute, l'équipage est déjà dans la grosse merde depuis un an, on se demande comment les choses pourraient être pires et pourtant y'a bien encore 800 pages de pire derrière.
Il faut quand-même aimer ce genre historique car Simmons est visiblement un über-nerd qui a lu TOUTE la documentation existante sur l'exploration marine, la navigation, les bateaux et aucun détail de la construction du navire, de la cargaison, de l'équipement et des choix qui y ont conduits ne nous sera épargné.

Black Hills
Autre roman historico-fantastique à la forme plus libre, une revisitation de l'histoire américaine du point de vue des vaincus. Un indien lakota assiste enfant à la bataille de Little Bighorn et se retrouve possédé par l'esprit du général Custer. Il assistera aussi au massacre de Wounded Knee qui signe la fin de leur mode de vie. Il fera malgré tout sa vie comme un étranger dans cette Amérique en construction et alors qu'il est déjà vieux, se fait embaucher sur le chantier du Mont Rushmore, qui est aussi une montagne sacrée pour les Sioux. Il entreprend alors de faire exploser les sculptures lors de l'inauguration.
Quand il s'attaque à un sujet, Simmons n'a pas son pareil pour étaler sa science et l'étendue de ses recherches, à la fois saisissant dans les pures scènes de bataille et d'horreur et passionnant dans sa description de cette époque toute en ambivalence.

Hyperion / Endymion
Souvenir d'un gros moment de solitude quand j'ai voulu convaincre un pote de le lire et me suis vu incapable d'expliquer le moindre début de pitch : "En gros, y'a une planète nommée Hyperion où y'a une espèce de fracture temporelle et... et ça fout le bordel quoi."
Celui-ci est génial dans première partie qui joue avec les genre littéraires comme une succession de nouvelles indépendantes pour exposer son univers et ses paradoxes. Plus fastidieux quand il déroule son histoire au premier degré. Ca marche mieux dans Endymion, le deuxième cycle qui suit une histoire d'un seul point de vue.

L'échiquier du mal
Un thriller fantastique qui prend bien aux tripes dans son premier tome puis qui tire un peu en longueur par la suite, mais Simmons n'a pas son pareil pour créer des personnages forts et ambigus et tisser des situations flippantes.

Les larmes d'Icare (Phases of Gravity)
Pas de fantastique dans celui-là mais des traces de SF. En quelque sorte, la mid-life crisis d'un ancien astronaute qui a marché sur la lune et cherche depuis un nouveau sens à sa vie en tentant de renouer avec son fils tombé dans une secte (tout en se tapant sa copine). Assez différent du reste, mais recommandable.

Les fils des ténèbres
Là encore, Simmons n'a pas son pareil pour déployer son talent à décrire l'horreur et nous montrer la Roumanie d'après Ceausescu comme un des cercles de l'enfer. Après, il déroule un peu paresseusement son histoire d'un Dracula devenu businessman américain et qui rentre au pays après l'effondrement de l'URSS.

L'Abominable
Celui-là porte bien son nom. Avec une autre histoire d'explorateurs disparus dans le froid (à la conquète de l'Everest), Simmons veut réitérer l'exploit de Terreur mais ça marche pas. Ca commence quand-même très bien avec son exploration des débuts de l'alpinisme, mais trop de descriptions d'ascensions, trop d'explications sur la préparation et l'équipement (qui n'a jamais voulu connaître la différence entre les chaussures à 5 et 7 crampons ou l'invention de la doudoune). Ca peut encore passer car il n'a pas son pareil pour rendre tout ça passionnant, mais quand après les 3/4 du pavé, arrive ENFIN la partie horreur/fantastique promise, ça sombre en deux pages dans le pur navet. On est dégoûté d'avoir été ausi loin pour ça et on se sent bien obligés de terminer mais nan, ça vaut pas le coût.


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