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Mon Festival de Venise 2017
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Auteur:  Karloff [ 14 Juin 2017, 08:54 ]
Sujet du message:  Mon Festival de Venise 2017

Et si on participait tous ? Les films sont légalement visibles, j'ai mis quelques sorties à venir (et vous en avez vu déjà sans doute)... et je crois que la sélection la plus "prometteuse" et équilibrée sur le papier.

France (4)
Frantz de François Ozon
Une vie de Stéphane Brizé
Planétarium de Rebecca Zlotowski
A jamais de Benoit Jacquot

Etats-Unis (5)
Nocturnal animals de Tom Ford
Une vie entre deux Océans de Derek Cianfrance
Tu ne tueras point de Mel Gibson
Manglehorn de David Gordon Green
In Jackson Heights de Frederick Wiseman

Europe (4)
On The Milky Road d’Emir Kusturica 2/6
Emir Kusturica était l'un de mes cinéastes préférés, son retour au cinéma aurait dû être l'événement culturel de l'année... mais quelque chose s'est cassé en lui avec la guerre, et il le montre avec sincérité dans le film. Il n'a plus vraiment le coeur au cinéma, et répète ad nauseam ses motifs poétiques avec la fameuse énergie des Balkans qui n'existait pas en permanence dans ses premiers films... Cela donne des scènes sublimes (si si), quelque chose d'à fleur de peau, avec un cinéaste-acteur toujours sur le point d'hurler sa douleur, comme un ours à qui on aurait planté une écharde dans la patte. Mais voilà... au-delà du fait que l'on ressent des coupes énormes dans le montage, il y a le fond. Il faut choisir son camp camarade. Emir Kusturica le choisit dans ce film, sans l'ombre d'un doute. Et c'est franchement embarrassant.


Sao Jorge de Marco Martins
A War de Tobia Lindholm ou Home de Fien Troch ou Spira Mirabilis de Massimo D’Anolfi ou The Look of Silence de Joshua Oppenheimer

Asie (4)
Fires on the plain de Shinya Tsukamoto
La Femme qui est partie de Lav Diaz
Thy Womb de Brillante Mendoza
Argent amer de Wang Bing

Amérique du Sud (3)
La Région sauvage d’Amat Escalante 5/6
Jusqu'ici, le cinéma d'Amat Escalante me semblait un peu trop du Haneke-like au Mexique pour me convaincre de sa sincérité. Et puis voilà... La Région sauvage est peut-être le film le plus surprenant, le plus original et le plus captivant de l'année. Une sorte de mix entre Antichrist de Lars von Trier (c'est le même chef op' et la même équipe de sfx) et Japon de Carlos Reygadas, avec un peu de Tropical Malady (si si). L'ouverture est d'une beauté fascinante, le propos métaphorique sur le désir extrêmement fort et on en sort plein d'images dans la tête, à la fois choqué et impressionné.


Citoyen d’honneur de Mariano Cohn, Gaston Duprat
Les Amants de Caracas de Lorenzo Vigas

Auteur:  Arnotte [ 14 Juin 2017, 09:31 ]
Sujet du message:  Re: Mon Festival de Venise 2017

Une vie de Stéphane Brizé: beaucoup aimé. Une vraie proposition de cinéma pour une adaptation que n'aurait pas renié Andrea Arnold. 4,5/6

Planétarium de Rebecca Zlotowski: film foiré, film malade, film qui aurait pu être grand, film qui a plein de qualités formelles mais qui n'est qu'une coquille vide, un gros bordel qui ne ressemble à rien et qui ne fonctionne pas. Film raté, quoi. Méga déception. 2,5/6

Nocturnal animals de Tom Ford: immense classe formelle, à tous points de vue, pour un récit constamment intrigant et captivant.. sauf qu'à la fin on ne comprend pas bien ce qu'on a voulu nous raconter. Bizarre. 4/6

Une vie entre deux Océans de Derek Cianfrance: un gros mélo old school, à l'ancienne, avec des gros violons. Cianfrance saute à pieds joints dans le genre et éclaboussant bien partout. On peu trouver ça totalement indigeste ou se laisser emporter par les émotions, le souffle romantique et par la sincérité des deux comédiens, très investis. Moi j'ai marché. 4,5/6

Ces deux-là allez les voir en salle hein:

Home de Fien Troch (sortie en France en août): radiographie glaçante d'une jeunesse qui, par ennui, s'oppose à toute forme d'autorité. La mise en scène déchire, les comédiens sont incroyables, la musique déboîte (Jonny Jewel de Chromatics), ça aborde plein de choses... Un vrai film contemporain, entre Van Sant et Haneke. Un des meilleurs films de l'année, aussi. 5/6

La Région sauvage d’Amat Escalante (sortie en France en juillet): A la fois drame social, comédie de mœurs et conte SF, voilà un pur OFNI qui explore cette région sauvage et indomptable: le désir. Film fascinant de bout en bout. 5/6

Pour le reste, pas grand chose ne me tente:
Frantz de François Ozon
The Look of Silence de Joshua Oppenheimer (le premier m'avait tétanisé)
Citoyen d’honneur de Mariano Cohn, Gaston Duprat

Auteur:  Rajdevaincre [ 14 Juin 2017, 19:11 ]
Sujet du message:  Re: Mon Festival de Venise 2017

Allez pourquoi pas !

J'en ai déjà vu quelques-uns au cinéma :

Frantz de François Ozon 4/6: j'ai du mal avec François Ozon (et L'Amant double me l'a confirmé) mais je dois avouer que j'avais été conquis par la douceur de Frantz et sa délicatesse dont la jeune Paula Beer est sans doute pour beaucoup.

Nocturnal animals de Tom Ford 5/6: autant A Single Man m'avait profondément déçu, autant Nocturnal Animals dans sa réalisation et sa construction m'a captivé de bout en bout. La séquence de la route est terrifiante.

Une vie entre deux Océans de Derek Cianfrance 3,5/6 : très beau, trop long et trop lisse.

Tu ne tueras point de Mel Gibson 5/6 : esthétiquement à couper le souffle, les scènes de guerres sont absolument dantesques, le plan final est un peu too much mais franchement très bon.

La Région sauvage d’Amat Escalante 4,5/6 : le seul film d'Escalante que j'ai vu, et c'est tellement bizarre que je suis vraiment intrigué par Heli.

Les Amants de Caracas de Lorenzo Vigas 3,5/6

Auteur:  Lohmann [ 14 Juin 2017, 20:17 ]
Sujet du message:  Re: Mon Festival de Venise 2017

Frantz de François Ozon
Paula Beer survole le film de sa présence et de sa justesse, la première partie plutôt centrée autours du personnage de Niney en pâti grandement. Ozon souhaite absolument s'appesantir sur le ressentiment franco-allemand post première guerre mondiale, ce qui dilue fortement la force de ce qui fait le cœur du film. A vouloir jouer la carte d'une certaine ascèse dans sa mise en scène (plans très serrés, noir et blanc), il aurait eu tout à gagner à la pousser encore plus loin, écarter les seconds rôles tel celui de Kreutz qui parasite inutilement la dramaturgie alors que les mêmes sentiments auraient tout aussi bien pu s'exprimer (c'est d'ailleurs le cas) au sein de la cellule familiale.
3-4/6

Une vie de Stéphane Brizé
Agréablement charmé par la forme que prend le film qui rompt avec le standard (chiant) du film en costume à la Benoît Jacquot. Le format est non seulement adapté à son sujet, mais il créé une vraie proximité avec ses personnages. On sent que Brizé s'est également concentré sur le verbe (privilégiant le langage contemporain à la rigueur historique) et le montage - qui est pour moi l'un des atouts principal du film, avec ses entrelacements d'époques qui m'ont rappelé ce que Chabrol avait fait dans Violette Nozière, et l'idée que je trouve excellente ici d'utiliser des dialogues qui différent de ce que l'image nous montre de manière à densifier le personnage de Chemla.
4/6

In Jackson Heights de Frederick Wiseman
Je dois être l'un de seuls à l'avoir dans mon top 2016. Film qui tend indéniablement vers un certain universalisme, de par la multiplicité (culturelle et religieuse) du quartier qu'il décrit. Au-delà de l'identité de Jackson Heights, c'est aussi une certaine vision du monde, du rapport entre les gens, du bonheur que Wiseman nous livre au travers de ce film, centrant l'action dans l'espace public, là où les droits s'acquièrent et se défendent.
4.5/6


Sao Jorge de Marco Martins
Excellent acteur principal qui joue de son gabarit de poids lourds pour mieux faire ressentir sa fragilité, suivi au plus prêt par une caméra "Elephantesque" qui ne le lâche pas d'un pouce, photo crépusculaire pour une vie qui semble essentiellement active la nuit, le film a de vrais qualités mais fini (malheureusement) par lasser au fil des multiples rebuffades de Jorge.
4/6

La Femme qui est partie de Lav Diaz
Déception de l'année, j'avais totalement adoré Norte (mon dernier 6/6), celui-là je l'ai trouvé chiantissime.
1/6

Argent amer de Wang Bing
Il est passé sur Arte cette semaine, faut que je trouve le temps de le regarder

Citoyen d’honneur de Mariano Cohn, Gaston Duprat
Film à l'humour grinçant, forçant le trait d'une population à moitié attardée, qui n'est pas sans rappeler un certain cinéma italien des années 60/70. Pas toujours convaincu par la forme visuelle (l'image est assez dégueu), pas du tout convaincu par le début et la fin, reste une satyre qui fait souvent mouche, Cohn et Duprat semblant régler leur compte avec la médiocrité et l'auto-satisfaction ambiante d'une population qui préfère crier haro plutôt que de remettre en question ses certitudes et son mode de vie.
4/6

Auteur:  Karloff [ 14 Juin 2017, 21:02 ]
Sujet du message:  Re: Mon Festival de Venise 2017

ça fait plaisir !

Auteur:  Abyssin [ 15 Juin 2017, 00:39 ]
Sujet du message:  Re: Mon Festival de Venise 2017

On a la même note pour le Ozon avec Lohmann mais ce qui est drôle c'est qu'on aime et ne déteste pas la même moitié :mrgreen:

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